Localisations Appareil digestif Cancers du foie (hépatocarcinome)

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Les facteurs environnementaux

Un domaine complexe en pleine évolution...

Les mécanismes aboutissant à la cancérisation des cellules du foie restent, en dépit des progrès de la biologie moléculaire, encore mal connus.
Un certain nombre de cancérogènes sont identifiés, cependant, en l’état actuel de connaissances, il est encore difficile de distinguer entre les facteurs initiateurs et les facteurs promoteurs.
Par exemple, les hépatites virales chroniques B ou C, la cirrhose elle-même et les carcinogènes chimiques s'intriquent pour favoriser l'incidence annuelle de 2 à 5 % de carcinomes hépatocellulaires survenant sur une cirrhose hépatique.


  • Les virus et le cancer du foie

L'HÉPATITE B

LE VIRUS DE L’HÉPATITE B (VHB)

Le VHB appartient à la famille des Hepadnavirus qui ont pour caractéristique un tropisme pour le foie. C'est un virus à ADN.
Ce virus se transmet par le sang.
Environ 90 % des malades porteurs d'un cancer primitif du foie sont séropositifs pour le VHB. De plus, des fragments de virus sont très fréquemment retrouvés dans le génome des hépatocytes tumoraux.

L’HÉPATITE AIGUË

L'incubation de la maladie après le contage varie de 6 semaines à 6 mois. L'hépatite aiguë se déclare ensuite. Elle apparente dans 30 % des cas ou inapparente, chez 70 % des patients.
Environ 90 % des patients guérissent mais 10 % passent au stade d'infection chronique. Chez ces malades que le risque de cancérisation du foie existe.
  
VHB & CANCÉRISATION ...

L'étroite relation entre hépatite chronique B et cancer primitif du foie a été démontrée par la baisse observée du taux de cancers dans les pays à haute incidence, lorsque la vaccination contre l'hépatite B a été introduite, comme à Taïwan.
Dans le même ordre d'idées, une étude publiée dans le New England Journal of Medicine a montré qu’un traitement prolongé par un antiviral, la lamivudine, actif contre le VHB, diminuait significativement la survenue des cancers primitifs du foie.

VHB & CANCER DU FOIE

Si on considère 100 sujets contaminés par le VHB, quelle que soit la symptomatologie de la phase aiguë initiale, on observe, en moyenne :

  • De 0,1 à 0,5 % d’hépatites aiguës fulminantes
  • Près de 90 % de guérisons, définies par la disparition de l’antigène AgHBs et la présence d’anticorps antiHBc
  • Environ 10 % d'hépatites chroniques, définies par la présence de l’antigène AgHBs dans le sang :
    • Parmi les malades présentant une hépatite chronique, 20 % évolueront vers la cirrhose dans les 20 ans
    • Parmi les malades porteurs de cirrhose,  20 % présenteront un carcinome hépatocellulaire dans les 5 ans


  •  Le virus de l’hépatite « C » (VHC)

L'hépatite C

LE VIRUS (VHC)

C’est un virus très différent de celui de l’hépatite B.
C’est un virus à ARN de la famille des Flavivirus . Il existe plusieurs sérotypes différents et de nombreuses variations dans son génome, ce qui explique l’échec actuel de la mise au point d'un vaccin efficace.


LA CONTAMINATION

Elle se fait à l’âge adulte et la primo-infection est le plus souvent silencieuse, c’est-à-dire, sans aucun symptôme, ce qui rend difficile le diagnostic.

VHC ET CANCÉRISATION

Moins clair...

Le rôle du virus de l'hépatite C dans la cancérogenèse hépatique est plus difficile à cerner car son génome n'est pas inséré dans l'ADN des cellules et sa réplication est complètement intracytoplasmique. De ce fait, l'HCV ne se comporte pas exactement comme un oncogène mais intervient indirectement dans la régulation du cycle cellulaire et de l'apotose.

Cependant....

Il est démontré que les malades séropositifs pour l'hépatite C sont plus à risque de développer une hépatite chronique et donc une cirrhose du foie. En outre, plusieurs études épidémiologiques ont montré que l'infection chronique par le VHC était un facteur indépendant associé à la survenue du cancer du foie.


VHC & CANCER DU FOIE

Sur 100 sujets contaminés, quelle que soit la symptomatologie de la phase aiguë initiale apparente ou inapparente, on observera :

  • Environ 30 % de guérisons
  • Au moins 70 % d'hépatites chroniques, en moyenne au bout de 13 ans qui deviendra active au bout de 18 ans
    • Parmi les malades présentant une hépatite chronique, 20 % évolueront vers la cirrhose dans les 20 ans
    • Parmi les malades porteurs de cirrhose,  20 % présenteront un hépatocarcinome dans les 5 ans



Intervalle moyen de survenue des complications après une contamination par VHC

  • 13 ans pour l’hépatite chronique
  • 18 ans  pour une hépatite chronique active
  • 20 ans pour le développement d’une cirrhose
  • 20 à 30 ans pour l’apparition d’un hépatocarcinome


En guise de synthèse…

 

Sur 100 sujets contaminés

Hépatite C

Hépatite B


Guérison



30


90*


Hépatite chronique



70


10


Évolution vers une cirrhose hépatique



14


2


Évolution de la cirrhose vers un hépatocarcinome



3


0,5


(* disparition de l’AgHBs + présence de l’Ac antiHBc)


La cirrhose hépatique

DÉFINITION

Elle n'est qu'histologique. C'est une affection irréversible et diffuse du foie caractérisée par une fibrose cicatricielle évolutive ou non qui désorganise l'architecture normale du foie et favorise la formation de nodules régénération.

