En savoir plus... Cancer La maladie
[imprimer la page]QUELQUES NOTIONS DE BASE
L’ADN (Acide Déoxyribo Nucléique)
Cette molécule est le support des informations génétiques nécessaires pour :
La molécule d'ADN est constituée de deux chaînes linéaires de molécules assemblées sous forme d'hélice.Chaque chaîne comprend une suite ininterrompue de lettres qui sont en fait l’initiale du nom de bases pyrimidiques ou puriques. Elles sont dénommées par les lettres A, C, G et T. C'est cette suite de bases ou de lettres qui compose le code génétique.
Lorsqu'un certain nombre de lettres est assemblé, cet ensemble forme
un mot
. Celui-ci va permettre une fonction de la cellule, comme par exemple la production d'une protéine.
UN GÈNE
Cette suite précise de lettres qui aboutit à un mot ayant une fonction s'appelle un gène. Le gène est donc le déterminant héréditaire d'une caractéristique comme la couleur des yeux, le groupe sanguin, par exemple.
LE GÉNOME
C’est l’ensemble des informations contenues par les gènes d’une cellule. A titre d’exemple, le génome humain est estimé contenir entre 30 000 et 100 000 gènes.
Tout au long de la vie, les cellules se divisent pour se reproduire à l'identique et remplacer les cellules qui meurent.
DES ERREURS POSSIBLES
Chaque fois que la cellule se divise, elle doit recopier la totalité des 3 milliards de bases A, C, G et T. Parfois, les cellules font des erreurs en recopiant la chaîne ADN. Il peut s'agir, par exemple
Ces modifications peuvent être héréditaires ou acquises. Elles peuvent entraîner des altérations des protéine à l'origine soit d'une augmentation soit d'une diminution d'activité, qu'elle soit normale ou pathologique.Par exemple, si une erreur de transcription est faite dans un gène qui
prévient le cancer, ou gène suppresseur de tumeur, la personne aura un
risque accru de développer un cancer.
MORALE...
Cela peut être difficile à accepter, mais le hasard joue un rôle important dans le développement d'un cancer. Afin de comprendre comment cela peut se produire, il faut rappeler les principes de base de la génétique.
GÉNOTYPE ET PHÉNOTYPE
Le terme maladie des gènes n’est pas synonyme de maladie génétique, au sens habituel car c’est le risque qui est transmissible et non le cancer lui-même. Par ailleurs, si ce sont les gènes qui sont porteurs de l’altération initiale, ce sont les protéines qui en sont issues, après transcription et traduction, qui sont porteuses des propriétés pathologiques, caractérisant le phénotype cancéreux. Ces protéines anormales sont désignées par le terme d’oncoprotéines.
D’un point de vue biologique, le cancer est la conséquence d'une accumulation d'altérations du génome cellulaire, ou de sa transcription cytoplasmique, certaines permettant l'autonomie de la division, d'autres l'invasion locale, l’angiogenèse ou la diffusion métastatique, puis éventuellement la résistance aux drogues.
|
Produit
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Initiateur |
La science |
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ADN |
Génome
40 000 gènes |
La génomique |
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ARN |
Transcriptome
150 000 transcripts |
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Protéines |
Protéome
1 000 000 protéines |
La protéomique |
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Métabolites |
Métabolome
(2 500 molécules) |
La métabolomique |
LES MUTATIONS
Une ou plusieurs mutations….
Les cancers peuvent être considérés comme, avant tout, des maladies particulières des gènes. Ces altérations peuvent être
congénitales
, c’est-à-dire, transmises à la naissance par hérédité ou, le plus souvent,
acquises
, c’est-à-dire se développant après la naissance.
De nos jours, les chercheurs ont tendance à diviser les cancers en deux grands groupes principaux en fonction du nombre d’altérations génétiques.
Les tumeurs paucigénétiques (pauci = peu)
Ces tumeurs présentent une ou très peu d’anomalies génétiques. Les accidents génétiques apparaissent tôt dans la vie. Elles sont bruyantes car responsables de tumeurs à temps de prolifération rapide.
C’est le cas du rétinoblastome qui une tumeur maligne de la rétine de l’enfant, de certains cancers de l’enfant et de la plupart des leucémies aiguës.
Les tumeurs à oncogenèse complexe
Elles sont les plus courantes. Les anomalies observées concernent tous les aspects du vivant
Le concept d’instabilité génétique
Au fur et à mesure du développement de la maladie, les cellules tumorales acquièrent une instabilité génétique de plus en plus marquée, aboutissant à des mutations de plus en plus nombreuses.
Altérations héréditaires ou acquises ?
