Le bilan pré-thérapeutique

Des examens pour définir et évaluer le stade d'évolution de la maladie...

UN BILAN STOMATOLOGIQUE

Il doit être réalisé avant toute irradiation des territoires ORL.
Il faudra extraire les dents malades qui sont dans le champ d’irradiations et assurer la protection des dents saines au moyen de gouttières de fluoration, et ceci à vie.
Il faut savoir que la diminution de la quantité de salive (hyposialie) post-radique associée à l'absence de soins dentaires appropriés, va induire des caries multiples, un déchaussement majeur des dents, dont la complication la plus redoutable est l’ostéoradionécrose mandibulaire ou maxillaire, de traitement difficile.

UN BILAN GÉNÉRAL

Il sera réalisé pour estimer vos capacités à supporter les différents traitements, chirurgie (opérabilité), radiothérapie ou chimiothérapie. Cet bilan portera principalement sur :

  • Votre état général et nutritionnel, en particulier si vous avez beaucoup maigri, cardiaque, pulmonaire, hépatique, rénal, neurologique
  • Vos éventuelles addictions concernant la consommation de boissons alcooliques et le tabac

Il peut être complété, si cela n'a pas été fait durant la panendoscopie, par une fibroscopie oeso-gastrique et bronchique à la recherche d'un second cancer dont l'incidence peut aller jusqu'à 20 %.

L’imagerie médicale

Lors du bilan initial de la maladie, il est indispensable de le compléter par des investigations complémentaires pour préciser son extension éventuelle.

LA RADIO DES POUMONS

C’est un examen de routine pour tous les patients ayant des cancers de la sphère ORL. Elle est surtout réalisée pour éliminer un cancer du poumon, car cette maladie partage les mêmes facteurs de risque, en particulier le tabagisme, que les cancers de la gorge et de la bouche.
La radiographie permet, aussi, de dépister l’existence autres maladies du poumon, comme la bronchite chronique (BPCO) associée ou non à de l'emphysème ou des infections des poumons comme une pneumonie ou une tuberculose.

@ Pour en savoir plus, allez au chapitre IMAGERIE MÉDICALE

LE SCANNER SPIRALÉ

Cet examen est réalisé pour compléter le bilan d’extension éventuelle de la maladie. Cette technique permet une acquisition en volume d'une région anatomique entière et une opacification vasculaire optimale, en réduisant souvent, mais pas toujours, les doses et les concentrations de produit de contraste. Ces techniques rendent possibles les reconstructions planes dites en 2D ou volumiques, dites en 3D. Enfin les techniques d'angioscanner fournissent des images proches de l'artériographie en évitant un cathétérisme artériel.
Le scanner sera effectué entre le nasopharynx (du nez) le médiastin supérieur (partie haute du thorax sans, puis avec injection de produit de contraste.
Les clichés sont pris, soit en respiration indifférente, soit au cours de manœuvres particulières, comme la phonation. Ces manœuvres permettent une meilleure analyse des cavités de la sphère ORL et de rechercher une éventuelle extension aux structures adjacentes. L’examen en phonation permet également d’obtenir des renseignements sur la mobilité laryngée, en complément de l’examen clinique.
Grâce à l’injection de produit de contraste, le scanner précise l’extension locale en profondeur, le volume de la tumeur. Il étudie également l’extension ganglionnaire dans tous les territoires dont certains sont cliniquement moins accessibles à la palpation (ganglions rétropharyngés, sous la base du crâne ou dans le médiastin).

L’IMAGERIE A RÉSONANCE MAGNÉTIQUE (IRM)

C'est l’examen de base, de préférence au scanner pour certains, pour faire un bilan précis de l’extension de la maladie. Contrairement au scanner, aucune radiation n'est utilisée. L'appareil fonctionne au moyen d'un aimant et d'ondes radio.
L’IRM est effectuée avec une antenne cervicale.
Le protocole consiste en la réalisation de coupes en « T2 » et T1 après injection de 10 à 20 ml, selon le poids de la personne, de gadolinium. Ce produit de contraste est utile pour voir les tumeurs avec plus de clarté et ne contient pas d'iode.


En pratique…

On doit enlever tous les objets métalliques et signaler les implants métalliques.
L'injection en intraveineuse n'est pas très douloureuse.
Un interphone et un miroir permettent au patient de communiquer avec l'opérateur.
La durée de l'examen est variable et fonction du nombre de cliché, en règle générale 30 à 40 minutes sont nécessaires.

Les contre-indications de l’IRM

Elles relèvent du champ magnétique intense appliqué. L'IRM est contre indiquée chez les personnes porteuses de stimulateurs cardiaques, de prothèses valvulaires cardiaques, d’implants cochléaires ou de clips vasculaires intracérébraux et de prothèses articulaires. Il n’est pas recommandé chez les patients porteurs de pompes à insuline, de drain ventriculaire (valve), de prothèses auditives, de stérilet, et de lentille intraoculaire (chirurgie de la cataracte).

Les autres examens optionnels

Ils ont comme objectif  de préciser au mieux l'extension locale et régionale de la lésion et de s'assurer de son unicité.
S'il existe des ganglions de type N>1, un scanner thoracique sera utile pour vérifier l'absence d'atteinte bronchique
Une Tomographie par Émission de Positrons (TEP) est un examen utile pour compléter le bilan en cas d'adénopathies primitives et pour les stades avancés de la maladie.
Une échographie hépatique et une scintigraphie osseuse peuvent être utiles pour s'assurer de l'absence de métastases.

Mise à jour

26 novembre 2018