Localisations Appareil digestif Autres cancers du tube digestif
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ÉPIDÉMIOLOGIE
Les tumeurs malignes de l'intestin grêle sont 15 à 40 fois plus rares que ceux du côlon. Elles ne représentent que moins de 5 % de l'ensemble des tumeurs malignes du tube digestif.
Elles affectent plus volontiers les hommes.
Le taux d'incidence brute est de 1,25 pour 100 000 chez l'homme et de 1,05 pour 100 000 chez la femme.
L’âge médian de diagnostic est de 62 ans chez l'homme et de 68 ans chez la femme.
LES FACTEURS DE RISQUE
Constitutionnels
Ces cancers surviennent souvent dans le cadre de
syndromes génétiques familiaux
, notamment la
polypose adénomateuse
familiale et le syndrome
HNPCC
. Dans ce cas, la maladie apparait plus tôt, l'âge moyen du diagnostic est alors de 49 ans. Il s'agit majoritairement des adénocarcinomes dont le pronostic serait bon.
Environnementaux
Ils peuvent compliquer l'évolution à long terme de maladies inflammatoires chroniques du côlon, comme la maladie de Crohn.
Ils peuvent aussi compliquer la maladie de Hodgkin ou les lymphomes non hodgkiniens.
ÉPIDÉMIOLOGIE
Ils représentent environ 2 % des tumeurs du tube digestif. Parmi les tumeurs malignes de l’intestin grêle il s’agit cependant de la première cause devant les tumeurs endocrines, les lymphomes ou les tumeurs stromales.
Les données épidémiologiques suggèrent que l’incidence annuelle de l’adénocarcinome du grêle est de 2,2 à 5,7/million d’habitants/an dans les pays développés. Comme celle du cancer du côlon, l’incidence de l’adénocarcinome de l’intestin grêle est en augmentation, principalement pour les tumeurs du duodénum.
LEUR SIÈGE
Ils peuvent siéger sur l'ensemble de l'intestin grêle. Cependant, les tumeurs du duodénum représentent 50 % des cas, les tumeurs du jéjunum 30 % et les tumeurs de l’iléon environ 20 %.
Le stade au diagnostic est le plus souvent avancé.
LES LYMPHOMES
Il peut s’agir soit de lymphomes primitifs soit de localisations intestinales de la maladie de Hodgkin
LES TUMEURS CARCINOÏDES OU NEUROENDOCRINES
Plusieurs noms…
Ces tumeurs sont désignées par plusieurs termes et on parle, alors, de tumeur carcinoïde ou de tumeur neuroendocrine.
Aujourd'hui, le terme tumeur endocrine remplace les autres
dénominations. Le terme de carcinoïde est maintenant réservé aux
tumeurs endocrines digestives associées à un syndrome carcinoïde
clinique du à l'hypersécrétion de sérotonine. Ce sont des tumeurs dites fonctionnelles.
Quelques précisions…
Les tumeurs endocrines du grêle sont les plus fréquentes avec les
tumeurs appendiculaires. Elles représentent environ un tiers des
tumeurs endocrines digestives.
Elles sont souvent multiples, localement avancées au moment du
diagnostic.
Le diagnostic est en général fait après 60 ans, à
l’occasion de douleurs abdominales ou d’un syndrome occlusif. Dans ce
cas, les examens de laboratoires montrent une élévation du taux de
sérotonine du sang et du 5-HIAA, métabolite de la sérotonine, dans les urines de 24 heures.
La stadification
La dernière classification OMS, publiée en 2010, utilise les grades histologiques G1 à G3. Elle distingue 3 classes principales de tumeurs neuroendocrines
LES MÉTASTASES D’AUTRES CANCERS
Il faut savoir que l'intestin grêle et le site principal des localisations métastatiques dans le tractus gastro-intestinal.
LES PRINCIPAUX SYMPTÔMES
Ce sont, le plus souvent :
LES EXAMENS COMPLÉMENTAIRES
Un scanner thoraco-abdomino-pelvien est habituellement demandé pour préciser la localisation et extension tumorale locale et l'extension à distance
Souvent un dosage de l’ACE ou du CA 19.9, en cas de normalité de l’ACE, est demandé
En cas de pathologie prédisposante à des localisations multiples sur l’intestin grêle, une exploration de l’intestin grêle par entéroscopie, entéroscanner ou vidéocapsule (en l’absence de lésion sténosante) peut-être discutée.
