Localisations Appareil digestif Cancer du côlon & du rectum (colorectal)

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Les facteurs constitutionnels

L'âge

L'incidence du cancer colorectal augmente avec l'âge et devient appréciable à partir de 45 ans et double ensuite à chaque décennie.
Chez l'homme, l'incidence passe de 0,3 % pour les sujets de moins de 50 ans à 4,5 % pour les patients de 70 ans et plus. Chez la femme les taux vont, pour les mêmes tranches d'âge, de 0,1 % à 2,5 %.


Hérédité de cancer

Les formes dites sporadiques de cancer du colon représentent de 70 à 80 % des cas, selon les études. Les formes différentes formes familiales de cancers colorectaux sont :

  • La polypose adénomateuse familial qui contribue pour moins de 1%
  • Les cancers colorectaux héréditaires sans polypose, de transmission héréditaire autosomique, dans 10 à 15 % des cas
  • Une agrégation familiale dans environ 10 % des cas


Les formes familiales simples de cancer du colon

Ce sont des familles dans lesquelles on retrouve plusieurs cas de cancers du colon sans notion d’hérédité nette.
Ces formes familiales représentent 10 à 30 % des cas. La maladie apparaît au même âge que pour les formes dites sporadiques.
Lors de la coloscopie, le gastro-entérologue trouve peu de polypes, voire aucun.


  • La polypose du côlon

Les formes polypsiques

DE QUELLES MALADIES S'AGIT-IL ?

Ce sont des affections à transmission autosomique dominante qui présentent un phénotype caractéristique. Les spécialistes distinguent :

  • La polypose adénomateuse familiale qui correspond à une mutation du gène APC qui est retrouvée dans plus de 80 % des cas
  • Les polyposes hamartomateuses qui correspondent à deux syndromes différents
    • La polypose de Peutz-Jeghers qui est la conséquence d’une mutation STK11/LKB1 , se manifeste par une polypose digestive et des manifestations cutanéo-muqueuses
    • La polypose juvénile familiale en rapport avec une mutation SMAD4 ou BMPRA1 .


LA POLYPOSE ADÉNOMATEUSE FAMILIALE (PAF)

Une mutation du gène APC

La polypose adénomateuse familiale est souvent désignée par les spécialistes son abréviation anglaise FAP ( Familial Adenomatous Polyposis ). Elle est responsable de 1 % des cancers colorectaux.
C’est une maladie héréditaire de transmission autosomique dominante dont la pénétrance est très élevée, 90 % des cas.
Elle est la conséquence d’une mutation constitutionnelle du gène suppresseur de tumeurs APC porté par le chromosome 5q. Ainsi, chez un patient ayant une PAF, chaque cellule colique a déjà, de façon innée, inactivé une copie de ce gène suppresseur de tumeur. L'inactivation des deux copies, étape clef de la cancérogenèse colique, est donc beaucoup plus rapide. De fait, dans la PAF, le risque de cancer colorectal est proche de 100 %, survenant à un âge beaucoup plus jeune que pour les patients ayant une tumeur sporadique.
Il existe des formes atténuées pour lesquels le risque est moins élevé.
Son aspect, en coloscopie, est illustré par l'image photographie de droite.

En pratique…

Une recherche génétique pour les membres de votre famille, si vous avez plus de 100 polypes à la coloscopie ou si vous avez une forme atténuée de PAF, est recommandée par certains spécialistes.

Une association pour vous renseigner...

Des informations plus détaillées sur cette affection peuvent être trouvées sur le site Internet de l’Association pour la Prévention, le Traitement et l'Etude des Polyposes Familiales (APTEPF) 36, chemin de Grandchamp 39570 Courbouzon (Tél. 03 84 43 08 41 - Cliquez-ici ).


Les formes non polyposiques de cancer colorectal

DE QUOI S'AGIT-IL ?

Les cancers colorectaux   héréditaires non polyposique sont fréquemment désignés par leurs initiales anglaises, HNPCC ( Hereditary Non Polyposis Colorectal Cancer ).
La première description du syndrome HNPCC date de 1913 et sera complétée en 1966 par Henri Lynch qui a donné son nom au
syndrome.

LE RISQUE

Sa fréquence n'est pas parfaitement connue. Selon les études, en utilisant les critères d'Amsterdam, on estime qu'entre 3 et 5 % des cancers colorectaux seraient en rapport avec cette maladie.
Les familles touchées par ce groupe de maladies ont un risque plus élevé de développer certains types de cancers. Le HNPCC se caractérise par :


  • L'apparition d'un cancer colorectal avant l'âge de 50 ans
  • Le fait qu'il touche au moins 2 générations successives
  • Son association, chez deux membres de la famille apparenté au premier degré, d'un cancer de l’endométre, de l’intestin grêle, de l'estomac ou de l'ovaire. Ces patients ont aussi un risque accru de développer un cancer du pancréas.


LA TRANSMISSION

Il se fait sur le mode autosomal dominant. Les membres de ces familles ont un risque plus élevé, de 4 à 13 %, selon les études, de développer des cancers coliques. L’âge d’apparition de la maladie se situe vers 45 ans. Les tumeurs touchent plutôt le côlon proximal.

