La chimiothérapie

Un moyen important dans la lutte contre ce cancer....

LE PRINCIPE

La chimiothérapie est un traitement systémique du cancer à base de médicaments qui a été découvert au cours des années 1940. C’est un traitement systémique parce qu'il intéresse le corps tout entier. Les médicaments circulent dans le sang pour atteindre les cellules cancéreuses dans le corps tout entier. Ils peuvent être administrés par voie intraveineuse ou par voie orale.
Ces médicaments ont pour but de détruire les cellules cancéreuses. La particularité de ces drogues est qu'elles sont toxiques sur toutes les cellules capables de se diviser. Les chimiothérapies bloquent la prolifération des cellules cancéreuses tout comme des autres, en empêchant la synthèse d'ADN indispensable à la duplication des cellules et en détruisant les fibres de la trame cellulaire (qui structurent la cellule).

EN PRATIQUE...

La chimiothérapie est administrée en cycles. Chaque période de traitement est suivie d'une période de repos thérapeutique permettant la récupération des lignées cellulaires normales affectées par le ou les médicaments.
La durée totale d'une chimiothérapie est variable selon les schémas thérapeutiques utilisés. La durée du traitement est de six mois minimum.

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LA CHIMIOTHÉRAPIE

Les protocoles usuels de chimiothérapie

POLY-CHIMIOTHÉRAPIE, LE PLUS SOUVENT...

Les associations de médicaments anticancéreux permettent de prévenir le développement rapide de cellules tumorales résistantes aux médicaments. De plus, les associations sont plus efficaces que la monothérapie.
La chimiothérapie permet d'obtenir une réduction du volume tumoral, ce qui facilite ensuite le geste chirurgical. Elle s'adresse aux formes plus étendues de cancer et à celles qui s'accompagnent de métastases.

LES LIGNES DE TRAITEMENT

De première ligne...

L'association FULFOL comprend, le 5 Fluoro-Uracile associé à de l’acide folin ique.
La mitomycine C (Amétycine™) est, maintenant, plus rarement proposée.

Les dérivés du platine, le cisplatine, l'oxaliplatine ou plus rarement, le carboplatine, sont très souvent utilisés en association.

  • Le FC : 5- F U en perfusion continue par pompe de J1 à J4 + Cisplatine à J1 ou J2 (4 cures programmées aux semaines 1, 5, 8, 11)
  • Le FOLFOX4
  • Le FEC : 5- FU + Epirubicine + Cisplatine 100 mg, a prouvé son efficacité, en particulier sur la qualité de vie
  • Le LV5FU -cisplatine
  • La navelbine ± cisplatine

De seconde ligne et de rattrapage

Les nouveaux médicaments de chimiothérapie sont nombreux, plus efficaces et, généralement, mieux tolérés !
Ces nouvelles options vont permettre aux médecins de mieux contrôler l’évolution de la maladie. On peut citer :

  • La gemcitabine (Gemzar™) ou la vinorelbine (Navelbine™).
  • Les dérivés du 5-FU en association avec d’autres produits pour les optimiser comme les trois produits actifs par voie orale qui sont : l’UFT™, le TS1™ et la capécitabine (Xéloda™).
  • Les taxanes, comme le Taxol™ et le Taxotère™, ce sont révélés efficaces dans le traitement des formes évoluées de la maladie ou pour contrôler des malades en rechute.
  • Le TLFOX : Taxol/Taxotère™ + Leucovérine + 5- F U + OXaliplatine
  • Le FOLFIRI   : acide FOLinique + 5- F U + IRInotécan (Campto™)

LES MODALITÉS D'ADMINISTRATION

Chimiothérapie ou chimio-radiothérapie  d'induction ou néo-adjuvante

Dans ce cas, la chimiothérapie est débutée avant l’opération et l’objectif du traitement est d’obtenir une diminution de la taille de la tumeur et, éventuellement, des ganglions permettant à certains patients de bénéficier d’une opération. Cette approche semble très intéressante pour le traitement des adénocarcinomes du tiers inférieur de l’œsophage.
La radiothérapie potentialisée par une chimiothérapie, 5-FU ou cisplatine ou radio-chimiothérapie (RCT) semble plus efficace. Dans ce cas, il est proposé soit une association carboTaxol (carboplatine AUC2 et paclitaxel 50 mg/m²) à j1, j8, j15, j22 et j29, soit deux cures préopératoires de 5-fluorouracile + cisplatine suivie, d'une chirurgie si possible 3 à 8 semaines après la fin de la chimio-radiothérapie.

