En savoir plus... Sexualité & cancer La sexualité
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Les facteurs mis en avant par les hommes interrogés pour expliquer les modifications de leur vie sexuelle sont assez différents de ceux exprimés par les femmes. Les principaux facteurs par ordre décroissant, sont les suivants :
LES QUATRE PHASES
La sexualité chez l’homme correspond à quatre phases bien définies, la libido, l’orgasme, la phase de résolution et la période réfractaire.
Le désir, ou libido
L’excitation chez l’homme est surtout le résultat de stimulations visuelles, mais aussi de caresses ou de fantasmes. Elle se traduit par l’érection et par une accélération du cœur et de la respiration. L’érection est la résultante de la présence de testostérone et d’une stimulation du cerveau. Ce dernier envoie un signal aux nerfs de la région génitale. Les corps caverneux contenus dans la verge vont recevoir le signal et se remplir de sang. L’augmentation de la pression par l’afflux de sang aboutit à l’érection.
L’orgasme (le plaisir)
Il correspond au maximum de l’acte sexuel. Il se manifeste par des contractions rythmiques et involontaires de muscles à l’origine de l’éjaculation. L’orgasme est une jouissance qui se vit dans le cerveau, c’est la composante psychique et dans le corps, par les contractions rythmiques dans la région du sexe.
Soulignons, qu’il est parfaitement possible de jouir sans émettre de sperme, ce qui est le cas des jeunes avant la puberté ou en cas d’anéjaculation ou d’éjaculation rétrograde après une intervention.
La phase de résolution (après l’orgasme)
L’érection disparaît assez rapidement car l’apport de sang artériel dans les corps caverneux va se réduire. La résolution est la phase de détente agréable qui suit l’orgasme.
La période réfractaire
Il est physiologiquement impossible à l’homme d’obtenir une nouvelle érection avant un certain délai, c’est ce que l’on appelle la « période réfractaire ».
Cette période peut aller de quelques minutes, à l’âge de 20 ans, à quelques jours, après 70 ans.
QUESTIONS
Q1 : à quelle fréquence avez-vous pu avoir une érection, au cours de vos activités sexuelles ?
1. Presque jamais ou jamais
2. Rarement (beaucoup moins qu’une fois sur deux)
3. Quelques fois (environ une fois sur deux)
4. La plupart du temps (beaucoup plus qu’une fois sur deux)
5. Presque tout le temps ou tout le temps
Q2 : lorsque vous avez eu des érections à la suite de stimulations sexuelles, à quelle fréquence votre pénis a-t-il été suffisamment rigide (dur) pour permettre la pénétration ?
1. Presque jamais ou jamais
2. Rarement (beaucoup moins qu’une fois sur deux)
3. Quelquefois (environ une fois sur deux)
4. La plupart du temps (beaucoup plus qu’une fois sur deux)
5. Presque tout le temps ou tout le temps
Q3 : lorsque vous avez essayé d’avoir des rapports sexuels, à quelle fréquence avez-vous pu pénétrer votre partenaire (introduction du pénis dans le vagin) ?
1. Presque jamais ou jamais
2. Rarement (beaucoup moins qu’une fois sur deux)
3. Quelquefois (environ une fois sur deux)
4. La plupart du temps (beaucoup plus qu’une fois sur deux)
5. Presque tout le temps ou tout le temps
Q4 : pendant vos rapports sexuels, à quelle fréquence avez-vous pu rester en érection après avoir pénétré votre partenaire (introduction du pénis dans le vagin) ?
1. Presque jamais ou jamais
2. Rarement (beaucoup moins qu’une fois sur deux)
3. Quelquefois (environ une fois sur deux)
4. La plupart du temps (beaucoup plus qu’une fois sur deux)
5. Presque tout le temps ou tout le temps
Q5 : pendant vos rapports sexuels, à quel point vous a-t-il été difficile de rester en érection jusqu’à l’orgasme ?
1. Presque jamais ou jamais
2. Rarement (beaucoup moins qu’une fois sur deux)
3. Quelquefois (environ une fois sur deux)
4. La plupart du temps (beaucoup plus qu’une fois sur deux)
5. Presque tout le temps ou tout le temps
Q15 : à quel point étiez-vous sûr de pouvoir avoir une érection et de la maintenir ?
1. Pas sûr du tout
2. Pas très sûr
3. Moyennement sûr
4. Sûr
5. Très sûr
SCORES
30–26 : pas de dysfonction érectile
25–22 : dysfonction érectile légère
21–17 : dysfonction érectile légère à modérée ; 16–11 : dysfonction érectile modérée
10–6 : dysfonction érectile sévère.
POURQUOI ?
Des opérations comme l’ablation
complète de la prostate, ou de la vessie étendue à la
prostate, ou du rectum, peuvent altérer des nerfs et parfois des
artères qui contrôlent l’acte sexuel notamment l’érection.
Les lésions peuvent affecter
L'érection peut
devenir insuffisante ou impossible alors que la sensibilité de la peau
de la verge et la sensation d’orgasme peuvent rester normales.