Les altérations héréditaires expliquent que certains rares types de cancers se transmettent dans certaines familles. A l’opposé, les altérations acquises peuvent être le résultat d'une erreur dans la reproduction des cellules ou de l'exposition à des substances cancérogènes (substances chimiques cause du cancer) comme celles qui se trouvent dans la fumée de cigarette.
À L'ÉCHELLE DE LA CELLULE
L’hypothèse d’une origine génétique à l’origine du processus de
cancérisation
Elle a été évoquée pour la première fois par McCombs RS et McCombs RP dans leur publication "
A Hypothesis on the Causation of Cancer
" -
Science New Series 1930;72(1869):423–4
.
Cette nouvelle
théorie allait à l’encontre des hypothèses émises par les pathologistes
allemands, au 19
ème
siècle, qui considéraient qu’un cancer émergeait à
partir d’îlots de cellules embryonnaires demeurés dans les tissus.
Le Cancer Genome Project -
CGP
Maintenant, le
cancer est considéré comme une maladie des gènes, certainement à l’échelle somatique pour les cancers dits sporadiques mais beaucoup plus rarement à l'échelle germinale. C'est ainsi que le
Cancer Genome Project
étudie de manière systématique les anomalies du génome de la cellule cancéreuse. Cette recherche a déjà permis d'identifier
400 gènes
impliqués dans le développement de la maladie.
La modélisation
Elle est basée sur l'hypothèse de Knudson dites "
two hits
" dévbeloppée pour le rétinoblastome. Les spécialistes ont ainsi pu modéliser la séquence des événements qui aboutit à la maladie.
À L'ÉCHELLE MOLÉCULAIRE
...
On considère actuellement qu’un cancer est la résultante d'une ou plusieurs des anomalies suivantes :
QUELQUES NOTIONS DE BASE
Les proto-oncogènes
Ils existent dans toute cellule animale des proto-oncogènes. Ce sont des gènes cellulaires normaux et indispensable.
Les oncogènes
Le premier oncogène a été découvert en 1976 et depuis plus de 100 ont été isolés.
Tout gène cellulaire, appelé proto-oncogène (c-onc), susceptible de devenir, par suite d’une modification qualitative ou quantitative, un gène transformant, c’est-à-dire un gène capable de conférer expérimentalement le phénotype cancéreux (transformation) à une cellule normale eucaryote.
L'oncogène code alors pour une protéine stimulant à l’excès la division cellulaire.
L'action des oncogènes est dominante, c'est à dire qu'une mutation sur
une seule copie du gène (allèle) suffit à déclencher une division
cellulaire anormale.
Les protéines codées par ces gènes appartiennent, principalement, aux familles :
Les protéines résultant de cette altération génétique (phénotype) stimulent normalement le déclenchement de la division cellulaire et prennent le nom d’oncoprotéines.
LEUR ACTIVATION
La plupart des oncogènes correspondent à des gènes impliqués dans la régulation des processus de prolifération et de différenciation cellulaire. Les principaux types de transformations connues qualitatives et/ou quantitatives sont représentés par
Ceci aboutit à la synthèse de deux type protéines.
La production d'une protéine anormale
C’est la conséquence d’une mutation portant sur les séquences codantes du gène, c’est-à-dire sur les parties permettant la construction d’une protéine. Cette mutation entraîne, alors, la transcription d'une protéine anormale dite oncogénique. Cette protéine ressemble à la protéine normalement codée par le gène correspondant mais possède des propriétés anormales.
Elle peut être mise en évidence par le dosage dans le sang de la protéine qui est alors ce que l'on appelle un
marqueur tumoral
.
L'augmentation de la production d'une protéine normale
Elle est observée lorsque la mutation touche les séquences régulatrices ou non-codantes du gène, c’est-à-dire celles qui n’induisent pas la synthèse d’une protéine. Cette modification quantitative entraîne la production en quantité anormale d'une protéine normale.
LES ONCOPROTÉINES
Elles sont transcrites à partir des gènes mutés impliquées dans des
fonctions cellulaires primordiales. Le dérèglement de ces fonctions
cellulaires essentielles entraîne la prolifération tumorale.
Elles interviennent dans la série d'évènements qui vont de la
transmission de signaux extracellulaires par l'intermédiaire de
récepteurs de surface de la cellule à la commande directe sur le noyau
de la mise en route des signaux commandant la division cellulaire.
Celles impliquées dans la transduction des signaux de prolifération…
LES DIFFÉRENTES FAMILLES
Les facteurs de croissance
Les principaux facteurs de croissance cellulaire sont :
Par exemple, la protéine codée par l'oncogène
sis
, est un analogue anormal du PDGF (
Platelet Derived Growth Factor
). Cette protéine mutée ne peut agir que si la cellule possède à sa
surface un récepteur auquel elle peut se lier. Si le récepteur est
présent, les cellules peuvent alors se multiplier et proliférer.
