En savoir plus... Cancer Le cancer à travers les âges
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LES TRACES LES PLUS ANCIENNES
Elles se trouvent dans des fragments de squelettes humains datant de la préhistoire.
La grotte de Lazaret, près de Nice, a livré les restes fossilisés d'un enfant de 9 ans, décédé, il y a 120 000 ans, des suites d'une tumeur osseuse.
Des stigmates de la maladie, ont été, aussi, retrouvés sur des momies découvertes dans des pyramides égyptiennes
Sur les tablettes en caractères cunéiformes de la bibliothèque de Ninive, ancienne ville de l'Assyrie, dans le nord de la Mésopotamie située sur la rive est du Tigre, au confluent du Khosr, on parle également du cancer.
Lors de la découverte de monuments funéraires étrusques ou sur des momies péruviennes, des traces de la maladie sont mises en évidence.
LE TEXTE LE PLUS ANCIEN CONNU...
Le papyrus Ebers est l'un des plus anciens traités médicaux qui nous soit parvenu. Il aurait été rédigé entre 1500 et 1600 avant J-C, pendant le règne d'Amenhotep I
er
Hérodote nous apprend qu'Atossa, fille de Cyrus et femme de Darius, fit appeler vers 525 avant J-C, Démocedès, pour une tumeur ulcérée du sein qu'il réussit à guérir !
ONCOS, CARCINOS, CARCINOMA
Déjà dans l'antiquité, le traitement du cancer est associé au degré d'avancement de la maladie et comme aujourd'hui, toutes proportions gardées. Il est l’ancêtre lointain d'un système de « stadification » de la maladie.
Hippocrate (460-370 av. J.-C.)
Il donne le nom de "carcinome", mot dérivé de crabe, à des grosseurs qui deviennent progressivement fatales.
D'après ses nombreuses descriptions très précises des différentes maladies, soignait des patients cancéreux. Il décrivit des lésions touchant la peau, le sein, l'estomac, le col de l'utérus et le rectum et en établit une classification. Il y eut peu de progrès dans l'étude du cancer pendant les trois siècles après Hippocrate.
Aretaeus (2
ème
siècle av. J.-C)
Ce médecin de Cappadoce décrivit le cancer de l'utérus comme des ulcères superficiels et profonds, infiltrant ensuite l'utérus. Il décrivit également une autre espèce de cancer ne présentant, celui-là, pas d'ulcération mais correspondant plutôt à une grosseur dans l'utérus. Il fit la distinction entre les deux lésions et reconnaissait que les cancers à ulcérations avaient les symptômes et le pronostic les plus péjoratifs.
Aulus Cornelius Celsus (25 av. J.-C. - 50 ap. J.-C.)
Ce médecin romain, expliqua que le cancer apparaissait surtout dans les parties supérieures du corps, comme le visage, le nez, les oreilles, les lèvres, mais aussi au niveau des seins. Il décrivit, aussi précisément, les différents degrés dans l'évolution de la maladie
:
Leonides (180 ap. J.-C.)
Ce médecin d'Alexandrie, décrivit la rétraction du mamelon comme étant un signe de cancer. Il fit des mastectomies, avec un scalpel, en découpant autour du mamelon dans le tissu encore sain; la plaie était ensuite cautérisée pour éviter l'hémorragie et tuer les tissus cancéreux résiduels. Il déconseillait la mastectomie pour des lésions avancées.
Galien (130-201 ap. J.-C.)
Ce médecin, né en Asie Mineure étudia à Alexandrie et fut plus tard médecin à Rome. Ses théories furent valables pendant un millénaire. Pour lui, les tumeurs étaient dues à un excès « d'humeur », en particulier de bile noire. Celle-ci se « solidifiait » dans certaines parties du corps comme les lèvres, la langue, les seins. Son traitement consistait en l'administration de purges pour dissoudre la bile solidifiée. Si la lésion ne régressait pas, il pratiquait alors l'excision.
L'ÉMERGENCE DES NOTIONS MODERNES DE CANCÉROLOGIE
Avicenne (980-1037)
Médecin de Bagdad observa que le cancer augmentait lentement et qu'ensuite il envahissait et détruisait les tissus avoisinants pour aboutir à une absence de sensation dans la partie atteinte.
