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Le neuroblastome ou sympathoblastome

La maladie

DE QUOI S'AGIT-IL ?

C’est une tumeur maligne embryonnaire, développée à partir du tissu nerveux sympathique ayant la particularité de sécréter des catécholamines, comme l'adrénaline. C'est une tumeur qui se présente sous plusieurs phénotypes en faction des mutations génétiques. Un phénotype bénin et un phénotype agressif sont décrits.

QUI EST TOUCHÉ ?

Cette tumeur affecte principalement chez les enfants de moins de six ans. Il représente la tumeur solide la plus fréquente chez l'enfant de moins de cinq ans.
Son incidence annuelle est de 1 cas pour 100 000 d’enfants âgés de moins de 15 ans, soit environ 150 cas par an en France.
L'âge médian de découverte est de 18 mois et presque tous les malades sont diagnostiqués à l'âge de 10 ans.

LEUR PRÉSENTATION...

Leur localisation

Elle peut se développer en n'importe quel point de l'organisme où existent des structures nerveuses sympathiques, c'est à dire

  • Tout le long du rachis
    • Les neuroblastomes abdominaux (60 % des cas) se développent dans l'espace rétropéritonéal et restent longtemps latents.
    • Les neuroblastomes thoraciques (30 % des cas) représentent la quasi-totalité des tumeurs médiastinales postérieures de l'enfant.
    • Les neuroblastomes cervicaux (5 % des cas) donnent soit une masse visible et palpable, soit des signes de compression.
    • Les neuroblastomes pelviens (5 % des cas) se manifestent essentiellement par des signes de compressions rectale, vésicale et veino-lymphatique avec un œdème des bourses ou/et des membres inférieurs.
    • Les neuroblastomes en sablier peuvent intéresser n’importe quel étage médullaire, mais sont le plus souvent thoraciques. Il s’agit souvent de nourrissons (moyenne d’âge huit mois).

  • Au niveau de la surrénale


Les métastases

La moitié environ des neuroblastomes sont métastatiques au moment où le diagnostic est porté.
Elles se développent dans l'os et la moelle osseuse dans la moitié des cas, plus rarement dans le foie, chez le nourrisson, la peau, le médiastin et le poumon.


Le diagnostic

LES SIGNES DE LA MALADIE

Les signes cliniques pouvant faire soupçonner la maladie sont variables mais assez souvent on peut noter :

  • Une altération de l'état général, amaigrissement, perte d'appétit, ralentissement de la croissance
  • Des douleurs osseuses
  • Un gonflement de l'abdomen en relation avec le développement de la tumeur
  • Plus rarement, des symptômes en rapport avec une localisation secondaire affectant l'œil, les os, le foie


LE DIAGNOSTIC

Les examens suivants sont nécessaires pour poser le diagnostic :

  • L'imagerie médicale : la radiographie pulmonaire et abdominale, l’échographie et surtout l’IRM et les scanners
  • Le dosage des catécholamines urinaires (acide vanylmandélique [VMA], acide homovanillique [HVA], dopamine), car ces tumeurs synthétisent pour la plupart ces molécules
  • La scintigraphie à la méta-iodobenzylguanidine (MIBG)
  • Les prélèvements tumoraux (biopsie)


La stadification

Stade I : tumeur localisée
Stade IIA : tumeur unilatérale, résection incomplète
Stade IIB : tumeur unilatérale, résection complète ou non, ganglions N+
Stade III : tumeur dépassant la ligne médiane, ganglions N+/-
Stade IV : tumeur avec métastases (ganglions, moelle, foie, autres organes)

Stade IVS : tumeur localisée (stade I ou II) associée à une dissémination dans le foie, la peau ou la moelle osseuse


LE TRAITEMENT

LES OPTIONS

Trois moyens, non exclusifs, sont disponibles pour traiter et souvent guérir un neuroblastome :