Les récepteurs des facteurs de croissance
Un récepteur peut être comparé à un trou de serrure. La protéine
spécifique du récepteur, le ligand, peut être comparée à la clé de la
serrure. S’il s’agit de la bonne clé, le récepteur transférera
l’information aux circuits de trasduction à l'intérieur de la cellule
qui à son tour synthétisera des protéines spécifiques.
Les récepteurs à la surface d’une cellule sont des protéines. Ces
protéines peuvent muter et se comporter anormalement. Par exemple, la
protéine codée par l'oncogène
erb B
, est un analogue muté du récepteur cellulaire du facteur de croissance épidermique EGFR (
Epidermal Growth Factor Receptor
).
La stimulation de ce récepteur entraîne la transmission d'un signal qui
permet de stimuler la division cellulaire par l'intermédiaire de
l’activation d’une enzyme, la tyrosine kinase. Une des explications
avancée serait que la protéine oncogénique posséderait la même capacité
fonctionnelle mais serait insensible aux systèmes de régulation, ce qui
aurait pour effet le détournement des processus de division cellulaire
au profit de la prolifération tumorale.
D’autres récepteurs peuvent, aussi, être en cause comme, par exemple le
récepteur Erb-B2, impliqué dans certains cancers du sein ou le récepteur
Kit.
Une oncoprotéine simulant une activité enzymatique normale….
La transmission des informations reçues par une cellule fait appel à des
processus complexes impliquant des protéines spécifiques : les enzymes.
Parmi ces enzymes, les protéines kinases membranaires sont très
importantes pour la transmission des informations vers le noyau de la
cellule. Par exemple les protéines kinases membranaires, codées par le
gène
src
du RSV exercent un rôle régulateur important dans le fonctionnement de
nombreuses protéines cellulaires, comme les protéines du squelette
cellulaire ou les protéines impliquées dans l’inflammation.
Une oncoprotéine stimulant l’activité du noyau de la cellule….
Les protéines oncogéniques dites transformantes sont codées par les gènes
c-myc
. Elles sont présentes dans le noyau. Elles agissent vraisemblablement
en stimulant la division cellulaire en agissant au début du cycle
cellulaire.
Les autres oncoprotéines
Elles peuvent appartenir aux classes suivantes
Toutes ces protéines sont des cibles potentielles pour les nouvelles thérapeutiques du cancer, les
biochimiothérapies.
LEUR RÔLES
Ces gènes ont pour fonction de freiner le déclenchement de la division cellulaire. Par extension, on considère maintenant comme gène suppresseur de tumeur, tout gène dont la perte de fonction contribue à l’oncogenèse.
Contrairement aux oncogènes, ces gènes ont une action dite récessive, c'est à dire que les deux copies du gène doivent être mutées pour qu'il n'y ait plus la fonction de frein à la division cellulaire.
On connaît une vingtaine de gènes qui sont des suppresseurs de tumeurs. Les plus connus sont les gènes
P53, PTEN, Rb
et
ATM.
LES PROTÉINES ANTI-ONCOGÉNIQUES
La protéine oncogénique p105-Rb
Elle est codée par le gène suppresseur
Rb
(
Rb
car dérivant d’un rétinoblastome qui est tumeur rare de l’enfant affectant la rétine de l’œil). Cette protéine appartient au système de contrôle de la prolifération cellulaire. Elle représente le point d'impact de l'activité de certains oncogènes.
La protéine codée par ces oncogènes agit par formation d'un complexe avec p105-Rb qui entraîne l'inactivation de l’oncogène.
La protéine p53
Le gène
P53
, situé sur le chromosome 17, code pour une phosphoprotéine nucléaire de 393 acides aminés qui est encore appelé le gardien du génome. Elle protège la cellule des réarrangements génomiques ou de l'accumulation de mutations et supprime la transformation cellulaire due à l’activation d'oncogènes ou à la perte de la voie suppressive de tumeur.
Ce gène est le siège fréquent d’anomalies au cours des cancers.
Si le génome, c'est-à-dire l'ADN, d’une cellule devient anormal à la suite d’une mutation, la protéine p53 agit comme un agent qui provoque soit l'arrêt de la division cellulaire soit l'apoptose qui est la mort cellulaire programmée ou suicide de la cellule. L'ensemble de ces phénomènes contribue à la stabilité de l'intégrité génétique.
