La radiothérapie

En bref

DÉFINITION

La radiothérapie est l'utilisation de rayons à haute énergie pour détruire les cellules cancéreuses et les empêcher de se multiplier. Comme la chirurgie, c'est un traitement local car l'irradiation ne peut toucher que les cellules cancéreuses dans la zone traitée. Il existe deux types de radiothérapies, la curiethérapie et la radiothérapie externe.

LA RADIOTHÉRAPIE EXTERNE (RTE)

Autrefois, il s’agissait d’une bombe au cobalt...

De nos jours, cest équipements ont été remplacés par des accélérateurs linéaires plus performants et induisant beaucoup moins d’effets secondaires. Ces méthodes ont évolué par la généralisation de la radiothérapie à deux dimensions, qui associe un scanner ou une IRM.


La radiothérapie conformationnelle tridimensionnelle
 
La radiothérapie conformationnelle est définie comme étant une irradiation transcutanée dans laquelle le volume traité est adapté au volume cible reconstruit en trois dimensions. Elle permet ainsi de diminuer l’irradiation des organes à risque.
Cette technique consiste à faire correspondre le plus précisément possible, c'est-à-dire "conformer", le volume sur lequel les rayons vont être dirigés au volume réel de la tumeur.
Cette technique est largement dans le traitement du cancer du poumon à tous les stades de la maladie soit à titre exclusif, soit en association avec la chimiothérapie ou en post-opératoire.
Elle a permis de diminuer le taux de complications et d’améliorer le contrôle local par une augmentation de la dose au volume cible

La radiothérapie conformationnelle en modulation d’intensité (RCMI)

C'est une technique multifaisceaux qui utilise les mouvements des lames du collimateur pour moduler l’intensité des faisceaux pendant l’irradiation.
La dosimétrie par planification inverse prend en compte les nombreuses hétérogénéités rencontrées et détermine la fluence de chaque faisceau en fonction des contraintes de dose choisies.

La radiothérapie conformationnelle asservie à la respiration (RAR)

C'est une technique qui prend en compte les mouvements de la respiration pendant l'irradiation du thorax car ceux-ci modifient la position de la cible à irradier. Pour permettre d'avoir une cible "fixe", plusieurs techniques ont été développées :

  • La méthode par blocage respiratoire consiste, après une période de respiration normale, de bloquer volontairement votre respiration de 10 à 20 secondes, au terme d’une inspiration profonde
  • La méthode par respiration libre utilise un dispositif piloté par informatique qui permet de choisir la phase respiratoire et selon la localisation de la lésion, de traiter en inspiration ou en expiration afin d’éloigner la tumeur des organes critiques

La radiothérapie en conditions stéréotaxiques

Elle est utilisée pour traiter des petits volumes cibles.
Grâce à un repositionnement très précis du patient et à un grand nombre de faisceaux de petit diamètre, l’irradiation des organes à risque avoisinants ou situés sur le trajet des faisceaux est réduite permettant d’augmenter la dose totale et surtout la dose par séance sans toxicité rédhibitoire.
Dans les cancers du poumon, cette technique est utilisée pour traiter de petites lésions pulmonaires, de stade T1N0 ou T2N0 et de moins de 5 cm, avec un objectif curatif chez des patients le plus souvent inopérables en raison de maladies associées. 

L'hadronthérapie

L’hadronthérapie consiste en l’utilisation de particules comme les protons et les ions carbones pour irradier les tumeurs.
L’absence de pénombre latérale et le transfert d’énergie suivant le pic de Bragg permettent de réduire considérablement la dose aux organes à risque.
L’utilisation de l’hadronthérapie est limitée du fait de son coût élevé, de la lourdeur des installations et des difficultés dosimétriques dans des milieux très hétérogènes.
Dans le cancer du poumon, cette technique est prometteuse mais encore expérimentale.

 

LES CONDITIONS D'UN TRAITEMENT EFFICACE

Trois grands principes gouvernent le traitement par radiothérapie qui sont :

  • D'administrer une dose de rayons nécessaire et suffisante pour obtenir une stérilisation de la tumeur
  • De délivrer la dose de rayons de façon uniforme dans tout le volume cible
  • De minimiser la dose délivrée externe au volume cible

C’est pourquoi, la précision du repérage, la vérification du contenu anatomique des faisceaux délivrés et leur dosimétrie sont très importantes.
Des progrès, tels que la radiothérapie conformationnelle et la modulation d’intensité, qui réduisent l’irradiation des tissus sains, permettent une réduction des effets secondaires.
Le délai optimal pour commencer la radiothérapie est de six à huit semaines après la chirurgie et d’un mois après une chimiothérapie adjuvante

Les indications actuelles

LA RADIOTHÉRAPIE EXCLUSIVE

C’est l’utilisation de la radiothérapie, seule, pour guérir ou contrôler le cancer.
Cette technique a été proposée pour traiter certains petits cancers de stade I ou pour des patients chez lesquels une chirurgie ne peut être envisagée.

