En savoir plus... Cancer La maladie

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Avant propos

Une tentative de définition

Le cancer se traduit par une multiplication anarchique de certaines cellules normales de l’organisme, qui échappent aux mécanismes physiologiques de différenciation et de régulation de leur multiplication. En outre, ces cellules acquièrent la capacité d’envahir le tissu normal avoisinant, en le détruisant, puis de migrer à distance pour former des métastases. ( OncoProf)

Par ailleurs, les spécialistes considèrent trois définitions possibles de la maladie...

  • Moléculaire : une maladie de l’ADN, donc des gènes
  • Cellulaire : une prolifération cellulaire incontrôlée
  • Tissulaire : la capacité des cellules à essaimer à distance du tissu d’origine



La guérison du cancer

COMMENT ?

Deux objectifs sont à atteindre pour obtenir la guérison de la maladie :

  • L'éradication de la tumeur et éventuellement des ganglions de voisinage, c'est ce qu'on appelle le contrôle local
  • L'élimination de la maladie micrométastatique infraclinique, pour autant que cette dernière existe


PAR QUELS MOYENS ?


Au début...

Les traitements à visée loco-régionale sont la chirurgie et la radiothérapie
Les traitements
à visée générale, ou systémiques, sont la chimiothérapie, l'immunothérapie et l'hormonothérapie. Ils sont donnés en complément des traitements loco-régionaux.

Lorsque la maladie cancéreuse est métastatique d'emblée

Il convient d'appliquer à une maladie générale un traitement général qui sera donc le plus souvent médical.


Toute tumeur cancéreuse, même localisée, est une maladie générale potentielle...

Au delà d'un certain volume, souvent petit, voire très petit, les cellules tumorales peuvent migrer via les canaux sanguins et lymphatiques, réalisant une maladie micrométastatique systémique.
Cette maladie peut exister de façon significative, concomitamment à la maladie locale, ce qui explique que certains cancers soient découverts au stade métastatique d'emblée.
Elle peut, au contraire, demeurer infraclinique, c'est à dire en deçà des méthodes de détection clinique et paraclinique usuelles, pour une durée indéterminée et être à l'origine d'une rechute ultérieure.
C'est cette maladie infraclinique qui complique la prise en charge thérapeutique en cancérologie. Cependant, sa probabilité d'existence ou son absence, peuvent être appréciées à l'aide de facteurs pronostiques, variables d'une localisation à une autre, comme par exemple :

  • La taille de la tumeur
  • L'envahissement ou non des ganglions lymphatiques
  • Les signes d'agressivité tumorale, comme son grade histologique


Quelques notions de base

SIX CENT MILLE MILLIARDS DE CELLULES...

Un homme ou une femme est composé d'environ plus de 6 x 10 13 (six cent mille milliards !) de cellules...
Au cours de la vie d'un individu, ces 6 x 10
13  cellules vont se diviser régulièrement ce qui représente environ 10 16 mitoses (cent millions de milliards !)...

L’HOMÉOSTASIE

Les cellules de l'organisme sont organisées en tissus, en organes et en systèmes. Par suite de régulations très précises, il existe un équilibre harmonieux entre le nombre de cellules disparaissant de mort naturelle, ou apoptose, et le nombre de cellules créées.


A chaque seconde, plus de vingt millions de cellules se divisent pour remplacer les cellules qui disparaissant par vieillissement (apoptose) ou par lésion. Par exemple, le maintien d'un nombre constant de globules rouges nécessite deux millions de divisions cellulaires par seconde !

LA PERTE DE L’HOMÉOSTASIE


L’apparition d’un cancer chez un homme sur trois au cours de la vie correspond à une probabilité de transformation en cellule maligne par division cellulaire qui est inférieure à 10 −17 (une cellule sur cent millions de milliards !).
 
Une dérégulation de cet équilibre serait à l'origine de proliférations mal contrôlées d'un ou plusieurs groupes de cellules. L'accumulation de ces cellules aboutit à la formation d'une masse observable lors d'investigations complémentaires ou simplement palpable lors d’un examen clinique.
Cette nouvelle formation tissulaire, plus ou moins volumineuse, ressemblant, plus ou moins au tissu normal adulte ou embryonnaire aux dépens duquel elle s'est développée est une tumeur.


UNE TUMEUR

C’est une masse tissulaire en excès constituée par une prolifération cellulaire anormale qui échappe aux mécanismes de régulation cellulaire.
Une tumeur bénigne ou maligne, sont des tumeurs qui possèdent un potentiel évolutif différent.
Une lésion ou un état précancéreux est une lésion tissulaire associée à un risque plus ou moins élevé d’évoluer vers un cancer.

UN SCHÉMA ÉVOLUTIF HABITUEL...

L'histoire naturelle d'un cancer peut être divisée schématiquement en plusieurs étapes :

  • La transformation cancéreuse (maligne) d'une cellule
  • L'expansion clonale de la cellule cancéreuse : un seul type de cellules mutées prolifère (théorie clonale du cancer)
  • La croissance de la masse tumorale qui devient cliniquement détectable
  • Une invasion locale puis locorégional par le tissu cancéreux
  • La dissémination des cellules cancéreuses à distance du foyer tumoral initial et la formation de foyers tumoraux secondaires, les métastases.