LES MÉDICAMENTS FACILITATEURS DE L’ÉRECTION
Le Cialis™, le Lévitra™, le
Viagra™
Ce sont des médicaments actifs par voie orale.
Ils ne déclenchent pas l’érection, mais facilitent celle qui
est induite par votre partenaire.
Leur profil d'action est relativement spécifique :
Ces médicaments, sont relativement
onéreux, de 7 à 12 € le comprimé selon les pharmacies et ne sont pas
pris en charge par l’assurance-maladie
Leur intérêt
Ces médicaments peuvent être
utiles pour une difficulté d’érection d’origine psychologique comme la
peur de l’échec ou le manque de confiance en soi.
Ils ne sont pas efficaces si l'opération n'a pas permis la préservation des nerfs dans les suites de la chirurgie du cancer de la
prostate ou du rectum ainsi qu'en cas d'irradiation du petit bassin.
Les contre-indications
Ils sont contre-indiqués chez les patients prenant des dérivés nitrés comme la trinitrine,
médicaments prescrits pour le traitement de l’angine de poitrine ou
dans les suites d’infarctus du myocarde.
LES MÉDICAMENTS INDUCTEURS DE L’ÉRECTION
Ils sont utiles s'il n'y a pas de préservation nerveuse s'il n'y a pas d’érections ou de tumescences naturelles.
L
es injections intra-caverneuses (IIC) d’alprostadil (Edex™, Caverject™)
Ils provoquent une érection par action directe sur les artères du pénis et la qualité de l’érection est excellente. L'érection apparait 8 à 10 minutes après l'injection et dure, en moyenne de 30 à 90 minutes.
La dose précise nécessaire doit
être recherchée avec votre médecin.
Il est
recommandé de débuter les injections assez rapidement après le
traitement du cancer pour obtenir une reprise rapide des relations
sexuelles.
Les injections dans le pénis sont pratiquement indolores et peuvent être répétées 2 à 3 fois par semaine.
Ce traitement est pris en charge
par l’assurance-maladie dans le cas de séquelles de la chirurgie du
cancer de la prostate et des irradiations du petit bassin.
Ces médicaments sont généralement très
bien tolérés mais nécessitent un apprentissage de la technique.
Le « vacuum » (ou pompe à vide)
Il s’agit d’un cylindre de
plexiglas dans lequel est introduit le pénis et dans lequel on fait le
vide d’air à l’aide d’une pompe.
Le vide provoque un appel de sang dans la verge qui gonfle et devient dure.
On fait glisser un anneau
élastique en caoutchouc à la racine du pénis et on enlève le tube après
avoir rétabli la pression. Cette technique a l’avantage d’être une
méthode naturelle, mais a pour inconvénient de laisser le pénis froid.
Ce procédé a la faveur des anglo-saxons. Il est peu répandu en France.
Les prothèses péniennes
Elles ne sont que très peu proposées et uniquement en dernier recours en cas d’échec de toutes les autres méthodes.
La testostérone (hormone mâle)
Elle n’est utile que dans les
très rares cas d’ablation des deux testicules. De plus, cette
hormonothérapie est souvent inefficace ou est contre-indiquée en cas de
cancer de la prostate.
L'ÉJACULATION DOULOUREUSE
C'est parfois une complication de la radiothérapie pelvienne qui peut s'atténuer avec le temps.
L'ANÉJACULATION
Une prostatectomie complète
supprime la glande produisant le liquide séminal qui permet aux
spermatozoïdes d’atteindre les ovules et de les féconder. La
conséquence de l’opération est une absence d’émission de sperme ou
anéjaculation, au moment de l’orgasme. Cela est également le cas après
une intervention qui enlève dans le même temps, la vessie et la
prostate.
L’homme peut donc avoir un
orgasme, c'est-à-dire qu’il aura les contractions rythmiques et
involontaires des muscles mais sans émission de sperme.
L’ÉJACULATION RÉTROGRADE
De quoi s’agit-il ?
C'est une émission de sperme dans la vessie et non vers l’extérieur en
raison du mauvais fonctionnement de la valve située entre la vessie et
l’urètre qui, en temps normal, se ferme au moment de l’éjaculation.
Ainsi, en urinant, l’homme produit une urine mélangée à son sperme.
Celui-ci peut être récupéré en cas de désir de fécondation.
Quelles en sont les causes ?
L’éjaculation rétrograde peut
être causée par plusieurs facteurs. C’est un effet secondaire possible
des trois opérations suivantes car celles-ci peuvent léser les nerfs
qui entourent ces organes.
Que faire ?
Des médicaments, comme
l’éphédrine, la pseudo-éphédrine, ou l’imipramine en améliorant la
tonicité du muscle au col vésical, peuvent éventuellement aider à
combattre ce problème.
DU CANCER DE LA PROSTATE
La prostatectomie radicale peut
conduire à la section de nerfs commandants l’érection. Cette opération
s’accompagne ainsi d’une insuffisance d’érection dans 60 à 90 % des cas
selon l’âge, sachant que les patients jeunes conservent plus facilement
une érection.