Avec les techniques traditionnelles

La dose usuelle est de 60 Gy délivrée en 30 fractions.

L’hyperfractionnement

Il consiste à délivrer une irradiation en plusieurs séances quotidiennes, ce qui permet d’une part la réduction de la dose par fraction et donc de réduire l'agressivité des rayons pour les tissus normaux et la toxicité radique tardive et, d’autre part, autorise l’augmentation de la dose quotidienne délivrée au volume cible.

L’hyperfractionnement accéléré

Il a pour but de délivrer plusieurs séances d’irradiation par jour tout en diminuant la durée totale du traitement. Des nouveaux protocoles peuvent être envisagés :

  • CHART (Continuous Hyperfractionated Accelerated Radiotherapy  délivre 1.5 Gy 3 fois par jour sur 12 jours
  • SBRT (Stereotactic Body RadioTherap ) utilise de fortes doses de rayons en 1 ou deux 2 fractions.

Les indications proposées sont les patients non candidats à la chirurgie présentant une tumeur de moins de 5 cm sans atteinte ganglionnaire.

LA RADIOTHÉRAPIE ADJUVANTE

Le principe

L’objectif principal de la radiothérapie, après une résection complète est d’éradiquer la maladie microscopique résiduelle sur la tranche de section bronchique, dans les extensions extra-pulmonaires de la tumeur ainsi que dans les ganglions hilaires et médiastinaux pour diminuer, le plus possible, le risque de récidive.

Les indications habituelles


Elle est proposée pour traiter les stades IIIA et IIIB de la maladie, quelle que soit la taille de la tumeur, s’il existe des ganglions N2.
Son utilisation, à d’autres stades de la maladie a une place restreinte et est réalisée en cas d’atteinte pariétale avec résection incomplète.

En pratique…

La dose totale administrée habituellement varie de 55 à 65 Gy, délivrés en 30 séances étalées sur six semaines.
Si vous ne suivez pas de chimiothérapie, la radiothérapie commence dès la cicatrisation de la plaie, habituellement dans les huit semaines suivant l'intervention chirurgicale. On recommande de ne pas commencer la radiothérapie plus tard que la 12 ème semaine après l'intervention chirurgicale, même si rien ne le prouve scientifiquement.
Si vous suivez une chimiothérapie, la plupart des centres recommandent d'attendre la fin de la chimiothérapie pour entreprendre une radiothérapie. Parfois cependant, les deux types de traitement sont administrés ensemble.

 
L'irradiation prophylactique crânienne (IPC)

Elle peut être proposée en cas de réponse complète après une chimiothérapie conventionnelle 

LA RADIOTHÉRAPIE NÉO-ADJUVANTE OU D'INDUCTION

Le principe


Elle est administrée avant la chirurgie, seule ou en association avec la chimiothérapie.

Les indications habituelles


Elle est utile pour détruire les cellules cancéreuses et réduire la taille de la tumeur.
Cette approche est proposée dans le cas où la tumeur est importante (T3 ou T4) ou difficile à extirper comme les tumeurs de la partie haute du poumon (tumeur de Pancoast Tobias).

LA CHIMIO-RADIOTHÉRAPIE

Le principe

La radiothérapie associée à la chimiothérapie est proposée pour le le traitement des tumeurs localement avancées.

En pratique


Sa durée habituelle est de 5 à 8 semaines à raison d'une séance par jour délivrant 2 Gy, 5 jours par semaine.
Les chimiothérapies les plus souvent préconisées sont :
  • Cisplatine 80 mg/m² J1, 22 et Vinorelbine 15 mg/m2 J1, 8, 22, 29
  • Cisplatine 50 mg/m², J1, 8, 29, 36 et Etoposide 50 mg/m² J1-5 et 29-33
  • Carboplatine AUC2, J1,8,15,22,29,36,43 et Paclitaxel 45 mg/m² J1,8,15,22,29,36,43
LA RADIOTHÉRAPIE PALLIATIVE

Son utilité

Elle peut être très utile en cas de persistance de symptômes, de rechute locorégionale, ou de saignements (hémoptysies).
Elle peut avoir une visée "décompressive" en cas de syndrome cave supérieur, ou d'une obstruction de la trachée, par exemple.
Elle très utile, aussi, en cas de métastase(s) osseuse(s).

En pratique...

Un schéma traitement "hypofractionné" d'une à 10 séances peut être proposé.
En cas de réponse au traitement initial, une irradiation prophylactique cérébrale est systématiquement proposée.
Type de traitementDose totaleDose par fraction
Néo-adjuvante 45 à 50 Gy 1,8 à 2 Gy
Adjuvante 
Marges négatives 
Marges positives 
Tumeur résiduelle
50 Gy 
55 à 60 Gy 
Jusqu'à 70 Gy
1,8 à 2 Gy
Exclusive 
Seule 
Associée à une chimiothérapie
Jusqu'à 77 Gy 
Jusqu'à 74 Gy
2,2 à 15 Gy
2 Gy

le traitement débute une dizaine de jours après le repérage et la dosimétrique...

