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LA GÉNOMIQUE
Pour optimiser les stratégies thérapeutiques pour la prise en charge des cancers du poumon peu évolués, des chercheurs ont mis au point une technique de criblage génomique dont les résultats ont été publiés dans un article dont le titre était :
The Lung Mutagen Model
(
NEJM 2006;355:570-80
).
Grâce à cette modélisation, les scientifiques sont en mesure d’identifier les sous-populations à risque de récidive et donc susceptibles de bénéficier d’un traitement adjuvant après l’intervention chirurgicale.
Une étude publiée dans le même journal (
NEJM 2007;356:11-20
) a montré que cinq gènes constituaient de bons marqueurs pour évaluer le pronostic la maladie en termes de temps sans rechute et de survie globale. Il s’agit des cinq gènes suivants :
DUSP6
,
MMD
,
STAT1
,
et
ERBB3
.
Plus récemment, en utilisant l'amplification de l’ADN de 14 gènes, deux équipes de chercheurs américains et chinois ont précisé les choses.
Ces chercheurs, après extraction de l’ARN tissulaire à partir de simples prélèvements fixés et inclus sous paraffine, sans congélation et après une transcription reverse, une pré-amplification puis une amplification par PCR quantitative de l’ADN de 14 gènes préalablement sélectionnés. Parmi ceux-ci, 11 sont impliqués dans l’oncogenèse tumorale, tels que
BAG1
,
BRCA1
,
CDCG
,
ERB3
… et 3 ont servit de gènes de référence (
ESD
,
TDB
et
YAP1
).
A partir de l’expression relative de l’amplification génique, un algorithme pronostique est calculé permettant de classifier le risque en trois groupes : risque élevé, intermédiaire ou faible.
Les résultats montrent une appréciation plus précise du pronostic de la maladie que par les méthodes existantes.
L’EXPRESSION DE LA PROTÉINE ERCC1
La réparation de l’ADN est une cause importante connue de résistance au traitement par les sels de platine. La protéine ERCC1 (
Excision Repair Cross-Complementation
group 1)
participe à la réparation des brins d’ADN.
Des travaux récents ont
montré que la présence de la protéine ERCC1, dans les pièces opératoires, était corrélée avec une résistance au traitement par le cisplatine.On peut donc penser qu’à terme cette protéine sera dosée pour déterminer le meilleur traitement adjuvant à mettre en œuvre, en particulier la pertinence de l'utilisation de platine.
LES AUTRES ANOMALIES MOLÉCULAIRES
L'EGFR
Le statut du facteur épidermique de croissance (EGF) et de son récepteur (EGFR) est important à double titre. D'une part, il est associé au pronostic de la maladie. D'autre part, c'est une notion nécessaire à l'utilisation des inhibiteurs, l'erlotinib (Tarceva
TM
) ou le géftinib (Iressa
TM
).
La protéine de fusion EML4-ALK
Cette protéine de fusion est retrouvée dans environ 15 % des cancers du poumons. Elle correspond à une fusion entre la protéine EML4 (
Echinoderm Microtubule Associated protein like 4
) et la portion intracellulaire de récepteur tyrosine kinase ALK (
Anaplastic Lymphoma Kinase
).
La présence de cette protéine est un marqueur de la résistance aux inhibiteurs de l'EGFR.
UNE FORME RARE
Le cancer broncho-alvéolaire (CBA) représente environ 5 % des cancers
du poumon mais sont incidence est en augmentation constante. Les causes de
cette augmentation pourraient être virales ou environnementales.
Les scientifiques distinguent les formes pures de CBA des autres
formes de cancers du poumon dans lesquels on retrouve des cellules de
CBA.
La maladie se caractérise par l’accumulation de mutation successive se
traduisant par un phénotype particulier avec surexpression de certaines
protéines, comme la survivine et la E-cadhérine.
UNE FORME MIEUX ACCESSIBLE AUX TRAITEMENTS...
Cette forme de cancer fait l’objet de très nombreuses recherches car
son évolution est différente de celle des autres cancers du poumon, en
particulier, au début, par l’absence de métastases extrapulmonaires mais
la fréquence d’un second cancer du poumon. Une des conséquences de ces
constations, est la possibilité d’envisager chez ces malades une greffe
du poumon, en raison de l’évolution essentiellement locale de la
maladie.
De plus, cette forme à la capacité de surexprimé très fréquemment le
facteur de croissance épidermique (EGFR), ce qui explique les bons
résultats obtenus par le traitement par le geftinib (Iressa™).
En généralisant cette
approche, cette forme de cancer du poumon devrait être un bon candidat
pour une thérapie ciblée à base d’inhibiteur du VEGFR ou d’inhibiteur la
tyrosine kinase associée au récepteur de l’EGFR.
2 février 2012