Chimiothérapie adjuvante ou de prévention

Dans ce cas, la chimiothérapie est débutée après l’opération et son objectif est de traiter les micro-métastases et de détruire les cellules cancéreuses qui auraient peut s’échapper lors de l’opération ou celles qui se seraient déjà disséminées en dehors de l’œsophage.
Les études actuelles ne permettent pas encore de conclure à l’utilité de cette approche.

LE TRAITEMENT PAR RADIO-CHIMIOTHÉRAPIE (RCT)

SES OBJECTIFS...

C'est d’améliorer le contrôle local ou général de la maladie en administrant un traitement n’augmentant pas les complications postopératoires. Le traitement vise à :

  • Réduire la taille de la tumeur et l’envahissement local et augmentant, ainsi grandement, les possibilités chirurgicales
  • Traiter les micrométastases des ganglions et des vaisseaux lymphatiques
  • Diminuer la dissémination des cellules cancéreuses durant l’opération

COMMENT ?

Ce traitement combiné est proposé pour diminuer le risque de rechute de la maladie. Différentes combinaisons de traitements ont fait l’objet d’essais thérapeutiques internationaux. Ainsi, la radiothérapie et la chimiothérapie, seules ou en association, ont été étudiées  :

  • En situation néo-adjuvante, c’est-à-dire que le traitement est donné avant l’opération (préopératoire). Ce traitement est devenu un "standard" pour les formes localement évoluées de la maladie. Il comprend
    • Du carboplatine hebdomadaire associé au paclitaxel (Taxol)ou CarboTaxol
    • Une dose de radiothérapie de 41Gy délivrée en.23 fractions (5 fractions/semaine) chaque semaine pendant 5 semaines
  • En situation adjuvante, c’est-à-dire après l’opération (postopératoire)
    • Une radiothérapie à la dose de 50 Gy en 25 fractions de 2 Gy
    • Une chimiothérapie associant le 5-Fluorouracile continu et l'oxaliplatine (FOLFOX modifié).
  • En situation avancée non métastatique, avec indication de radio-chimiothérapie exclusive, il existe deux options validées, soit le protocole 5FU - cisplatine « Herskovic » soit le schéma FOLFOX (6 cures) et radiothérapie.


Avant, pendant et après ...

AVANT, LES PRÉCAUTIONS A PRENDRE

Pourquoi ?

Au moment du diagnostic et avant d’entreprendre le traitement de chimiothérapie, des examens sont nécessaires.
Il est préférable d’éliminer toute source d’infection avant de débuter une chimiothérapie. La source d’infection la plus fréquente est dentaire. Si votre traitement de chimiothérapie n’est prévu que dans 2 ou 3 semaines, vous avez le temps de faire examiner et traiter vos dents chez votre dentiste, avant de débuter.

Une prise de sang sera systématiquement réalisée avant la chimiothérapie pour s’assurer du bon fonctionnement d’organes essentiels pour le métabolisme et l’élimination des médicaments, tels que le foie et le rein. Dans cette prise de sang, il sera également vérifié que les cellules circulantes du sang (globules blancs, globules rouges et plaquettes) sont à un taux satisfaisant, car ce sont les cellules saines de l’organisme dont la production est la plus sensible aux médicaments de la chimiothérapie. Si le taux de globules rouges, ou plus précisément, le taux d’hémoglobine, est trop bas, il vous sera proposé de recevoir une transfusion de sang (culots globulaires) avant de réaliser la chimiothérapie.

Anticiper les problèmes…

Certains médicaments de chimiothérapie peuvent présenter une toxicité orientée vers certains organes précis. Des examens peuvent alors être utiles pour vérifier que cet organe fonctionne de façon satisfaisante chez vous avant d’administrer le médicament. Ainsi, une échographie ou une scintigraphie cardiaque est souvent proposée avant d’administrer certains médicaments comme les anthracyclines qui peuvent être toxiques sur le cœur à des doses plus importantes que les doses habituelles.