Devant l’arrivée de patients porteurs de tumeurs plus limitées, les urologues ont développé ces dernières années des techniques de conservation des nerfs érecteurs. Il faut néanmoins savoir que la
conservation des fibres nerveuses, n’est pas une assurance contre
l’insuffisance érectile qui peut atteindre 30 % chez les patients de
moins de 60 ans et 70 % chez ceux de plus de 70 ans
De plus, tout récemment, ont été introduites des techniques de stimulation peropératoire des nerfs érecteurs. Le cavermap, qui entraîne une tumescence pénienne, permettrait de localiser avec précision les nerfs et ainsi de mieux les épargner. Cette technique pourrait être capable de réduire de façon significative les taux d’impuissance postopératoires
Les traitements chirurgicaux peuvent diminuer le désir et dans tous les cas, ils s’accompagnent d’une anéjaculation (le sperme est libéré dans la vessie).
DU CANCER DU TESTICULE
L’ablation d’un testicule n’affecte pas votre vie sexuelle. Si vous rencontriez quelques difficultés après l’opération, celle-ci seront transitoires même si les deux testicules ont été retirés.
Votre orgasme peut, pendant quelque temps, être inconfortable. Cela ne durera pas !
Votre fertilité et votre capacité à procréer ne sont pas affectées si vous n’avez qu’un testicule.
DU CANCER DE LA VERGE
Une érection est possible avec orgasme même si la zone la plus sensible du pénis (extrémité ou gland) a été enlevée.
DU CANCER DU RECTUM
Même en dehors d'une amputation complète suivie d'une colostomie définitive, la chirurgie du rectum peut, parfois affecter les nerfs érecteurs qui passent à proximité du rectum ou avoir à les sectionner.
Les conséquences peuvent être une anéjaculation ou une impuissance.
LA RADIOTHERAPIE
En général
Les
rayons peuvent induire un état de fatigue ou de lassitude. L'impression
de fatigue ou de lassitude générale disparaît généralement en une
semaine après la fin des séances.
La
radiothérapie du bassin pour tumeur de la prostate, vessie, rectum,
peut altérer les petites artères qui participent à l’érection, surtout
en cas de dose élevée.
Environ
un tiers des hommes irradiés peuvent noter un an après l’irradiation,
une altération de leur érection et ce d’autant plus qu’ils ont des
artères altérées par un tabagisme, une hypertension artérielle ou un
diabète. Ce chiffre peut monter jusqu’à 60 % pour les cancers de la
prostate irradiés à forte dose. Ce trouble est, en général, transitoire.
Dans le cas du cancer de la prostate
Au début...
Dans les deux à trois premières semaines de l’irradiation, on peut parfois noter un effet paradoxalement « positif » et les patient ont des sensations plus « fortes » qu’à l’ordinaire.
Cet effet va se dégrader dans les semaines suivantes de l’irradiation, avec des sensations pelviennes parfois désagréables lors de l’excitation sexuelle, et surtout des brûlures à l’éjaculation qui, dans la plupart des cas, s'améliorera en plusieurs semaines ou mois.
Dans tous les cas, on observe une diminution notable du volume de l’éjaculat.
Par la suite...
Fréquemment, les sensations ne reviennent pas à l’état antérieur. La reprise d’une activité sexuelle normale implique donc une sorte de rééducation ou de réapprentissage dont l’efficacité va dépendre de façon étroite de la qualité des rapports entretenus avec votre partenaire.
L’impuissance vraie
Elle s’observe dans 30 à 50 % des cas. L’impuissance s’installe généralement assez progressivement, de 6 à 18 mois après la fin de l’irradiation.
Contrairement aux impuissances post-chirurgicales qui sont le plus souvent du type « tout ou rien », nombre de ces impuissances postradiothérapiques sont partielles.
Ces impuissances répondent favorablement aux médicaments facilitateurs de l'érection.
APRÈS UN TRAITEMENT PAR CHIMIOTHÉRAPIE
De
façon générale, la libido est diminuée durant toute chimiothérapie et
quelques temps après en raison des différents effets secondaires.
De
plus, les modifications de l’image corporelle comme la perte de cheveux
et des poils, la présence d’un cathéter central visible, fragilisent
psychologiquement l’homme comme la femme qui peut ne plus se sentir
désirable pour son partenaire et induire également un malaise chez ce
dernier.
A
la fin de la chimiothérapie, dès que la patient se sent mieux et que
les effets secondaires disparaissent, le désir revient souvent à son
niveau habituel.
L’HORMONOTHÉRAPIE
Le
traitement hormonal, dans le cas du cancer de la prostate à pour but de
supprimer l’action des hormones mâles (testostérone et autres molécules
androgènes) par des médicaments anti-androgènes.
« Mécaniquement », ils entraînent une diminution du désir et souvent des troubles de la sexualité.
15 avril 2012