Reparler, après ...

C'est une étape essentielle pour vous ...

 Vous n'êtes, malheureusement pas seul dans ce cas, en France, on estime qu'environ 20 000 personnes ont subi une laryngectomie...
Après une laryngectomie totale, vous apprendrez à reparler d'une façon différente. Le chirurgien et l’orthophoniste vous présenteront les solutions qui s’offrent à vous. Il existe plusieurs voix de substitution :

  • La voix œsophagienne (ou oro-œsophagienne, ou voix du ventriloque)
  • La voix trachéo-œsophagienne (au moyen d’une prothèse ou implant phonatoire)
  • La voix électro-prothétique (avec un laryngophone).

La réhabilitation orthophonique peut commencer avant que vous ne quittiez l'hôpital. Ces séances précoces, vous permettront de mettre en place les bases de votre nouvelle voix.
Durant cette période, on peut avoir tendance à se replier sur soi ou d’être découragé devant les difficultés de l’apprentissage des techniques pour reparler. Enfin, on peut être déprimé. Cela est normal !
Faites vous aider car, vous, votre famille et même vos amis ont besoin d'aide pendant cette délicate période !

La voix œsophagienne (voix du ventriloque)

SON ORIGINE

La voix œsophagienne serait connue depuis 1829 d'après les dires d'un ORL allemand de l'époque. Elle est également signalée, en 1858, sous l'appellation de voix éructée, par le docteur Johann Nepomuk Czermak (Prague, 1828 - Leipzig, 1873) fut un médecin physiologiste et psychologue allemand.

LE PRINCIPE

Il s’agit de faire passe un peu d’air buccal dans la partie haute de l’œsophage ; puis de le faire repasser en bouche. Ce souffle buccal produit une vibration au contact de la bouche de l’œsophage. Le bruit qui en résulte est une éructation contrôlée. Ensuite, le son sera modulé par les organes articulatoires (dents, langue, joues, voile du palais…), puis amplifié dans les cavités bucco-nasales pour produire la parole.
L’apprentissage de la voix œsophagienne, fait par l’orthophoniste sera facilité par une prise en charge par un kinésithérapeute, en parallèle.

EN PRATIQUE…

Il est nécessaire de s'armer de patience et de s'entraîner pour apprendre la voix œsophagienne.
L’orthophoniste apprend au patient laryngectomisé à forcer l'air dans le haut de l'œsophage et à l'expulser ensuite. La bouffée d'air sonne comme un rot contrôlé.

Les résultats
 
Le taux de succès est variable, de 30 à 80 % selon les patients.


Le pour et le contre …

Le gros avantage de la technique réside dans l'absence de risque de fausses routes d’inhalation contrairement aux fistules trachéo-œsophagiennes. De plus, les mains sont libres pendant la parole.

Les inconvénients de cette technique sont, un apprentissage parfois long et difficile, une intelligibilité variable et des difficultés pour parler pendant les repas.

LA VOIX TRACHÉO-ŒSOPHAGIENNE & La prothèse phonatoire

LE PRINCIPE

L'invention de la première prothèse, le larynx artificiel de T. Billroth

Elle remonte à 1853, alors que la première laryngectomie a été effectuée par ce même T. Billroth en 1873. C’est encore, actuellement, la technique qui a la faveur de la plupart des équipes chirurgicales. 

La prothèse phonatoire

Elle consiste en la création d’une communication dite fistule, shunt ou puncture entre la trachée et l’œsophage, sous la bouche de l’œsophage en regard du trachéostome.
Dans la fistule est insérée une prothèse phonatoire (ou implant phonatoire). Parfois, un gabarit est d’abord laissé en place pendant quelques jours suivant l’intervention chirurgicale, le temps de la cicatrisation, et ensuite remplacé par un implant phonatoire définitif.

L’implant phonatoire

C'est un petit dispositif, tube en plastique médical :

  • Lorsque vous parlez, il fait dirige l’air des poumons vers l’œsophage. Il faut pour cela obturer le trachéostome
  • Lorsque vous avalez, elle empêche les aliments et la salive de passer vers la trachée grâce a son clapet anti-retour


EN PRATIQUE...

Comment parler avec une prothèse phonatoire ?