Cette progression tumorale est liée à l'instabilité génétique des cellules cancéreuses. Des modifications génétiques spontanées vont survenir progressivement, avec apparition de variants du clone initial, entraînant une hétérogénéité de la tumeur. Ces clones variants auront des comportements prolifératifs, invasifs, antigéniques, et métastatiques hétérogènes, ou encore une sensibilité inégale à la chimiothérapie.


Quelques chiffres ...

  • La phase pré-clinique 3 à 4 fois plus longue que la phase clinique

  • Une tumeur d’un gramme (un cm 3 ), maintenant visible en imagerie médicale…
    • Environ un milliard (10 9 ) de cellules
    • Correspond à 30 doublements

  • Une tumeur d’un kilogramme
    • 100 milliards (10 12 ) de cellules
    • Correspond à seulement 10 doublements
    • Elle n’est pas compatible avec la vie (beaucoup moins lorsqu’il s’agit de tumeurs cérébrales (10 10 cellules)



LA CROISSANCE CELLULAIRE NORMALE

DANS UN TISSU SAIN

C’est le résultat de la juxtaposition d’un grand nombre de cellules. A chaque instant, le nombre de cellules qui naissent est égal au nombre de cellules qui meurent. Chaque jour, dans notre organisme, environ 6000 milliards de cellules remplissent la fonction qui leur a été assignée par leur code génétique, tout en veillant sur leurs voisines.
Les cellules de l’organisme ou cellules somatiques nouvellement créées ont trois évolutions possibles. Elles peuvent :

a) Se diviser, en donnant deux cellules filles identiques, c’est l’autoreproduction,
b) Se diviser et se différencier pour acquérir des fonctions nouvelles,
c) Mourir de « mort naturelle », c’est l’apoptose.

LES RÉGULATIONS

La division cellulaire est contrôlée positivement et négativement par de nombreux gènes.

  • Les anti-oncogènes , actifs dans la cellule normale
    •   Inhibent la division cellulaire
    •   Activent la mort cellulaire par apoptose

  • Les oncogènes, dont l'e xpression est rare dans la cellule normale, comme, le c-erb-B2 , le ras , le Bcl2 , le c-myc ….

    • Promeuvent la division cellulaire
    • Inhibent  l'apoptose


Ces processus sont contrôlés par des mécanismes de régulation très précis. Ceux-ci ne sont performants que par la communication quasi constante entre les cellules. Pour cela, elles reçoivent une multitude de signaux de leur environnement : les autres cellules, les différents tissus et organes de l'organisme. Ces signaux, une fois interprétés, vont permettre aux cellules de déterminer leur position et leur rôle dans l'organisme. Ces signaux sont indispensables à plusieurs fonctions essentielles.


  • La prolifération cellulaire
  • La différenciation cellulaire
  • La morphogenèse et la polarisation des cellules
  • La mobilité des cellules


Ces signaux assurent le maintien harmonieux de la taille et de la fonction des tissus.


En résumé ...

  • Les 3 compartiment de la tumeur
    • Les cellules en division
    • Les cellules quiescentes
    • Les cellules incapables de se diviser et disparaissant par mort cellulaire (apoptose)

  • Les 3 paramètres définissant la cinétique de croissance tumorale
    • Le coefficient de prolifération tumorale (nombre de cellules engagées en division)
    • Le coefficient de perte cellulaire
    • La durée du cycle cellulaire (paramètre de moindre importance).


Les principes de l'oncogenèse...

LA CELLULE CANCÉREUSE

Elle échappe aux règles biologiques de la croissance et de la différenciation cellulaire ainsi qu'aux mécanismes de surveillance.

En cas de défaillance de ce système précis de régulation, la cellule peut alors devenir immortelle et proliférer de façon anarchique, ce qui peut conduire à l'apparition d'une tumeur.
On peut donc dire que le cancer est le résultat d'une prolifération cellulaire anarchique aboutissant à la mort du sujet hôte.


Elle accumule des altérations génétiques...

On estime entre deux et sept le nombre d'évènements indépendants, non obligatoirement tous mutagènes, nécessaires dans une même cellule pour entraîner sa transformation en cellule maligne.
Chaque étape correspond au franchissement d'un des obstacles qui s'opposent physiologiquement et en permanence au développement d'une prolifération cellulaire anarchique.
Ces mutations impliquent les gènes commandant les six fonctions cellulaires majeures.


  1. L’indépendance vis-à-vis des facteurs de croissance qui permet aux cellules de rester dans un état de prolifération active et d'être insensible aux signaux antiprolifératifs
  2. La perte du contrôle du cycle cellulaire
  3. La perte de la capacité de mort cellulaire programmée ou apoptose
  4. L’acquisition d’un pouvoir réplicatif illimité par division illimitée des chromosomes aboutissant à un phénotype "d’immortalité"
  5. La capacité d’induire un réseau de néo-vaisseaux (angiogenèse)
  6. L’acquisition d’un phénotype mobile et invasif donnant à la cellule la capacité de sortir de son tissu d’origine (métastases)


En bref...

Le cancer est dû à des altérations génétiques qui perturbent l’équilibre entre stimulation et inhibition de la prolifération cellulaire

  • Perte des anti-oncogènes
  • Augmentation de l'expression des oncogènes


Mise à jour

23 juillet 2011



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