Localisations Cancers féminins Cancer du col de l'utérus
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LE CONTEXTE
Les
cancers invasifs du col de l’utérus sont généralement précédés par une
longue période où la maladie demeure à l’état pré-invasif. A ce
stade, la maladie n’est pas symptomatique et les lésions ne sont pas
visibles à l’œil nu. En revanche, l’examen microscopique peut mettre en
évidence des anomalies allant de l’atypie cellulaire aux
différents degrés de dysplasie ou de néoplasie cervicale
intra-épithéliale (CIN) avant d’évoluer finalement vers un carcinome
invasif.
Ainsi, le cancer invasif du col de l’utérus est une maladie que l’on
peut dépister facilement par les frottis de dépistage et prévenir dans
la majorité des cas ! Un diagnostic à un stade précoce de la maladie
est le meilleur atout pour augmenter les chances de guérison.
En 20 ans, le dépistage des lésions pré-cancéreuses a permis
une diminution de moitié de l'incidence et de la mortalité du cancer du col de l'utérus !
LE DÉPISTAGE EST FACILE ET PEU COUTEUX...
C’est un examen, simple, qui permet de détecter les premières
modifications des cellules du col de l’utérus indiquant qu’un cancer
invasif, en l’absence de traitement, pourrait se développer.
Les moyens dont on dispose pour détecter et évaluer d’éventuelles
anomalies, sont les suivants :
LA PRATIQUE MONTRE
En France, une initiative individuelle...
C'est un dépistage individuel et non organisé, sauf dans 19 départements (Alsace, Allier, Cantal, Cher, Haute Loire, Indre et Loire, Isère, Maine et Loire, Puy de Dôme, Val de Marne, la Martinique et la Réunion).
Il repose essentiellement sur les
gynécologues et dans une moindre mesure sur les médecins généralistes.
Quelques chiffres...
En France, chaque année, 5 à 6 millions de frottis sont réalisés
pour
environ 16 millions de femmes âgées de 25 à 65 ans.
Ce dépistage permet de découvrir de 3 à 5 % d'anomalies cytologiques, soit 150 000 dont 110 000 de bas grade, 50 000 de haut grade et 4 000 cancers.
Une couverture très imparfaite...
En tenant compte d'un frottis tous les 1 à 3 ans de 25 à 65 ans, seule 55 % de la population est couverte. De plus, ces examens de
dépistage sont concentrés sur un nombre limité de femmes car
40% ont un frottis annuel et
15% un frottis tous les 3 ans.
Après 60 ans, la couverture de la population générale est encore moins
bonne, l’exclusion au dépistage dépassant, alors, nettement les 65 %.
LES RECOMMANDATIONS
Le dépistage systématique et régulier par des frottis
cervico-vaginaux, dès les premiers rapports sexuels et jusqu’à 65 ans,
est le meilleur moyen pour découvrir et traiter les lésions
précancéreuses et, ainsi, prévenir l’apparition d’un cancer invasif du
col de l’utérus. Le résultat attendu de ce dépistage systématique est
une baisse de 90% du nombre de cancers invasifs du col de l’utérus.
Un frottis doit être fait une première fois dès les premiers rapports
sexuels ou à partir de 25 ans, puis renouvelé deux fois et, s’il est
normal et qu’il n’y a pas de symptômes, tous les trois ans ensuite.
Après 65 ans, cet examen devient inutile, chez une femme régulièrement
suivie jusque-là.
LES TECHNIQUES
Deux techniques sont validées sur le plan de l’efficacité et sont,
toutes deux, remboursées par l’Assurance Maladie.
La technique
conventionnelle
C’est la technique décrite par George Papanicolaou et
elle demeure la méthode la plus utilisée. Le prélèvement s’effectue
avec une spatule d'Ayre (schéma ci-dessus) associée à une brosse ou à
un porte-coton, ou un Cervex Brush™ ou une spatule d'Ayre modifiée qui
permettent de prélever à la fois au niveau de l'orifice cervical
externe et au niveau de l'endocol.
Les cellules ainsi prélevées sont
étalées de façon uniforme sur une lame de microscope et fixées
immédiatement. Les lames, ainsi préparées, sont rapidement, ensuite,
expédiées au laboratoire qui effectuera leur lecture.
La technique en
milieu liquide ou en « couche mince »
Cette technique consiste en un
prélèvement de cellules à l’aide d’une brosse qui est immédiatement
rincée dans un flacon contenant un fixatif permettant le transport de
l’échantillon au laboratoire.
Au laboratoire les différentes étapes de
filtration, collection et transfert des cellules sur une lame
permettent d’éliminer une grande partie des cellules inflammatoires, de
la nécrose et des hématies qui pourraient gêner l’interprétation.
Le
prélèvement est d’un coût plus élevé mais il permet de faire plusieurs
lames et d’avoir donc des lames de réserve. Il est également possible
de rechercher sur le matériel résiduel l’ADN de papillomavirus humain
(HPV).
LE FROTTIS EN PRATIQUE...
Pour être correct, le prélèvement
nécessite le respect d’un certain nombre d'impératifs techniques,
résumés dans le tableau ci-dessous.
UNE INTERPRÉTATION STANDARDISÉE
Les résultats que vous recevrez comportent trop souvent un grand nombre de sigles ou d’abréviations. Un tableau, au chapitre suivant vous indique la signification de ces sigles.