Après avoir inspiré, le trachéostome doit être hermétiquement obturé. L’air traverse la prothèse phonatoire pour se diriger vers l’œsophage. Un reliquat musculo-membraneux vibre, transforme le souffle en son, qui est ensuite modulé par les organes articulatoires (dents, langue, joues, voile du palais…), puis amplifié dans les cavités bucco-nasales pour produire la parole.

Les obturations possibles

L’obstruction du trachéostome peut se faire :

  • Digitalement, avec la main et le doigt de votre choix
  • Manuellement, en appuyant contre une sorte de boitier rond, appelée cassette échangeur de chaleur et d’humidité ou nez artificiel
  • Automatiquement grâce à une valve automatique ou valve mains libres fixée sur le trachéostome. Ce dispositif permet la liberté des deux mains pendant la parole : une membrane vient obturer la valve sous l’effet de la pression de l’air phonatoire.

Les obturations manuelles et automatiques ont le mérite d’assurer une meilleure hygiène cutanée, en l’absence de contacts intempestifs du doigt contre le trachéostome.

La surveillance

La qualité fonctionnelle de la voix produite par un implant phonatoire, de même que la durée de vie de l’implant, sont étroitement dépendantes des soins de nettoyage qui y sont apportés.
Le nettoyage de l’implant phonatoire et du pourtour du trachéostome doit être soigneux et effectué quotidiennement.
La durée de vie moyenne de l'implant est de 3 à 6 mois.
L’implant phonatoire est remplacé lors d’une consultation sous anesthésie locale.

L'efficacité de la technique selon les études

Les résultats obtenus pour la voix sont les suivants :

  • Une parole fonctionnelle dans 95 % des cas
  • Une voix cotée bonne ou excellente dans 88 % des cas

 

Le pour et le contre ...

Les avantages de cette option sont :

  • De permettre la reprise rapide d’une phonation de qualité
  • Une bonne tolérance du dispositif

 

Les inconvénients de cette technique sont représentés par :

  • La contrainte que représentent les soins et la surveillance de l’implant et l'obligation de changer la prothèses à intervalles réguliers, une ou deux fois par an
  • Son coût élevé, quoique totalement prises en charge par la sécurité sociale.
  • L'existence de nombreuses contre-indications et qu'en conséquence tous les patients ne peuvent être candidats au port de l’implant phonatoire

LES LARYNX MÉCANIQUES

UN PETIT RETOUR EN ARRIÈRE ...

Le larynx mécanique a été inventé pour les besoins des réalisateurs de dessins animés. Il s'agissait de robotiser et de dépersonnaliser les voix des personnages de fiction.
Ce n'est que plus tard que l'on a pensé que ces appareils pouvaient apporter une aide aux laryngectomisés.

LE PRINCIPE

La voix électro-prothétique au moyen d’un laryngophone (ou électrolarynx)

Le laryngophone est un objet cylindrique de la taille d’un rasoir électrique. Alimenté par pile, il produit en son extrémité des vibrations qui, lorsqu’il apposé à la peau du cou, sont transmises dans la cavité buccale pour être transformées en son, articulées et amplifiées.

Comment utiliser un laryngophone ?
 

Son utilisation est simple et requiert peu d’énergie. Il s’agit d’appliquer l’extrémité vibrante contre un zone que vous aurez détecté (cou, plancher buccal, joues…), puis simplement d’articuler les mots.
Votre orthophoniste pourra vous aider à déceler la zone qui convient le mieux à la production de la voix.

A qui s’adresse-t-il ?

Aux patients laryngectomisés impatients de reparler, le laryngophone permet de garder une communication pendant l’acquisition de la voix œsophagienne, ou trachéo-œsophagienne.

Même les patients performants avec leur voix de substitution peuvent être las, fatigués : le laryngophone est une solution momentanée.

Si vous avez subi une radiothérapie, l’effet « carton » du cou entrave quelque peu la propagation des vibrations, et donc limite la qualité de la voix. Cependant, chacun d’entre nous a un point grâce auquel la voix est possible… à vous de le trouver !

Le larynx pneumatique

Il est maintenu par-dessus le trachéostome et utilise l'air des poumons comme énergie pour obtenir des vibrations. Le son produit est transporté vers la bouche par un tube en plastique. Ce système n’est plus utilisé à l’heure actuelle.

Mise à jour

20 septembre 2009 par Mlle Serris orthophoniste