épidémiologie des cancers

DANS LE MONDE en 2015

On estime qu’en 2013, l’incidence mondiale (nouveaux cas diagnostiqués) du cancer est d’environ 18,6  (18 à 19.4) millions et que sa prévalence mondiale (personnes atteintes) est d’environ 33 millions.
Cette maladie est la seconde cause de mortalité après les maladies cérébro-vasculaires. Elle a entraîné, en 2015, 8.8 millions de décès, soit 17 % de l'ensemble des décès.


Les localisations les plus fréquentes en incidence sont :

  1. Le poumon : 12,7%
  2. Le sein : 10,9%
  3. Le côlon et le rectum : 9,4%

Les localisations les plus fréquentes en prévalence sont :

  1. Le sein : 17,7%
  2. Le côlon et le rectum : 10,6%
  3. La prostate : 6,9%

La mortalité par organe touché

  • Le poumon : 21 %
  • Le foie : 9%
  • Le côlon et le rectum :8.8 % 

Pour l'Union Européenne..

LES CHIFFRES GLOBAUX

Selon les statistiques de l'OMS et d'Eurostat de 2012, dernière statistique publiée pour l’Europe :

Le nombre de cas incidents de cancer est d’environ 2,5 millions, en dehors des cancers de la peau mais y compris le mélanome

  • Les hommes : 1,3 million
  • Les femmes : 1,1 million

Le nombre de décès dus au cancer projeté pour 2017 est de 1 350 000

  • Les hommes : 762 000 (132/100 000 en baise de 8.2 % par rapport à 2012)
  • Les femmes : 588 000 (85/100 000 en baisse de 3.6 % par rapport à 2012)

PAR LOCALISATION

Les quatre premières localisations...

Elles représentent à elles seules, 50 % des cas incidents et 46 % des des décès par cancer.

  • Avec 331 000 nouveaux cas en 2006, le cancer du sein est le cancer le plus souvent diagnostiqué et conduisant à 89 000 décès.
  • Avec 309 000 nouveaux cas (170 000 chez l'homme et 139 000 chez la femme), le cancer colorectal est la seconde localisation. Il est responsable de 146 000 décès (78 000 hommes et 68 000 femmes).
  • Avec 307 000 nouveaux cas, le cancer prostatique est le cancer le plus souvent diagnostiqué chez l'homme et le troisième en incidence. Il est associé à 70 000 décès
  • Avec 280 000 nouveaux cas (206 000 chez l'homme et 74 000 cas chez la femme), le cancer du poumon est le quatrième en incidence. Avec 247 000 décès, c'est le premier responsable de décès par cancers.
  • Avec 108 000 nouveaux cas, loin derrière les autres localisations, le cancer de la vessie (H 85 000; F 23 000)

Ensuite, par ordre décroissant d’incidence ...

  • Les cancers de l’estomac (88 000 - H 55 000 ; F 33 000)
  • Les lymphomes non-hodgkiniens (74 000 - H 34 000; F 40 000)
  • Les cancers de la bouche, de la gorge et du larynx (73 000 - H 57 000 ; F 16 000)
  • Les cancers du rein (65 000 - H 40 000 ; F 25 000)
  • Les cancers du pancréas (62 000 - H 30 000 ; F 32 000)

Les cancers gynécologiques sont relativement fréquents avec

  • 54 000 cas de cancers de l'endomètre
  • 43 000 cas de cancers de l'ovaire
  • 34 000 cas de cancers du col de l'utérus.

Pour l'Europe (UE), incidence et pronostic

Localisation deux sexes confondusIncidenceSurvie à 5 ans
Tous cancers 2 394 000 51 %
Sein 331 000 81 %
Colorectal 309 000 49 %
Prostate 307 000 77 %
Poumon 280 000 13 %
Vessie 108 000 66 %

Pour la France...

L'INCIDENCE

Selon l'Institut de Veille Sanitaire (INVS) pour 2017


Au total 399 500 nouveaux cas de cancer ont été diagnostiqués en 2017. Ce qui donne un taux d'incidence annuelle pour 100 000, chez l'homme de 353, soit 214 000 nouveaux cas et, chez la femme de 186 (en hausse), soit environ 185 600 nouveaux cas. 
En 2017, 1 396 000 hommes et 1 359 000 femmes avaient eu un cancer dans les 15 années précédentes, soit respectivement 5,4 % et 4,8 % de la population âgée de 15 ans et plus.