Albucasis (1013-1106)
Médecin de Cordoue recommanda l'excision lorsque le cancer était en début d'évolution et situé dans une partie accessible. De plus, il préconisait de cautériser les tissus avoisinant la tumeur enlevée. De même, il conseillait de ne rien faire pour les lésions avancées.
Avenzoar (1070-1162)
Savant de Cordoba, il décrivit le cancer de l'œsophage et de l'estomac.
LES GRANDES DÉCOUVERTES
Les autopsies n'étant plus interdites, les connaissances anatomiques augmentèrent rapidement, notamment en Italie.
Fallopius (1523-1562)
C'est l'élève de Vésale, décrivit plusieurs variétés de cancers. Il pratiquait l'excision et la cautérisation pour les lésions récentes et traitait les lésions avancées avec différents onguents. La découverte du système lymphatique constitua une étape essentielle dans la compréhension de l’évolution de la maladie.
Gaspard Aselli (1581-1625)
Ce savant découvrit le système lymphatique. Cette découverte est très importante car le système lymphatique joue un rôle important dans la dissémination (développement de métastases) de beaucoup de cancers
Jean Pecquet (1622-1674)
Ce médecin, originaire de Dieppe, découvrit le canal thoracique, collecteur principal des vaisseaux lymphatiques. Il fallut attendre longtemps avant de comprendre que le système lymphatique a son rôle dans l'évolution du cancer et que prévenir les maladies métastatiques en retirant les ganglions lymphatiques locorégionaux est une partie importante dans la thérapie du cancer. Durant cette période, l'étude du cancer évolua peu car on se basait, uniquement, sur l'observation clinique des différentes formes de cancer.
Fabricius Hildanus, 1560-1634)
Cet auteur allemand, fit des descriptions détaillées d'opérations larges de cancer. Il fit la dissection de ganglions lymphatiques axillaires de patientes atteintes de cancer du sein.
Marco Aurelio Severini (1580-1656)
Il décrivit les différentes tumeurs bénignes et malignes du sein avec leur diagnostic différentiel. Il fut le premier à illustrer ses descriptions avec des dessins. Il fit également des descriptions claires de fibroadénome et conseillait d'enlever les tumeurs bénignes car elles risquaient de dégénérer. Dans son ouvrage « Synopseos Chirurgicae » toutes les variétés de gonflement sont appelées alors, abcès.
A la suite du décès d'Anne d'Autriche, mère de Louis XIV, d'un cancer du sein, ce médecin décrira en détail, les tumeurs du sein.
Daniel Sennert (1572 - 1637)
Ce célèbre professeur de Wittenberg remis en questions les théories précédantes en affirmant que le cancer est une maladie contagieuse. Cette théorie aboutira à ce que, pendant près de deux siècles, les malades souffrant d'un cancer seront exclus de nombreux hôpitaux.
Face à cette situation, le chanoine Jean Godinot (1661-1739) fit construire, à Reims en 1740, un des premiers hôpitaux destinés exclusivement aux cancéreux. Il est fait mention également, en 1592, d'un établissement à Varsovie pour patients présentant des tumeurs, l'hôpital St Lazare. Ce fut fort probablement le premier établissement pour cancéreux dans le monde...
PAS ENCORE REMISE EN CAUSE...
Elle est, à cette époque, encore acceptée par tous les médecins.
Henri François le Dran (1685-1770)
Ce médecin décrivit que le cancer débutait localement et s'étendait ensuite par les canaux lymphatiques vers les ganglions lymphatiques. Cette théorie est très importante car elle explique pourquoi le cancer du sein, par exemple, peut atteindre les poumons. Dés cette époque, il préconisait l'excision de la tumeur et des ganglions lymphatiques axillaires. Il comprit que si les ganglions axillaires étaient envahis, le cancer était grave.
Xavier Bichat (1771-1802)
Ce savant français découvrit que les différentes localisations du cancer ne sont qu'une seule et même maladie touchant le même tissu mais dans différents organes. Il précise le concept de métastase à distance.
