Le suivi post-thérapeutique

Les visites et les examens de contrôle

  RÉMISSIONOU GUÉRISON ?

Les traitements lourds de la maladie s’achèvent et vous poussez un « ouf » de soulagement et c’est bien naturel….
Cependant, comme il est impossible d'assurer qu'aucune cellule cancéreuse ne subsiste dans l'organisme après les traitements, même si tous les signes de la maladie ont disparu, le spécialiste parlera de rémission et n'utilisera le terme guérison qu'après 5 à 7 ans de suivi.

LE SUIVI

Durant cette période, il est crucial pour vous d'être revu régulièrement en consultation, ce d'autant qu'une récidive, à son début, est le plus souvent asymptomatique...

Néanmoins, il est important pour vous de connaitre les signes évocateurs d’une éventuelle récidive ou d’une deuxième localisation car s’agit d’une maladie de la muqueuse avec un risque élevé de deuxième localisation tumorale.
Ces signes d'appel sont présentés dans le tableau ci-dessous.

Les symptômes d'alerte à ne pas négliger....

  • Une modification de la voix (dysphonie)
  • Une nouvelle douleur qui persiste, une toux qui persiste
  • La découverte d'un ou de plusieurs ganglions
  • Des modifications de l'aspect de la cicatrice chirurgicale
  • Une sensation de fatigue qui persiste, une perte d'appétit 
  • Tout nouveau symptôme inhabituel persistant

En pratique...

LE CALENDRIER DES CONSULTATIONS DE SUIVI…

Près de 9 rechutes sur 10 ont lieu aux cours des deux premières années. De ce fait, les consultations doivent être fréquentes et régulières sur les trois premières années et, par la suite, s’étendre sur au moins cinq années. Après 5 ans, elles sont effectuées une seule fois par an.
Le premier bilan clinique est réalisé dans un délai de quatre à huit semaines puis :

  • Tous les deux mois la première année
  • Tous les trois mois la deuxième année
  • Tous les quatre mois la troisième année.  

 

QUE VA-T-ON ME FAIRE ?

Au cours d’une visite de suivi, l’ORL ou l’oncologue s'informe sur les symptômes ressentis et il pratique un examen clinique détaillé de la région traitée et des chaînes ganglionnaires.
Durant cette consultation, l’examen laryngoscopie est un élément important.
Une IRM ou un scanner cervical pourra aussi être demandé.
Une pan-endoscopie n’est pas systématique. Elle est réalisée après une imagerie afin de guider d’éventuelles biopsies.
Si l'examen de contrôle suggère une récidive, une radiographie du thorax, un scanner, une scintigraphie osseuse ou une biopsie peuvent être réalisés.
Selon le site de la récidive, le traitement peut comprendre la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie ou une association de ces moyens thérapeutiques.

La vie après…

LE PASSAGE A VIDE

Lorsque les traitements se terminent et que la lutte contre la maladie s’arrête, il n’est pas rare de ressentir à ce moment une grande lassitude. Lutter pour guérir d’un cancer est l’un des plus importants combats de la vie. Cette lutte retentie sur vous-même et sur tous ceux qui vous entourent et vous aiment. L’arrêt des traitements peut s’accompagner d’une forme de décompression mentale et d’un état plus ou moins dépressif.
La lutte pour supporter les traitements est terminée, la très forte prise en charge par les équipes soignantes se fait moins proche, la vie quotidienne reprend petit à petit ses droits avec ses soucis, mais la fatigue accumulée ne permet pas d’avoir autant de courage. Enfin et surtout, on ne peut qu’éliminer lentement la peur de rechuter.
Il est possible qu’à ce moment vous ressentiez la nécessité légitime d’une aide, si vous n’en avez pas eu besoin jusqu’ici. Sans attendre, contactez votre médecin, les services sociaux de votre hôpital ou une association !

L’ARRÊT DÉFINITIF DU TABAC

C'est très important non seulement maintenant mais aussi pour l'avenir pour prenir la survenue d'un second cancer, en particulier du poumon.
Pour vous aider vous trouverez des informations pratiques sur ce sujet, le site au chapitre "Infos Pratiques" vous propose un dossier consacré au  tabac et au sevrage tabagique.

La vie de tous les jours

BIEN VOUS NOURRIR…

C’est essentiel et il faut vous alimenter correctement !
Vous avez peu d’appétit, vous avez des difficultés à mastiquer, vous avez des problèmes pour déglutir, en dépit de tout cela, tous ce troubles vont s’atténuer avec le temps.
Vous avez besoin de 1500 Kcal par jour, comportant au moins 35 g/jour de protéines. Si vous ne parvenez pas à manger suffisamment, demandez à votre médecin des compléments alimentaires.
Vous devez, en outre, de réduire le plus possible votre consommation d’alcool et boire abondamment pour bien vous hydrater surtout durant.
N’hésitez pas à demander une consultation avec une diététicienne !

QUELLE ACTIVITÉ PHYSIQUE APRÈS ?

Après la chirurgie, les laryngectomisés peuvent reprendre presque n'importe quel type de travail et faire à peu près tout ce qu'ils faisaient avant la maladie.

Les grands efforts physiques et le levage de lourdes charges ne sont plus possibles car il n'est plus possible retenir convenablement la respiration.

A moins d'avoir un équipement spécial, la pratique des sports nautiques, comme la natation, le ski nautique, n'est plus possible car il serait très dangereux que l'eau pénètre dans la trachée et les poumons par la trachéostomie.

LA VIE SEXUELLE

Les interventions perturbent non seulement la communication mais aussi les relations sexuelles. La chirurgie réparatrice joue un rôle très important dans la récupération physique et psychologique en rapport à l’image corporelle et l’estime de soi.
L’ablation totale du larynx aboutit à l’abouchement de la trachée à la peau au niveau du milieu de la partie basse du cou. Le bruit de la respiration parfois stridente à travers la laryngectomie peut être gênant pendant l’acte sexuel. Un masque sur l’orifice de la stomie est conseillé.

Mise à jour

3 avril 2013