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DES NOMBREUSES GLANDES
Les glandes salivaires principales
La parotide
(flèche rouge) est située en arrière de la
mandibule, en partie derrière l’oreille. Un des problèmes de ces
maladies est lié au fait que le nerf facial traverse la glande et peut
être touché par la maladie ou la chirurgie. C'est le site le plus fréquent des tumeurs des glandes salivaires principales.
Les autres glandes salivaires principales sont les sous-mandibulaires et les sublinguales.
Les glandes salivaires accessoires
Elles comprennent les glandes du palais, qui représentent le site le plus fréquent des tumeurs des glandes salivaires accessoires ainsi que le glandes du plancher de
la bouche, de la base de la langue, des trigones rétromolaires, des
régions péri-amygdaliennes, des parois pharyngées, du larynx
et des
sinus de la face
LE DRAINAGE LYMPHATIQUE
Pour la parotide, il s'effectue vers les ganglions intra-parotidiens,
sous-mandibulaires, jugulo-carotidiens (sous-digastrique) et spinal
supérieur.
Pour la glande sous-mandibulaire, il se fait vers les ganglions sous-mandibulaires et sous-digastriques.
ÉPIDÉMIOLOGIE
Ce sont des cancers peu fréquents dont l'incidence annuelle est
inférieure à 1 cas pour 100 000, sans disparité géographique notable. Ils
représentent un peu moins de 5 % des tumeurs de la tête et du cou.
BÉNIGNE OU MALIGNE ?
Plus des trois quarts des tumeurs des glandes salivaires affectent la
glande parotide. Parmi elles, un quart sont malignes.
A l'opposé, de 35 à 40 % des tumeurs des glandes sous-maxillaires, 50 % des
tumeurs salivaires du palais et pratiquement toutes les tumeurs des
glandes sublinguales sont malignes.
À SAVOIR...
Sous certaines conditions, selon l'annexe du décret d'application du
projet de la loi relative à la réparation des conséquences des essais
nucléaires, (06/07/09), certains cancers pourraient être indemnisés.
LA CLASSIFICATION
La classification histologique subdivise les tumeurs des glandes salivaires, quel que soit leur type histologique, en tumeurs de haut grade et de bas grade.
EN FRÉQUENCE
Les formes histologiques les plus fréquemment rencontrées sont les tumeurs muco-épidermoïdes et les adénocarcinomes puis les carcinomes adénoïdes kystiques.
INITIAL
Le spécialiste procèdera à un examen clinique approfondi de la lésion. Il la mesurera et recherchera des signes de malignité comme, une paralysie faciale, un trismus (contraction des muscles masticatoires), une infiltration de la peau en regard de la tumeur.
Il va demander certains examens complémentaires pour affiner et affirmer le diagnostic, comme :
D'EXTENSION
En dehors d'un examen clinique général, le spécialiste recherchera une éventuelle extension de la maladie grâce une radiographie ou un scanner du thorax.Le reste du bilan sera orienté en fonction des signes d’appel cliniques.
| Tumeur = T | Ganglion (Node) = N | Métastase = M |
|---|---|---|
|
TX : ne peut être évaluée
T0 : pas décelable T1 : T ≤ 2 cm sans extension extraglandulaire T2 : 2 cm < T ≤ 4 cm sans extension extraglandulaire T3 : 4 cm < T ≤ 6 cm avec envahissement extraglandulaire sans atteinte du nerf facial T4 : T > 6 cm et/ou envahissant la base du crâne, le nerf facial |
N0 : pas de métastase ganglionnaire
N1 : un seul ganglion homolatéral de diamètre < 3 cm N2a : un ganglion homolatéral 3 < diamètre < 6 cm N2b : plusieurs ganglions homolatéraux diamètre < 6 cm N2c : ganglions bilatéraux ou controlatéraux diamètre < 6 cm N3 : ganglion(s)diamètre ≥ 6 cm |
M0 : pas de métastase
M1 : métastase à distance |
C'est la classification TNM de l’American Joint Committee of Cancer de
1997 et la prise en compte du grade histologique. Elle définit les
stades suivants :
Les valeurs de T, N et M sont présentées dans le tableau ci-dessous.
GLOBALEMENT...
Le traitement curatif des tumeurs malignes des glandes salivaires est chirurgical. Il est complété par une radiothérapie complémentaire en fonction du degré d’extension de la tumeur et de son grade histologique.
Si une intervention chirurgicale n'est pas techniquement possible, le traitement sera effectué par radiothérapie exclusive.
La chimiothérapie en dehors de cas particuliers a des indications restreintes.
LES MODALITÉS
La chirurgie
L'opération enlève toute la glande atteinte et les adénopathies satellites.
En cas de chirurgie pour une tumeur parotidienne, avant le geste chirurgical, le chirurgien vous avertira d’un risque vis-à-vis du nerf facial. Le chirurgien tentera de préserver le nerf facial si celui-ci n’est pas envahi par la tumeur. Si ce geste n’est pas possible, une réparation immédiate du nerf facial sera tentée si le contexte le permet.