Pour les localisations duodénales, une écho-endoscopie digestive haute pour préciser la résécabilité tumorale en l’absence de métastase ou de tumeur jugée non résécable au scanner .
Il est également nécessaire d'y associer une exploration morphologique du foie, à la recherche de métastases.
LA STADIFICATION
La stadification utilisée actuellement est celle de l'UICC de 2002. Il s'agit d'une classification pathologique (pT), c'est-à-dire après examen de la tumeur au microscope par le médecin anatomo-pathologiste.
Les valeurs de T, N et M sont données dans le tableau ci-dessous.
| TUMEUR = T |
GANGLIONS = N
(Examen d'au moins 6 ganglions) |
MÉTASTASES = M |
|---|---|---|
|
TX renseignements insuffisants pour classer la tumeur primitive
T0 pas de signes de tumeur primitive Tis carcinome in situ T1 tumeur envahissant la muqueuse ou la sous-muqueuse T2 tumeur envahissant la musculeuse T3 tumeur envahissant la sous-séreuse ou le tissu périmusculaire de < 2 cm T4 tumeur perforant le péritoine viscéral ou avec envahissement direct d'autres organes ou structures > 2cm |
NX renseignements insuffisants pour classer l'atteinte des ganglions lymphatiques régionaux
N0 pas d'atteinte ganglionnaire N1 atteinte des ganglions lymphatiques régionaux |
MX renseignements insuffisants pour classer les métastases à distance
M0 pas de métastases à distance M1 présence de métastase(s) à distance |
LES OPTIONS
La chirurgie
Dans un premier temps, chirurgien explorera précisément l'ensemble de la cavité abdominale afin de s'assurer la résection intestinale, c'est à dire l'exérèse du morceau d'intestin envahi par la tumeur, les deux bouts étant ensuite suturés l'un à l'autre afin de rétablir la continuité de l'intestin.
En règle générale, la quantité d'intestin réséquée est limitée et n'aura par conséquent, pas d'impact significatif sur la digestion des différents nutriments, notamment de certaines vitamines. Toutefois, il existe des cas particuliers nécessitant la résection d'une partie limitée mais spécifiquement impliquée dans l'absorption d'une vitamine particulière. Dans ce cas, il faudra alors compenser l'absorption intestinale, par exemple au moyen d'une injection intramusculaire régulière.
Le selon le stade
Au stade I (T1-2, N0, M0), une chirurgie seule est la norme.
Au Stade II (T3, T4, N0, M0), la chirurgie sera suivie ou non d'une chimiothérapie adjuvante, notamment pour les tumeurs T4.
Au Stade III (Tous T, N1, M0), la chirurgie est suivie d’une chimiothérapie adjuvante 6 mois par FOLFOX4 simplifié ou chez les patients sensibles à la toxicité liée à l'oxaliplatine, ou non candidats à cette chimiothérapie, chimiothérapie par une association 5FU-acide folinique par exemple LV5FU2 standard ou simplifié ou 5-FU oral : capécitabine ou UFT sera préconisée
Au stade IV, la chimiothérapie palliative améliore la survie. Les options sont une association de 5-FU ou de capécitabine avec l'oxaliplatine ou le cisplatine. En cas de contre-indication au cisplatine et à l’oxaliplatine, le protocole LV5FU2.
LE SUIVI
Après traitement à visée curative, les éventuelles récidives à distance peuvent affecter le foie ou le poumon ce qui définit le cadre du suivi post-traitement.
LES TRAITEMENTS DE FOND
En plus de la chirurgie, les traitements spécifiques de ces tumeurs sont les suivants :
LES TRAITEMENTS SYMPTOMATIQUES
Ils peuvent comprendre :
LE SUIVI
Il comporte une visite tous les 6 mois les 3 premières années puis tous les ans les 4 et 5
ème
ème
années. A cette occasion seront réalisés les dosages hormonaux et de chromogranine
(CGA)
, tous les 6 mois pendant 3 ans, puis tous les ans 2 ans
Une échographie et radiographie pulmonaire ou scanner sera demandée, tous les 6 mois pendant un an puis tous les ans pendant 4 ans.
POUR VOUS AIDER...
APTED
Association des patients de tumeurs endocrines digestives
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162, avenue Lacassagne 69424 Lyon Cedex 03
ACFE
Association Francophone de Chirurgie Endocrinienne
CNETSC
Carcinoide NeuroEndocrine Tumor Society Canada
WorldWide Net Cancer Day
La communauté mondiale des assciations sur les tumeurs neuro-endocrines (langue anglaise)
15 février 2012