L'ORIGINE DE LA MALADIE

Ce syndrome est du à une mutation constitutionnelle d'un des gènes du MMR, essentiellement MLH1 et MSH2 .
L'anomalie génétique, appelée instabilité microsatellitaire, aboutit à un défaut expression d’une protéine MMR codée par les gènes, MLH1, MSH2, MSH6 .
Son phénotype n’est pas caractéristique et mime un cancer colique ou rectal  sporadique
Les spécialistes reconnaissent deux types de HNPCC, désignés par les lettres A et B.

  • Dans le type A, il existe uniquement des tumeurs du côlon qui siègent essentiellement sur le côlon droit.
  • Dans le type B, les tumeurs du colon peuvent être associées avec d’autres cancers tels le cancer du sein, de l’estomac, du rein, de l’ovaire et de l’utérus.


UNE ASSOCIATION POUR VOUS AIDER

HNPCC-France est association créée pour aider les patients souffrant de cette affection.
HNPCC France 56, avenue Bosquet 75007 Paris (Tél. 01 47 53 80 26 - Courriel : Cliquez-ici )


En résumé, les cancers du colon non polyposiques...

  • 6 gènes impliqués : MSH2 , MSH6 , MLH1 , PMS1 , PMS2 , MLH2
  • De 1500 à 3000 nouveaux cas/an en France
  • De 50 à 100 000 personnes prédisposées
  • Un mode de transmission autosomique dominant avec un risque de transmission de 50%, indépendant du sexe
  • Une pénétrance incomplète, mais forte, de 70 à 80%


Les autres maladies héréditaires

Le risque de cancer colorectal est aussi élevé dans de très rares maladies héréditaires.

  • Le syndrome de Gardner qui serait une forme particulière de FAP
  • Le syndrome de Turcot
  • La maladie de Cowden
  • La maladie de Recklinghausen


Cliquez-ici Pour en savoir plus :
LES FACTEURS GÉNÉTIQUES 


Des antécédents personnels de cancer

Une personne déjà traitée pour un cancer du colon présente un risque plus élevé de développer un second cancer colorectal.
Les femmes ayant eu un cancer du sein, de l’ovaire ou de l’utérus ont également un risque un peu plus important de présenter un cancer colorectal.

 

SCHÉMATIQUEMENT...




JE SUIS SEUL DANS MA FAMILLE A ETRE ATTEINT D’UN CANCER COLORECTAL



D’AUTRES MEMBRES DANS MA FAMILLE ONT EU UN CANCER COLORECTAL

 

Quel risque pour les autres membres de la famille ?

  • Augmentation du risque (10 % sont d'origine héréditaire)

Attitude pratique :

  • Après 50 ans, Hemoccult-II™ tous les ans


Peut-être, si votre père ou votre mère a eu

  • Un cancer colorectal avant 60 ans
  • Une polypose familiale (FAP)
  • Un cancer colorectal familial non polyposique (HNPCC)


Attitude pratique :

  • Surveillance à partir de 40 ans, avec coloscopie régulière.
  • Si vous pensez que votre cancer peut être héréditaire, prévoyez une consultation d’oncogénétique

 

 


La notion de niveaux de risque

DÉFINITION

Les spécialistes définissent plusieurs niveaux de risque, en fonction de critères précis. Cette classification permet de préciser le type de surveillance que l’on vous proposera. Les modalités de cette surveillance vous seront préciser dans le chapitre « Dépistage ».
Les sujets à risque « faible » ou « moyen »
Ce sont des sujets sans antécédent familial de cancer colorectal. Dans ce cas vous êtes considérés, après l'âge de 50 ans, comme à risque « faible » ou « moyen ».

CONCRÈTEMENT...

La population à « haut risque »

Elle comprend :

  • Les patients dans les antécédents desquels on relève un cancer colorectal, un polype de plus de 1 cm de diamètre ou un polype comportant des éléments villeux ou, au moins deux adénomes rectocoliques.
  • Les sujets ayant un antécédent familial au 1er degré, père, mère, frères, sœurs, de cancer colorectal.
  • Les patients atteints d'une rectocolite hémorragique ou d'une maladie de Crohn colique étendues et anciennes.


La population à « très haut risque »

Sont considérés comme à très haut risque, les sujets appartenant aux familles où existent, soit une polypose rectocolique familiale (FAP), soit un syndrome de Lynch (HNPCC) définit comme suit :

  • Au moins 3 parents atteints d'un cancer colorectal ou d'un cancer épidémiologiquement lié, comme un cancer du sein, de l’utérus, du pancréas, dont un est parent au premier degré des deux autres,
  • Au moins deux générations touchées,
  • Un cancer découvert avant l'âge de 50 ans.


Pour nous résumer, les facteurs de risque génétiques...

  • Polypose adénomateuse familiale (PAF)
  • Syndrome de Lynch (HNPCC)
  • Des cas dans la famille
  • Des antécédents personnels
  • Un premier cancer du colon ou des polypes coliques
  • Un cancer génital, en particulier de l'endomètre
  • Un cancer du sein


Mise à jour

6 avril 2011



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