Maintenant, le système Bethesda 2001 ne retient que deux catégories de frottis :
UN FROTTIS NORMAL COTÉ NIL/M…
Le frottis est normal lorsqu’il n’y a pas de lésions intra-épithéliales ou de signes de malignité.
Le compte rendu pourra donner la description d’éléments divers pouvant être utiles pour votre médecin, comme par exemple :
UN FROTTIS ANORMAL
Il existe des atypies des cellules squameuses/malpighiennes (ASC)
Les cellules malpighiennes, ou cellules squameuses sont les cellules qui recouvrent le col de l’utérus. Lorsque les cellules ne sont pas normales, les médecins anatomo-pathologistes les désignent par le terme générique d’
A
typie des
C
ellules
S
quameuses (
ACS
).
Les
atypies des
cellules squameuses
ASC-US
Ce sont les atypies de signification indéterminée (
US
=
U
ndetermined
S
ignificance
). Cela veut dire que l’aspect des cellules du frottis évoque une lésion intra-épithéliale de bas grade sans certitude mais qu’il existe un doute sur une possible lésion sous-jacente.
Les
atypies des
cellules squameuses
ASC-H
Ce sont des atypies qui ne permettent pas d’exclure une lésion de haut grade (
H
). Il s’agit donc de modifications des cellules suggérant une lésion intra-épithéliale de haut grade sans diagnostic définitif et certain.
Il existe des anomalies des cellules glandulaires (AGC)
Dans ce cas, il s’agit d’anomalies des cellules glandulaires. Comme précédemment, plusieurs niveaux sont décrits :
DE BAS GRADE (LSIL)
Ces lésions sont parfois désignées par l’abréviation anglaise LSIL (
Low grade Superficial Intra-epthelial Lesion
).
Ce terme
regroupe les lésions autrefois dénommées,
lésions à HPV, condylome, d
ysplasie légère ou
CIN1 (
Cervical Intra-epithelial Neoplasia
).
C'est le premier stade de la lésion précancéreuse dont les caractéristiques sont l'existence de modifications de cellules du col
liées à l’infection par le l'HPV
et appelées koïlocytoses.
L’évolution spontanée de ces lésions est la suivante :
DE HAUT GRADE (HSIL)
Ces lésions sont désignées par l’abréviation anglo-saxonne HSIL (
High grade Superficial Intra-epthelial Lesion
).
Ce terme regroupe les lésions autrefois dénommées, dysplasies modérées et sévères ou CIN2, CIN3 et CIS.
Tout en demeurant strictement intra-épithéliales, elles sont qualifiées de haut grade car elles présentent les anomalies suivantes :
Dans ce cas, un examen colposcopique sera réalisé rapidement et permettra de repérer les lésions et d’orienter les biopsies du col qui seront pratiquées.
Ce sont des lésions qui doivent être traitées mais dont l’évolution est lente. En général, il n’y a pas urgence à traiter…
Traitées, la guérison quasi complète des lésions est la règle mais une surveillance prolongée sera nécessaire.
LE CANCER DU COL INVASIF
Dans ce cas, les anomalies des cellules sont telles que le cancer est
« visible » d’emblée. Dans ce cas, il s’agit d’un carcinome malpighien.
LA RECHERCHE SUR LES FROTTIS
La recherche de Papillomavirus (HPV) sur les frottis en « couche mince » permet de rendre le dépistage plus efficace, en limitant les examens plus approfondis aux seules femmes infectées par ces virus.
Cette technique permet d'identifier les koïlocytes qui sont des cellules squameuses contenant de 50 à 150 virions.
Cet examen est maintenant remboursé par l’Assurance Maladie.
En matière de dépistage...
Une étude portant sur 131 746 femmes âgées de 30 à 59 ans sur huit ans comportait quatre groupes : contrôle (aucun dépistage), visualisation directe avec test à l’acide acétique (VIA), cytologie et test HPV. Les critères d’efficacité étaient le nombre des cancers avancés et la mortalité par cancer.
Les résultats de cette étude ont démontré que parmi les options de dépistage de cette étude, seul le test HPV a un impact significatif sur la diminution des cas de cancers avancés et sur la mortalité en réduisant de moitié ces deux éléments importants.
Détecter la charge virale
Deux études publiées indiquent qu'il serait possible de réaliser un dépistage beaucoup plus performant en quantifiant la charge virale, c'est à dire la quantité de virus présente dans les frottis. En effet, le risque de cancer augmente avec la quantité de virus décelée dans le frottis. Il est multiplié par 60 chez les femmes ayant la charge virale la plus élevée, par rapport aux femmes négatives pour l'HPV16.
COMMENT INTERPRÉTER LES RÉSULTATS
Le dépistage est positif...
Cela ne signifie pas pour autant que vous aurez forcément un jour un
cancer du col de l’utérus car seules les infections persistantes
sont dangereuses.
Il donne néanmoins des informations précieuses sur le risque que
vous pouvez courir et permet à votre médecin de mieux vous surveiller.
Tout signe d’apparition de la maladie sera détecté plus rapidement et
permettra la mise en place d’un traitement efficace.
Le dépistage est négatif...
Si les résultats du frottis sont négatifs et ceux du dépistage du
papillomavirus aussi, vous pouvez être sûre, à 99 %, que vous n’aurez
aucune anomalie du col de l’utérus pendant les 5 prochaines années.
Fédération Nationale des Comités Féminins (
FNCF)
pour le dépistage des cancers
14 mars 2012