  • La chirurgie
  • La radiothérapie car la tumeur est radiosensible mais elle est peu utilisée chez les enfants, sauf dans les stades IV (syndrome de Pepper avec métastases hépatiques) ou une irradiation hépatique à faibles doses sera réalisée.
  • La chimiothérapie car le neuroblastome est très chimiosensible. Elle est utile avant la chirurgie (néo-adjuvant), après l'opération (adjuvant) ainsi que pour traiter les métastases. Elle utilise le cisplatine, l'étoposide, la vincristine, la doxorubicine et le cyclophosphamide. Parfois de l'acide rétinoïque est ajouté pour les formes à haut risque. Pour ces formes, elle comporte, comme pour les leucémies, trois phases :
    • Un traitement initial pour obtenir une rémission
    • Un traitement de consolidation
    • Un traitement de maintenance pour éliminer les dernières cellules tumorales


LES INDICATIONS DES DIFFÉRENTS TRAITEMENTS

Dans le cas général

Elles dépendent principalement :

  • De l’âge de l’enfant : avant ou après un an,
  • Du stade du neuroblastome : localisé ou disséminé,
  • De critères de biologie moléculaire
    • De l'amplification ou non de l'oncogène NMYC
    • De la délétion ou non du bras court du chromosome 1

  • Le grade tumoral évalué par la ploïdie des cellules tumorales

Les étapes du traitement sont les suivantes

  • Une chimiothérapie d'induction dont les objectifs sont une réduction du volume de la tumeur et la rémissions des métastases suivie ou non d'une intensification à fortes doses
  • Une chirurgie pour enlevé la tumeur résiduelle et assurer un contrôle local
  • Un traitement d'entretien éventuel pour contrôler la maladie résiduelle avec des rétinoïdes et ou des thérapies biologiques (anticorps monoclonaux ciblant le ganglioside GD2)


Les nourrissons au stade IVS


C'est une situation très particulière et s'il n'existe pas de critères cliniques de gravité, ils peuvent faire l’objet d’une surveillance simple, dans l’attente d’une régression spontanée.
Dans les formes graves cliniquement ou évolutives après surveillance, la chimiothérapie semble apporter plus de bénéfice que la radiothérapie, pour obtenir une régression-maturation des cellules tumorale.


Le pronostic

Les résultats des traitements et leur efficacité dépendent avant tout de son stade d'évolution :

  • Dans le cas de formes localisées, sans amplification du gène N-myc et quel que soit l’âge, les traitements actuels permettent de guérir entre 75 et 95 % des enfants.
  • Dans le cas de formes disséminées chez l’enfant de plus d’un an, il est maintenant possible de guérir 25 à 45 % des patients.


Caractéristiques Type I Type II Type III
Pronostic Favorable Défavorable Défavorable
Ploïdie Triploïde Diploïde Diploïde
Délétions
1p
11q

NON
NON

Variable
Variable

OUI
NON
Trisomie partielle 17q NON OUI OUI
Expression du TrkA CD44 OUI NON NON
Stades I, II, IVS IV IV et autres
Survie > 90 % 30 à 50 % < 30 %

L'avenir

LA DÉSESCALADE THÉRAPEUTIQUE

Dans le cas de formes localisées, sans amplification du gène N-myc , les résultats de la recherche clinique devraient, à terme, permettre d'alléger les protocoles de chimiothérapie chez ces enfants.

L'IMMUNOTHÉRAPIE

Un essai mené sur 226 neuroblatomes à haut risque et récemment publié par le New England Journal of Medicine ( 2010; 363:1324-34 ) a montré l'intérêt de l'association d'un anticorps monoclonal dirigé contre un antigène tumoral (ch14.18), le disaloganglioside ou GD2, d'un facteur de croissance médullaire, le GM-CSF et l'interleukine 2 (IL2) et du traitement habituel par rétinoïde. Ce nouveau traitement à la dose de 25 mg/m² de J1 à J4 tous les mois, amène à une amélioration de la survie de 10 points à deux ans au prix d'une tolérance acceptable.


Mise à jour

30 septembre 2010



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