La radiothérapie
L’irradiation externe est effectuée soit par les méthodes classiques (photons X et électrons) surtout en post-opératoire, soit par neutronthérapie en cas de tumeurs non opérables.
Le traitement consiste à irradier la tumeur ou le lit opératoire et les aires ganglionnaires homolatérales à une dose de 50 ou 66 Gy.
GÉNÉRALITÉS
Les tumeurs de la glande parotide représentent moins de 10 % de toutes les tumeurs salivaires.
Elles prédominent chez les fumeurs ce qui explique leur incidence est plus élevée chez l’homme (3 hommes pour une femme).
L'âge moyen de découverte est 60 ans.
Elles sont bilatérales dans environ 15 % des cas et sont multicentriques dans 20 % des cas.
LE CARCINOME MUCO-ÉPIDERMOÏDE
C’est une forme relativement fréquente…
C'est une tumeur maligne qui représente 20 % des carcinomes de la parotide. Elle affecte aussi bien l'homme que la femme. Elle s'observe entre 30 et 60
ans mais peut aussi affecter
l'enfant.
Il existe 3 grades histo-pronostique, les tumeurs de haut grade de
malignité pour lesquelles la survie est de 45 % à 5 ans, les tumeurs de
bas grade et de grade intermédiaire pour lesquelles la survie est
d'environ 95 % de survie à 5 ans.
Le traitement
Il est chirurgical et consiste en une parotidectomie complète. Le nerf facial est préservé
si cela est techniquement et carcinologiquement possible.
Un curage
ganglionnaire cervical est systématique pour les tumeurs de haut grade.
Une radiothérapie, adjuvante, complémentaire est systématique pour les tumeurs de haut grade.
LES CYSTADÉNO-LYMPHOMES (TUMEUR DE WHARTIN)
Ils représentent 5 à 15 % des tumeurs de la parotide. Ils touchent préférentiellement les hommes après 50 ans.
Ils se développent à partir de tissu lymphoïde est inclus dans la glande parotide au cours de l’embryogenèse.
C’est une tumeur bénigne d’évolution lente qui siège de préférence au
pôle inférieur de la parotide, sa consistance est plus souvent ferme.
LES CARCINOMES ADÉNOÏDES KYSTIQUES (OU CYLINDROMES)
Comment se présente la maladie ?
Ils représentent 2 à 4 % des tumeurs de la parotide, et 12 % des tumeurs
malignes.
Ils touchent plus la femme que l'homme.
L’âge de découverte
se situe entre 40 et 60 ans.
Ce sont des tumeurs à croissance lente qui sont caractérisées par leur
capacité à infiltrer les gaines nerveuses, en particulier le nerf
facial (VII
ème
paire crânienne), même si la paralysie faciale est rare.
Les métastases ganglionnaires sont rares.
Les métastases à distance,
poumon et os, sont fréquentes et très longtemps bien supportées. Il
faut insister sur le fait que leur existence est compatible avec une
survie de plusieurs dizaines d'années.
Le traitement
Il consiste en une ablation de la glande ou parotidectomie totale
durant laquelle le nerf facial sera préservé pour éviter une paralysie
faciale.
Le curage ganglionnaire cervical est réalisé pour les stades II (T1b ;
T2b-T3a ; N0M0), de haut grade ou les stades III (T3b-T4a N0M0, tous TN1M0), de bas grade.
Une radiothérapie, en règle une neutronthérapie, complémentaire
postopératoire sur le site tumoral est le plus souvent réalisée. Elle
peut être également utilisée sur les métastases.
Le pronostic de la maladie est favorable ; à 5 ans, 75% des patients sont en vie.
LES CARCINOMES À CELLULES ACINEUSES
Est-ce fréquent ?
Ils représentent entre 2 et 4 % des tumeurs de la parotide et environ
12 % des tumeurs malignes.
Ils se rencontrent plus chez les femmes.
Le traitement
Une parotidectomie complète vous sera, le plus souvent, proposée.
La radiothérapie adjuvante complémentaire est discutée.
Le pronostic est difficile à connaître et une
classification histo-pronostique est dans ce cas beaucoup plus délicate
à utiliser.
La survie à 5 ans est de 80 % mais elle est de 60 % à 20 ans du fait de
la possibilité de récidives tardives ou d'apparition de métastases à
distance.
Elle consiste en un examen clinique trimestriel les deux premières années, semestriel pendant la troisième et la quatrième année, puis annuel pendant 10 ans, ou plus en cas de carcinome adénoïde kystique.
On vous prescrira une radiographie thoracique annuelle pendant 10 ans si tumeur de haut grade.
Les autres examens paracliniques, en particulier l’échographie cervicale et/ou le scanner seront prescrits, selon la localisation initiale et les difficultés de surveillance clinique.
11 février 2012