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Les cancers baso-cellulaires

C’EST LE PLUS FRÉQUENT DES CANCERS DE LA PEAU…

Son incidence est estimée, en France, à 150 nouveaux cas par an pour 100 000 habitants.
Ils sont fréquents chez les sujets de race blanche, après 50 ans, dans les zones découvertes photo-exposées, comme, le nez, les tempes, les joues, le cou et le dos.
Ils apparaissent en peau saine, sans lésion préexistante. Leur cause est la surexposition aux rayons ultra violets (UV). Les personnes au teint clair qui ne bronzent pas facilement sont les plus à risque de développer la maladie.
Les cancers basocellulaires de la peau se développént aux dépens du kératinocyte.
Ils ne métastasent pas dans le corps, bien qu'ils puissent toucher les structures anatomiques sous-jacentes, comme les os qui se trouvent en dessous d'eux.


Les facteurs de risque

LE RÔLE NOCIF DU SOLEIL

Son implication repose sur une série d’arguments confirmés expérimentalement.

  • Le taux d’incidence très bas si la peau est pigmentée ; ils sont rares chez le noir. Dans ce contexte, le phototype est un facteur de risque déterminant. Un sujet avec un phototype clair, avec pâleur de la peau et yeux clairs est un sujet à haut risque !
  • Il existe une relation inverse pour population blanche entre incidence des cancers et latitude.
  • Le fait que 8 des carcinomes sur 10 surviennent au niveau tête et cou est aussi un bon argument.
  • La durée d’exposition va de pair avec l’augmentation régulière de la fréquence des basocellulaires avec l’âge


LES AUTRES FACTEURS DE RISQUE

Les UVB et les UVA

L’implication de la puvathérapie et l’utilisation de lampes à bronzer est clairement démontrée.

L’immunodépression

C'est un facteur de risque important qui concerne surtout les greffes cardiaques, rénales, hépatiques. Dans ce contexte, les carcinomes cutanés sont les cancers les plus fréquents après greffe et plus de la moitié des patients greffés sont concernés, à long terme. Ceci implique, chez eux une protection solaire et une surveillance cutanée annuelle.

D'autres facteurs

Ils sont plus rarement impliqués et concernent :

  • Les carcinomes secondaires à une radiothérapie, une cicatrice ou à une brûlure
  • L’arsenicisme, rare de nos jours
  • Des maladies rares comme l’albinisme, le xéroderma pigmentosum  etc…


LE DIAGNOSTIC DE LA MALADIE

OU SIÈGENT-ILS ?

Plus de 8 des cancers baso-cellulaires sur 10 sont situés sur les zones photo-exposées et notamment sur le visage et sur le cou

  • Le nez : un quart des cas au niveau du sillon nasogénien, c'est-à-dire en regard de zones de fusion embryonnaire. À ce niveau, ils ont une tendance à l’infiltration en profondeur.
  • La zone périorbitaires, en particulier le coin de l'oeil ou canthus interne


Cependant, ils peuvent siéger partout cependant, ils sont :

  • Rares au niveau de la vulve, du scrotum ou de l’anus
  • Rarissimes au niveau des paumes et des plantes
  • Virtuellement jamais sur les muqueuses


QUEL EST SON ASPECT ?

 
Les dermatologues décrivent trois formes de cancers baso-cellulaires (CBC)

Le CBC nodulaire

Il siège surtout sur le visage. Il se présente, souvent, sous forme d’une petite boule charnue d'aspect aspect nacré transparent avec une bordure perlée, rosée ou lisse. visage et des télangiectasies (petits vaisseaux tortueux). Il s’étend lentement pour former une plaque atrophique et cicatricielle à bordure perlée.

Le CBC superficiel

Il se trouve souvent sur le tronc. Il se présente sous forme d'une plaque érythémateuse bien limitée de grande taille. Elle peut parfois multiples

Le CBC sclérodermiforme

Il touche surtout le visage. Il se présente sous forme d'une plaque blanche dure, brillante, enchâssée, ressemblant à une cicatrice mal limitée. Son extension est souvent plus importante que l'examen clinique le laisserait penser. Après traitement, les récidives sont fréquentes.

COMMENT LE DIAGNOSTIQUE-T-ON ?

Pour affirmer le diagnostic, il faut réaliser une biopsie-exérèse. C’est une petite opération qui se pratique en ambulatoire. Elle permet l'ablation de tissus pour les examiner au microscope et y chercher des cellules cancéreuses. Si à la biopsie le tissu s'avère cancéreux, la tumeur entière sera alors enlevée.


Les spécificités de la maladie

L'ÉVOLUTION

Les risques évolutifs sont de deux types :

  • La récidive
  • L’extension locorégionale.


Elle ne métastase pas...

Cette tumeur ne métastase jamais ni au niveau ganglionnaire ni au niveau viscéral. Il n’y a donc pas lieu de faire de bilan d’extension systématique.

Elle a un fort potentiel invasif local

Cela veut dire que son évolution purement locale peut entraîner une destruction tissulaire importante ce qui peut justifier, parfois, un bilan lésionnel locorégional par imagerie.

LES FACTEURS PRONOSTIQUES

Les principaux facteurs de mauvais pronostic sont :

  • La localisation au niveau de la tête, en particulier le nez et la bouche
  • Les formes mal limitées, en particulier la forme sclérodermiforme
  • Une taille supérieure à 1cm dans les zones à haut risque ou à 2cm dans les autres zones
  • Le caractère récidivant ; le risque de récidive est évalué entre 5 à 10 %


LE BILAN D'EXTENSION

Il est basé sur l’examen clinique qui recherchera, en particulier, d’autres carcinomes associés.


COMMENT LE TRAITE-T-ON ?

LA CHIRURGIE

En principe, ces cancers ne sont pas dangereux car ils ne métastasent pas mais ils doivent être soignés immédiatement.
Le traitement de base est l’exérèse chirurgicale. Les marges nécessaires sont de 3 à 10 mm.

LES AUTRES OPTIONS

L'imiquimod

Pour les petits cancers superficiels de l’adulte, il existe une alternative à la chirurgie, l’imiquimod (Aldara™) crème à 5 % qui est un immunomodulateur.
La crème est à appliquer de 5 à 7 fois par semaine pendant environ 6 semaines. Le taux de guérison, dans les études cliniques est de plus de 70 % mais sa tolérance cutanée peut poser problème.


La thérapie photodynamique

Dans certains cas, enfin, pour les formes superficielles, une thérapie photodynamique peut être envisagée.
Le traitement est appliqué sur la lésion pendant 3 heures. La séance peut être répétée, 2 à 3 fois, après un intervalle libre de 7 à 15 jours.
Cette thérapie est particulièrement adaptée au traitement des lésions de grande taille pour lesquelles, le résultat esthétique est bon.


LE SUIVI

Il est nécessaire car le risque de survenue d’un second carcinome est de l’ordre de 50 % à 5 ans. Le dermatologue vous reverra tous les 6 mois la première année, puis annuellement.


Mise à jour

15 mai 2009



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