LES ÉTAPES PRÉALABLES

La première consultation

Vous rencontrerez habituellement en consultation un médecin radiothérapeute qui vous examinera et vous expliquera votre traitement, la durée et le rythme des séances, les effets secondaires possibles immédiats et tardifs.

La confection d’un masque moulant votre thorax…

Il est indispensable pour que, les mesures préalables au traitement et toutes les séances de traitement, soient faites dans la même position. Il vous sera donc mis à chaque séance de traitement. Les repères nécessaires pour le repositionnement à chaque séance seront marqués sur ce masque, vous n’aurez pas de trace et vous n’aurez pas de tatouage.

L’imagerie de référence…

Avec ce masque, un scanner sera effectué. C’est sur ce scanner que seront définies les zones à irradier par le médecin. Afin de bien visualiser les structures vasculaires sur ce scanner habituellement une injection de produit de contraste est faite. On vous demandera d’une part de préciser si vous êtes allergique, une prémédication vous sera alors prescrite, et d’autre part avant l’injection le médecin vérifiera votre dosage de créatinine (prise de sang) pour voir s’il n’y a pas de contre-indication rénale à l’injection. Dans certains cas le scanner ne suffit pas, la comparaison avec des images obtenues par d’autres examens, IRM et/ou TEP-SCAN, est alors nécessaire. Pour une analyse plus fine les images des trois techniques pourront être fusionnées.
En cas de chimiothérapie avant les rayons il y a un scanner avant la chimiothérapie et un second après, car en raison de la régression de la tumeur sous chimiothérapie le volume à irradier pourrait être sous estimé.

Pour la radiothérapie asservie à la respiration

L’équipe soignante vous familiarisera avec le matériel qui comprend :

  • Un spiromètre relié à la bouche avec un embout jetable
  • Une pince nez, afin d’éviter la respiration nasale
  • Une paire de lunette qui vous permettra de visualiser votre courbe respiratoire.

Dans la position du traitement, vous répéterez plusieurs fois les différents mouvements respiratoires puis l’apnée qui permettra le lancement de l’irradiation.

LES SÉANCES DE RADIOTHÉRAPIE

Elles sont programmées 4 à 5 fois par semaine. La durée d'une séance d'irradiation est d'environ 15 minutes. La durée totale du traitement est de 5 à 8 semaines. Dans tous les cas, le rythme et la durée du traitement, déterminés par le radiothérapeute, doivent être respectés.
Vous serez placé sur la table d'irradiation de la même façon que vous étiez placé lors de la simulation. Au cours de la séance, il faut respirer doucement et ne pas bouger. L'irradiation est inodore, invisible, incolore et indolore.
Durant le traitement, vous êtes constamment surveillé à l'aide d'une caméra de télévision et en contact avec l'infirmier(e) par un interphone. La séance peut être interrompue à tout moment si nécessaire.
Les paramètres d'irradiation sont constamment contrôlés par un ordinateur. Des radiographies prises pendant la séance contrôlent également votre traitement. Chaque médecin qui vous a pris en charge assurera avec les infirmiers une surveillance clinique, demandera les prises de sang et les radiographies qu'il juge utiles.

LE SUIVI

Vous serez revu au moins une fois à distance par l’oncologue radiothérapeute, six à douze semaines après la fin du traitement, et éventuellement une fois par an, pour cotation des effets secondaires.

Quelques conseils pratiques pendant la radiothérapie

  • Certains types de vêtements serrés et le soutien-gorge et peuvent frotter sur la peau et provoquer une irritation. Ils sont à éviter durant cette période
  • Il est plus agréable de porter des vêtements larges et en coton. Ils doivent être peu fragiles car ils risquent en effet d'être tachés par la fuchsine que l'on applique sur votre peau
  • Un traitement doux pour la peau est important à ce stade. Cependant vous devez vous informer auprès de votre médecin avant l'emploi d'un déodorant, de lotions ou de crèmes sur la zone traitée

La thermo-ablation

DE QUOI S'AGIT-IL ?

Ce  n’est pas une radiothérapie, mais une alternative à la radiothérapie.
Ce traitement permet de détruire une tumeur grâce soit à la chaleur (traitement par radiofréquence, soit grâce au froid (cryoablation, encore appelée cryothérapie ou cryochirurgie)

EN PRATIQUE...

Une aiguille ou une sonde est insérée dans la tumeur à travers la peau. On parle donc de traitements percutanés.
Un courant électrique générant de la chaleur ou un froid très intense (neige carbonique ou azote liquide à une température allant de moins 40 °C à moins 60 °C) est appliqué dans l’aiguille.
Ces traitements sont réalisés par un radiologue interventionnel spécialisé dans les traitements assistés par imagerie médicale, sous anesthésie générale.

Mise à jour

8 août 2018