Les cellules tumorales présentant une mutation du gène
p53
ne sont plus capables d'assurer le maintien de l’intégrité génétique et la cellule ne reçoit donc plus de signal d'arrêt de division et d’apoptose. Elle ne peut donc plus être éliminée et peut continuer à proliférer. Son génome devient moins stable. Il est alors susceptible d'accumuler des mutations permettant l'émergence de clones cellulaires de malignité accrue.
| Gènes | Conséquences pour la cellule |
|---|---|
| Oncogènes sont nécessaires pour qu'une tumeur soit transformée |
Gain de fonctions
Mutations Amplification Surexpression |
| Suppresseurs de tumeurs empêchent la cellule de devenir cancéreuse, même en présence d'oncogènes |
perte de fonction
Mutation Délétion Modifications épigéniques (rendre les gènes silencieux) |
UNE GRANDE DÉCOUVERTE A L'ORIGINE D'UN PRIX NOBEL...
Leurs rôles
Ces petits bouts d'ARN proviennent de gènes qui leur sont propres et dont ils sont les
uniques produits. Les microARN sont, en fait, complémentaires aux ARN
messagers (mARN). Lorsqu'ils se fixent à eux, les ARN messagers ne
peuvent plus être traduits en protéines. Des centaines de ces microARN
ont été découverts cours des dernières années.
Leur structure
Ce sont des ARN simple-brin longs d'environ 21 à 24 nucléotides qui
ne codent pas pour la production de protéines. Il existe plusieurs
centaines de gènes de microARN dans les génomes de la plupart des
cellules.
Les ARNmi sont des répresseurs post-transcriptionnels
En s'appariant à des ARN messagers (mARN), ils guident leur
dégradation, ou la répression de leur traduction en protéine.
Les gènes des ARNmi
Ils sont transcrits sous la forme de longs précurseurs, appelés «
pri-ARNmi ». Ces précurseurs sont clivés par une enzyme de la famille
Dicer, en un produit intermédiaire, appelé « pre-ARNmi ».
Le pre-ARNmi est un ARN long d'environ 70 nucléotides, replié en
tige-boucle imparfaite par complémentarité de bases entre la première
moitié et la deuxième moitié de sa séquence.
Le pre-ARNmi est ensuite clivé par une enzyme cytoplasmique, de la
famille Dicer, pour libérer un petit ARN double-brin.
Celui-ci, long
d'une vingtaine de paires de bases, avec environ 2 nucléotides simple
brin à l'extrémité 3' de chaque brin est imparfaitement apparié à une
molécule similaire (petit ARN long d'une vingtaine de nucléotides),
appelé « ARNmi ».
Au cours de la dernière étape de la maturation de l’ARNmi, ce duplex
est ouvert. Le ARNmi s'associe avec une protéine de la famille
Argonaute formant ainsi le complexe « RISC », alors que l’ARNmi est
dégradé.
Les enzymes Dicer sont également responsables de la production de
petits ARN interférents (ou siRNA) à partir de longs ARN double-brin,
au cours du processus d'interférence à ARN.
Les siRNA
Les petits ARN interférants (ARNsi) pour (small interfering siRNA)
remplissent de nombreuses fonctions, en particulier celle de
l'inhibition post-transcriptionnelle des gènes.
Les rôles du transcriptome
C’est une entité dynamique, en permettant ou non la transcription de
protéines, permet à la cellule de s’adapter finement en permanence, par
rapport :
L'INTERFÉRENCE A L'ARN
De quoi s'agit-il ?
C’est un processus cellulaire permettant la régulation de l'expression
génique au niveau de la transcription (transcriptionnel) et après la
transcription c’est-à-dire lors de la synthèse des protéines
(post-transcriptionnel). La spécificité de cette répression provient de
petits segments d’ARN d'une vingtaine de nucléotides, les « siARN » et
les « microARN » (ARNmi), considérés jusqu'à tout récemment comme des
produits de dégradation métabolique.
De la théorie vers de grands espoirs thérapeutiques…
On connaît maintenant plus de 200 microARN. Dès aujourd’hui, de
nombreuses équipes de chercheurs ont montré que certains micro-ARN sont
soit surexprimés soit non exprimés, dans certains types de tumeurs.
Parmi ceux-ci, on peut citer :
| Gènes | Fonctions |
|---|---|
|
Gènes promoteurs
RET Gènes suppresseurs Rb, PTEN, p53, ATM |
Prolifération (cycle), différenciation et apoptose |
|
Gènes du maintien de l’intégrité du génome
BRCA1, BRCA2, HMLH1, MHSH2, HMSH6 |
Réparation de l'ADN |
23 juillet 2011