Les progrès en matière de traitement du cancer sont aussi associés au
progrès de l’anatomopathologie et de la recherche expérimentale.
Giovanni Battista Morgagni (1682-1771)
Ce médecin de Padoue, fut le créateur de l'anatomie pathologique par
ses dissections réalisées non plus dans le but de localiser les
différents organes mais dans le but de connaître les lésions ayant
provoqué la mort du sujet. Son ouvrage « De Sedibus et Causis Morborum
», réalisé à partir de 700 cas répertoriés à partir d’autopsies
pratiquées sur des victimes de cancer du sein, de l'estomac, du rectum
et du pancréas, constitue le premier traité cohérent d’anatomie
pathologique.
Percival Pott (1714 -1788)
Ce chirurgien anglais, né le 6 janvier 1714 à Great Yarmouth, en 1775 met en évidence le premier cancer
professionnel ; le cancer du scrotum des ramoneurs. Ce cancer était
provoqué par le frottement sur le scrotum de la corde imprégnée de suie
qui servait aux petits ramoneurs à descendre dans les conduits de
cheminée.
Matthew Baillie (1761-1823)
Ce médecin anglais, dans un atlas « The Morbid Anatomy of Some of the
Most Important Parts of the Human Body » fit des descriptions
anatomiques détaillées.
Bernard Peyrilhe (1735-1804)
Ce médecin observa que le cancer était d'abord local et qu'ensuite il
se dispersait dans tout le corps via les canaux lymphatiques. Il
préconisa comme traitement du cancer du sein, la chirurgie avec
l'excision du "muscle grand pectoral" et la dissection des ganglions
lymphatiques axillaires.
John Hunter (1728-1793)
Il fut le premier à évoquer des prédispositions au cancer comme
l'hérédité, l'âge et peut-être le climat. Il estima l'âge moyen d'avoir
un cancer, entre 40 et 60 ans et constata qu'un cancer du sein, chez
une femme de moins de 40 ans, était très rapidement fatal. Il observa
que les sites les plus atteints étaient : le sein, l'utérus, les
lèvres, le nez, le pancréas, le pylore gastrique et les testicules.
Sir James Paget (1814-1899)
Ce médecin anglais décrivit plusieurs maladies qui portent son nom. La
« maladie de Paget » des os (ostéite déformante) et la « maladie de
Paget » du mamelon, forme d'eczéma du mamelon, associée à un cancer du
sein.
Laennec, au 19
ème
siècle, débuta la classification de diverses tumeurs et étudia leurs évolutions. Il décrivit aussi les métastases.
Johannes Müller, grâce à l’invention du microscope, donna la première définition valable du cancer : « Il s’agit d’une tumeur constituée de cellules. Elle bouleverse la structure des tissus. Elle est, dès le début, constitutionnelle. Elle récidive après l’extirpation et elle tue »
Roentgen en 1895, puis Pierre Curie en 1889, découvraient les rayons X et le radium qui fût à l’origine de la radiothérapie. En 1904, Danlos, à l’hôpital St-Louis de Paris, expérimenta pour la première fois cette méthode sur des tumeurs humaines.
Léo Loeb (1869-1959), médecin américain d'origine allemande, commença à transmettre aux animaux le cancer, grâce aux premières greffes de cellules en 1901.
Yamagiwa et Itchikawa furent les premiers à induire des cancers, à l’aide de substances chimiques entre 1918 et 1921.
Deals (1931-1933) démontra le rôle cancérigène des radiations.
Paul Ehrlich (1854-1915), biologiste allemand, ouvre l’ère de la chimiothérapie qui ne fût effective qu’à partir de 1940 après, époque à laquelle ont découvrit l’effet thérapeutique du gaz moutarde. On trouva enfin les premières substances chimiques s’opposant à la division cellulaire. Ces substances sont aujourd’hui le fondement de la chimiothérapie.
Higgins, futur Prix Nobel de médecine, en 1950 mis en évidence le rôle des hormones féminines sur certains cancers humains.
De nos jours, les scientifiques continuent leurs multiples recherches concernant les relations entre le cancer et l’ADN avec les différentes techniques de la génomique, de la proteinomique.....
Mardi 24 Mars 2009