CAUSES

La cirrhose est la conséquence d'agressions prolongées du foie, qu'elles soient d'origine alcoolique, virale, ou autres, médicamenteuses ou liées à un déficit enzymatique comme dans la maladie de Wilson, par exemple.

CONSÉQUENCES

La cirrhose aboutit à une désorganisation de la structure du foie qui explique les trois complications majeures de la maladie :

  • Une insuffisance hépatocellulaire c'est-à-dire un déficit fonctionnel lié à la diminution du nombre des hépatocytes et à la mauvaise qualité de leur vascularisation,
  • Une hypertension portale, en amont du foie, qui se comporte comme un obstacle réduisant le flux et augmentant la pression dans la veine porte d'où formation de voies de dérivation, notamment de varices œsophagiennes à l'origine d'hémorragies digestives graves
  • Un état précancéreux car le développement d'un carcinome hépatocellulaire sur le foie remanié par la cirrhose est fréquent après 15 à 20 ans d'évolution


CIRRHOSE & CANCER DU FOIE ...

Plus de 80 % des cancers primitifs du foie se développent à partir d'une cirrhose hépatique. En France, la cause principale de la cirrhose hépatique est l'abus d'alcool, suivie des hépatites chroniques B et C.

Cliquez-ici Pour plus de détails, allez sur le site de la Société Nationale Française de Gastro-entérologie (SNGE)


Les facteurs toxiques

L’alcool

Le rôle de l'alcool dans la cancérogenèse hépatique passerait essentiellement par le développement de la cirrhose sans effet carcinogène direct. Selon certains chercheurs, l'alcool ne serait pas un agent cancérogène mais pourrait jouer le rôle de co-cancérogène.

L'aflatoxine

C'est une mycotoxine produite par les moisissures dues à un champignon Aspergillus flavus . On peut la retrouver sur des produits agricoles très variés tels que les céréales, les fruits et leur jus, les fruits séchés le lait, l'arachide, les pistaches et le café.
Il existe plusieurs types d'aflatoxines mais seule l'aflatoxine B1 aurait un pouvoir cancérigène. Cette toxine pourrait induire des mutations du gène suppresseur des tumeurs p53 . Ces mutations, observées en Afrique et en Asie du Sud-Est, seraient liées à une augmentation de l'ingestion d'aflatoxine.

Les autres toxiques

L'intoxication chronique par le chlorure de vinyle (sous sa forme monomère), par l'arsenic, a été impliquée dans la genèse des angiosarcomes hépatiques, tumeurs extrêmement rares.
Le Thorostrat™, jadis employé comme produit de contraste en radiologie, serait aussi à l’origine de ce type de tumeur.


D’autres facteurs de risque plus controversés

OBÉSITÉ, DIABÈTE, STÉATOSE HEPATIQUE

Leur importance précise des facteurs métaboliques est difficile à apprécier car ils sont souvent associée à une stéatose hépatique, elle-même facteur de risque de cancer du foie.
Pour les cancers du foie qui ne sont pas secondaires à une hépatite B ou C, l’obésité est citée comme un facteur de risque de développer la maladie (risque multiplié par 1,5 à 2).

Les cancers du foie sont plus souvent retrouvés en cas de diabète sucré et d’obésité associée.

CERTAINS MÉDICAMENTS

La prise d'œstrogènes et les pilules contraceptives

Plusieurs études « cas témoins » ont rapporté l'association entre la prise d'œstrogènes et la survenue d'un cancer primitif du foie. Ce risque, s'il existe réellement, est de toute façon très peu élevé et fait l’objet de débats au sein de la communauté scientifique.


La prise d’anabolisants

Certaines études publiées ont fait état d’une légère augmentation du risque de cancer primitif du foie associée à une administration chronique de ces médicaments.

D'AUTRES FACTEURS

L’immunodépression induite par le SIDA pourrait favorisée l’apparition de cancers du foie.
Les dérivés tels que les N-diéthylnitrosamines ont été aussi impliqués dans la genèse des cancers primitifs du foie.
Les fibrates, médicaments contre le cholestérol, ou les glitazones, utilisées dans le diabète gras peuvent favoriser l'apparition de tumeurs primitives du foie.


N'OUBLIEZ PAS !

  • Plus de 80% des cancers primitifs du foie sont causés par une infection chronique par le virus de l’hépatite B ou C
  • La prévention de l’infection par l’hépatite B par la vaccination est possible
  • La prévention de l’infection par l’hépatite C par des mesures d’hygiène et de détection des sujets à risque est faisable


Mise à jour

7 novembre 2011



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