Localisations Cancers féminins Cancer du sein
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Le cancer est une maladie dont le point de départ est, selon toute vraisemblance, une altération de l'ADN qui est le composant essentiel des gènes. Les altérations de l’ADN peuvent être :
CE N'EST PAS FRÉQUENT...
Lorsque plusieurs personnes d’une même fratrie sont atteintes du même cancer, il s’agit, vraisemblablement, d’un cancer héréditaire dû à une anomalie génétique (mutation) qui se transmet d’une génération à une autre.
On estime qu'environ 5 % des cancers du sein ont une prédisposition génétique, alors que 20 % ont une histoire familiale.
En France, cela représente 2 000 nouveaux cas de cancers du sein et 200 cancers de l’ovaire.
LES MUTATIONS OBSERVÉES
Des études récentes ont montré que la plupart de ces cancers sont dus à des mutations héréditaires de certains gènes.
Dans 20 à 40 % des cas, il s'agit du gène
BRCA1
porté par le chromosome13q12-13
Dans 10 à 30 % des cas, le gène
en cause est le
BRCA2
porté par le chromosome 17q12-21.
Dans moins de 5 % des cas, il s'agit des gènes :
Tp53
(chromosome 17p12-21),
PTEN
(chromosome 17q23),
ATM
(chromosome 11q21),
CHK2
ou
STK11
(chromosome 17q12-21).
LES CONSÉQUENCES...
Si ces mutations sont connues, à l'occasion, par exemple d'une
consultation d'oncogénétique
, leur connaissance implique un certain nombre de mesures bien codifiées, comme,
une stratégie de dépistage adaptée au niveau de risque, des modalités thérapeutiques particulières, dans certains cas, une chimioprévention
et un dépistage chez les individus à risque.
ASSURER LA STABILITÉ DU GÉNOME ...
En dépit des multiples attaques de
la part de l’environnement,
le génome, c’est-à-dire, l’ADN, est remarquablement stable car on estime que chaque cellule reçoit des milliers de lésions.
La stabilité du génome est assurée par des protéines synthétisées par les gènes de réparation de l’ADN, dont font partie le
BRCA1
(
BR
east
CA
ncer
), découvert en 1990.
Isolé en 1995, le gène
BRCA2
est situé sur le chromosome 13q12-13 et n’a aucune homologie avec le gène
BRCA1
.
DES GÈNES SUPPRESSEURS DE TUMEUR
Ils agissent comme des gardiens du génome...
La mutation ou la déficience de ces gènes, ainsi que de l’
ATM,
associé au
BRCA1,
peut aboutir à la non-réparation de l’ADN lésé, entraînant une mutation de la cellule qui peut, par la suite, évoluer vers un phénotype cancéreux.
Il existe un très grand nombre de mutations constitutionnelles des gènes
BRCA1
et
BRCA2
. Ces mutations sont dites inactivatrices, c’est-à-dire qu’elles empêchent le bon fonctionnement du gène.
Un rôle physiologique important...
Maintenant, on sait que l’une des fonctions essentielles du
BRCA1
, durant la puberté et la grossesse, pourrait être de protéger le sein contre l’instabilité génétique secondaire à la prolifération des cellules de la glande mammaire induite la sécrétion des œstrogènes. Ce gène permettrait la réparation des cassures de l’ADN. Ceci expliquerait que, dans la plupart des cancers héréditaires, le développement de la maladie ne serait pas dû à la succession des événements hormonaux de la vie, comme la puberté, les cycles menstruels, les grossesses mais, plutôt, à une puberté précoce associée à une sensibilité anormale du sein aux œstrogènes.
Ces mutations génétiques sont à l'origine de certaines spécificités retrouvées dans la plupart des cancers du sein familiaux.
UN ORDRE DE GRANDEUR...
On estime que dans la population générale est variable selon les ethnies. Par exemple, elle est de 1 sur 40 chez les ashkénazes, 1 sur 170 chez les islandais et 1 sur 133 chez les hollandais.
En France, la fréquence des personnes porteuses d’une mutation de
BRCA1
et
BRCA2
est estimée à
environ 2 femmes sur 1 000
.
Comme il y a en France environ 20 millions de femmes âgées de 20 à 70 ans, 40 000 environ sont porteuses de mutations
et donc à haut risque de développer la maladie.
On peut donc estimer que le nombre de cas incidents, chaque année est de 1 pour 420 femmes (intervalle de confiance de 188 à 925), soit 596.
LE RISQUE...
Les mutations des gènes
BRCA
, augmentent le risque de développer la maladie de 35 à 87 % avant l’âge de 80 ans. Plus précisément, ce risque est augmenté dans les proportions suivantes
(
Antoniou et al – Am. J. Hum. Genet. 2003 ;72 :117-30
)
:
Bien que la mutation des gènes
BRCA
n’explique pas toutes les formes dominantes observées, si une femme a une mutation d'un gène héréditaire provenant de l'un ou l'autre de ses parents, le risque de développer un cancer du sein augmente de façon importante. Le risque estimé est alors de :
Si vous appartenez à cette population à haut risque, les différentes sociétés savantes recommandent les méthodes de dépistage suivantes
Il faut souligner que le pronostic des cancers avec mutation du
BRCA
n’est pas significativement différent de celui des cancers du sein sporadiques.
| Risque cumulé à 80 ans en % | Cancer du sein avant 50 ans | Cancer du sein après 50 ans |
|---|---|---|
| Une parente 1er degré | 13 à 21% | 9 à 11 % |
| Deux parentes 1er degré | 35 à 48 % | 11 à 24 % |
| Une parente 2nd degré | 10 à 14% | 8 à 9% |
| Deux parentes 2nd degré | 21 à 26% | 9 à 16 % |
Il y a des cas de cancers du sein dans la famille, est-ce une forme familiale ?
Les formes familiales de cancer du sein pourraient représenter de 15 à 20 % des cas. Le risque de cancer du sein est plus grand chez les femmes dont un proche parent a ou a eu cette maladie. Les membres d'une famille peuvent être du côté paternel ou maternel.
Le fait d'avoir un seul parent au premier degré (mère, sœur ou fille) atteint d'un cancer du sein double presque le risque de développer un cancer du sein. S’il existe plus d’une femme touchée de la famille, au premier et au second degré, on parle d’une forme familiale de cancer du sein.
Il faut se rappeler que certaines patientes peuvent avoir dans leur famille une autre personne ayant été touchée par la maladie. Cela ne signifie pas pour autant que leur cancer est héréditaire. Il peut s’agir d’un simple effet du hasard, en particulier pour des cancers très fréquents, comme le cancer du sein ou du colon.
Est-ce une forme familiale ou simple hasard ?
Il peut aussi s’agir d’une susceptibilité familiale qui accroît légèrement le risque à ce cancer. Cette susceptibilité familiale peut être :
LE SEXE
Le simple fait d'être une femme est le
facteur de risque principal de développer un cancer du sein. Bien que le
cancer du sein puisse affecter un homme, son incidence est environ 100
fois moindre que chez la femme.
L' AGE
Le risque qu’a une femme de développer un cancer du sein
augmente avec l'âge. Les trois quarts des femmes souffrant d’un cancer
du sein ont plus de 50 ans au moment du diagnostic. Les femmes de moins
de 30 ans représentent 0,3% des cas de cancers du sein. Les femmes de la
trentaine représentent 3,5% des cas.
13 juin 2010