EN RÉSUMÉ 

 

 


POINTS IMPORTANTS

FAIRE UN BILAN SANGUIN VÉRIFIER 

  • Éliminer une infection
  • Détecter une porte d’entrée aux infections comme une infection dentaire
  • Détecter une maladie du cœur, des poumons, des reins et du foie . 
  • NFS : nombre de globules blancs (leucocytes) et de polynucléaires neutrophiles ; nombre de plaquettes, nombre de globules rouges
  • La fonction du foie : bilirubine et transaminases
  • La fonction du rein : créatinine

 

 

 

 

LES ABORDS VEINEUX ET LES CATHÉTERS

POURQUOI ?

La chimiothérapie est souvent administrée directement par voie intraveineuse au moyen d’une aiguille qui est placée temporairement dans une veine du bras. Les médicaments de chimiothérapie sont injectés dans cette veine grâce à une perfusion.

Une perfusion est une poche de plastique remplie de liquide et placée en hauteur pour que le liquide coule dans un tube de plastique fin et flexible (ou tubulure) qui relie la poche à l’aiguille de la veine du bras. Les médicaments de chimiothérapie sont soit dilués dans le liquide de la poche, soit injectés dans la tubulure par l’intermédiaire d’une seringue.

L’injection des médicaments de chimiothérapie directement dans les veines du bras est une solution qui peut être proposée dans les cas suivants :

  • Une durée de perfusion courte pour chacun des médicaments.
  • Un nombre prévu réduit d’injections.
  • Un bon capital veineux.


LES CATHÉTERS CENTRAUX


Si un médicament doit être administré sur plusieurs heures et à plus forte raison sur plusieurs jours, si la durée de la chimiothérapie peut être assez longue, si les veines du (ou des) bras ne sont pas suffisantes ou si les injections précédentes de chimiothérapie ont entraîné une inflammation des veines (veinite), il peut vous être proposé la mise en place d’un cathéter central pour la durée de la chimiothérapie.
 
Ce type de cathéter est appelé central car une des extrémités du tube fin est située dans une grosse veine centrale, avant que celle-ci rejoigne le cœur (veine cave supérieure). Les cathéters sont composés de matériaux biocompatibles (silicones, polyuréthanes) qui sont bien supportés par l'organisme. Avec un suivi approprié, ces cathéters peuvent rester placés aussi longtemps que nécessaire ce qui évite au patient d’être piqué dans le bras à chaque séance de chimiothérapie. Il existe deux sortes de cathéters.

Les cathéters à la peau


Ils ont leur extrémité qui ressort à travers la peau, par une petite incision généralement située sous la clavicule, l’os qui relie le sternum à l’épaule. Ils sont installés sous anesthésie locale. On pose la perfusion directement dans l’extrémité du tube du cathéter qui ressort.

Les chambres implantables (Port-A-Cath™, Infusaport™, etc.)


Elles n’ont pas leur extrémité qui ressort à travers la peau, car elles sont reliées à un réservoir, ou chambre, qui est inséré sous la peau. Le cathéter et la chambre sont implantés sous anesthésie locale ou sous anesthésie générale de courte durée. La chambre est mise sous la peau du thorax, au-dessous de la clavicule, généralement assez loin du sternum pour des raisons esthétiques. La chimiothérapie est administrée en piquant dans le réservoir avec des aiguilles spéciales. 

LE POUR ET LE CONTRE ...

Les avantages et les désavantages des deux types de cathéters sont résumés dans le tableau ci-dessous :

 

 

  CATHÉTERS À LA PEAU

CHAMBRE

Nombre de tuyaux

1 à 3

1

Maintenance

Tous les jours

Utilité mise en question

Restriction d’activités

Douche, natation

Aucune

Prises de sang

Aisées

Peu fiables

Accès

Externe

Aiguille

Débit

Fonction du diamètre du tuyau

Complications

Possibles

Plus rares

Ablation

Facile en ambulatoire

Petite intervention

 

Mise à jour

13 janvier 2019