Localisations Voies aériennes Autres cancers ORL
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Les cancers des sinus de la face sont rares et ne représentent qu'un pour-cent de l’ensemble des cancers.
Ils se développent préférentiellement aux dépens de la muqueuse qui
tapisse les cavités naso-sinusiennes et sont dans 60 à 80 % des cas à
des carcinomes épidermoïdes, dans 10 à 20 % des cas des adénocarcinomes,
plus rarement des tumeurs neuronales, le
plus souvent situés au niveau de la cavité nasale.
Ils sont associés au
tabagisme, ainsi qu’à certaines expositions professionnelles, chrome,
isopropyl d’alcool, nickel et thorotrast.
Les
localisations les plus fréquentes sont le sinus maxillaire, puis
l’ethmoïde. Les atteintes des autres sinus étant rares.
EN BREF...
C'est rare...
Ils concernent 10 % des cas des cancers des sinus de la face. Ce sont
des cancers à évolution lente avec une phase de latence de plusieurs
années. Ce sont des adénocarcinomes dans 80 % des cas.
Les hommes de plus de 50 ans sont les plus touchés.
L’atteinte du sinus ethmoïdal
est liée dans plus de 80 % des cas à l’exposition à la poussière de
bois, et est considérée comme une maladie professionnelle
Des facteurs de risque spécifique
C'est une maladie rare qui n'est pas en relation avec les facteurs de risque des autres cancers de la sphère ORL.
UNE MALADIE PROFESSIONNELLE
Quel contexte ?
Toutes les essences de bois peuvent être concernées.
Le délai écoulé entre dernière exposition et la survenue des premières
manifestations cliniques de moins de 10 ans après arrêt exposition dans
environ 40 %¨des cas mais celui-ci peut être de plus de 40 ans après...
C'est une maladie professionnelle reconnue (tableau N° 47B des maladies
professionnelles) pour les travailleurs du bois, dont le délai maximum
de prise en charge est de 30 ans après l’exposition.
D'autres substances, comme le nickel (tableau N° 37ter des maladies
professionnelles), les nitrosamines, les goudrons de houille et
l'amiante sont impliquées...
Le cadre légal
L’arrêté du 28 février 1995, pris en application de l’article D461-25 du code de la Sécurité Sociale, prévoit la possibilité d’un examen spécialisé ORL tous les deux ans ainsi que des examens radiologiques pulmonaires et des sinus de la face. Ceux-ci peuvent être éventuellement complétés par 5 à 6 coupes en incidence frontale sur un scanner des sinus.
Les examens sont pris en charge par le fond Sanitaire et Social.
Cet arrêté concerne aussi les retraités
Les autres aspects
Une protection individuelle par port obligatoire d’un masque filtrant les petites particules est indispensable que ce soit pendant le travail professionnel ou le loisir.
Sur le lieu de travail, d’autres mesures, contrôlées par les médecins du travail, peuvent être mises en œuvre, comme :
Cliquez-ici
Pour en savoir plus, allez à :
CANCERS PROFESSIONNELS
LES SIGNES & LES SYMPTÔMES
Il
peut s'agir d'une obstruction nasale unilatérale est souvent
accompagnée d'un écoulement (rhinorrhée) mucopurulente, éventuellement
striée de sang.
Parfois une épistaxis, le plus souvent spontanée, unilatérale, répétée, survenant sans cause locale ou générale évidentes.
Parfois
des signes ophtalmologiques en raison des rapports anatomiques étroits
avec les parois supérieure, interne et inférieure de l'orbite. Il peut
s'agir
LE DIAGNOSTIC
La
rhinoscopie antérieure réalisé par le médecin ORL permet soit de voir la tumeur
soit de détecter un polype bénin réactionnel, unilatéral, cachant une
lésion plus haut située
Cet
examen clinique est complété par une endoscopie nasale qui le plus
souvent arrive à découvrir la tumeur; Le diagnostic est posé sur la
biopsie par les voies naturelles, la plupart du temps sous contrôle
endoscopique.
Le bilan d'extension fait appel à l'imagerie médicale.
LA STADIFICATION
T1 : Tumeur limitée à une région ethmoïdale sans lyse des parois
T2 : Tumeur étendue à plus d’une région ethmoïdale sans lyse des parois
T3 : Tumeur avec lyse d’une paroi à l'exclusion des lames criblées
T4a : Tumeur avec lyse d’une lame criblée, sans extension intracrânienne
T4b : Tumeur avec extension intracrânienne extra ou intradurale
LES OPTIONS
Le traitement le plus communément proposé est l’association d'un traitement chirurgical suivi d’une radiothérapie complémentaire, adjuvante. Cette stratégie dépend d
e l’extension tumorale et de la possibilité d'enlever la tumeur et de votre état général.
LA CHIRURGIE
L'opération
L'exérèse est réalisée par voie sous-fronto-orbito-nasale est nécessite trois temps opératoires :
En pratique...
Après l'intervention
vous serez en unité de soins intensifs
pendant
3 à 5 jours.
Habituellement, les drains sont retirés à J2, le méchage nasal à J3 et les fils à J8.
L'hospitalisation dure en moyenne une semaine.
Les complications possibles
Elles sont plus rares maintenant avec les nouvelles techniques chirurgicales. Il peut s'agir de fuites de liquide céphalo-spinal (
LCS
) occasionnées par la chirurgie de la base du crâne.
Plus rarement encore des complications infectieuses, hémorragiques, neurologiques et ophtalmologiques peuvent être rencontrées.
LA RADIOTHÉRAPIE
Ce sont des tumeurs peu radiosensibles et le contrôle local de la maladie n’est que très rarement obtenu par une radiothérapie exclusive.
La radiothérapie n’est indiquée que pour les contre-indications chirurgicales et la dose est de 70 Gy.
La radiothérapie est le plus souvent complémentaire (adjuvante) et réalisée en post-opératoire à la dose de 50 à 65 Gy.
LA CHIMIOTHÉRAPIE
L’association la plus fréquente est celle du cisplatine et du 5-FU. Le methotrexate remplace parfois le 5-FU.
Il n'y a pas de consensus sur cette question. En général, un scanner
de référence est réalisé entre le 3 et 6 mois après l'intervention
chirurgicale.
Par la suite, cet examen est répété tous les 6 mois et est comparé à l'imagerie initiale
post-opératoire, en sachant que toute érosion osseuse doit être considérée comme suspecte.
Une IRM sera prescrite pour différencier une rétention d'un envahissement de l'os
sphénoïde
ou d'une atteinte de la
dure-mère.
Selon le stade de la maladie, les taux de malades en vie à 5 ans sont pour :
La chimiothérapie permet des taux de réponse complète de l'ordre de 20 %. Dans ce cas pratiquement tous les malades sont en vie à 10 ans.
Le risque de récidive locale dépend du stade TNM, de la réponse à la chimiothérapie et du contrôle local.
10 février 2011