Depuis 1980

L’incidence des cancers a augmenté après standardisation chez les hommes (+ 23 %) et chez les femmes (+ 20%). Cette augmentation est stabilisée depuis le début des années 2000. Elle est principalement à mettre au compte :

  • Du vieillissement de la population
  • Du développement des méthodes de diagnostic et de dépistage
  • Des modifications de l’environnement et du mode de vie

Entre 2005 et 2017

Globalement, on observe une stabilisation du taux d’incidence chez l’homme, une augmentation de ce taux chez la femme et une diminution du taux de mortalité pour les deux sexes.

LA PRÉVALENCE

En France, environ 3 millions de personnes ≥ 15 en vie en 2008 ont eu un cancer au cours de leur vie, 1 570 000 hommes (6,4 % de la population masculine) et 1 412 000 femmes (5,3 % de la population féminine).

UNE MORTALITÉ EN BAISSE

Les chiffres globaux

On estime pour 2017 que le cancer sera à l'origine de 150 300 décès

  • 84 000 hommes (cancer du poumon, puis le côlon-rectum et la prostate)
  • 66 000 femmes (cancer du sein suivi par ceux du poumon et du côlon-rectum)

Chez l'homme,
L’âge médian au décès (âge auquel la moitié d’une population est décédée) est de 73 ans et varie, selon les localisations cancéreuses, entre 45 et 80 ans .

Chez la femme
L’âge médian est de 77 ans et varie, selon les localisations, de 64 à 81 ans.

Des chiffres encourageants

Les cancers représentent la première cause de mortalité prématurée (avant 65 ans) chez l’homme comme chez la femme loin devant les maladies de l’appareil circulatoire.
Globalement, la mortalité par cancer a diminué d’environ 13% entre 1968 et 2002.
Ce taux a diminué au cours des vingt dernières années chez l’homme comme chez la femme.

Chez les hommes


Le taux de mortalité a connu une diminution de 22 % entre les périodes 1983-1987 et 2003-2007, passant de 208,7 à 162,6 décès pour 100 000 hommes.
Avec 32,9 % des décès, le cancer demeure toujours la première cause de mortalité chez ces derniers.

Chez les femmes

Le cancer est la seconde cause de décès, la diminution est moindre estimée à 14 %, faisant passer le taux de mortalité de 92,8 pour 100 000 à 79,9.

La différence entre les deux sexes


Elle s’explique par la diminution du nombre de cancers liés à la consommation d’alcool et de tabac chez les hommes parallèlement aux effets de la progression du tabagisme chez les femmes.

Le risque de second cancer

Plus de 7 % des patients développent un second cancer.
Le risque de second cancer chez les personnes atteintes de premier cancer est augmenté de 36 % par rapport au risque en population générale.
Chez les hommes comme chez les femmes, le risque de développer un second cancer varie considérablement en fonction du site du premier cancer. Ce risque est d’autant
important que le premier cancer est associé à la consommation de tabac et d’alcool.
Chez les patients traités pour un cancer de la sphère ORL, le risque de second cancer est multiplié par presque 4 par rapport à la population générale .
En cas de cancer du poumon, le risque est augmenté de 43 % chez l’homme et de 31 % chez la femme.
A l'opposé, pour les premiers cancers plus fréquents, le risque de développer un second cancer est plus modéré : 8 % chez l’homme et 18 % chez la femme concernant le cancer colorectal ; 31 % pour le cancer du sein chez la femme et 11 % pour le cancer de la prostate chez l’homme.

SOURCES DOCUMENTAIRES

Les données présentées dans ce chapitre sont tirées

  • Du registre de l'IARC contenu dans GLOBOCAN
  • Du document publié en juillet 2013 par l' INCa dont le titre est "Estimation nationale de l’incidence et de la mortalité par cancer en France entre 1980 et 2012".

Pour la France en 2017

GLOBALEMENT


L'incidence estimée de l'INCa en 2017, pour la France métropolitaine est de 399 500 nouveaux cas, dont environ 30 % surviennent avant l'âge de 70 ans.
Par localisation, les chiffres, ajustés pour l'âge, sont les suivants :
  1. Cancers du sein : 59 000 cas
  2. Cancers de la prostate : 53 9000 cas
  3. Cancers du poumon : 49 200 cas (H 32 300; F 16 900)
  4. Cancers colorectaux : 44 900 cas (H 24 000 ; F 21 000)
  5. Mélanome cutané : 15 400 (H 8060 ; F 7340)
  6. Cancers ORL (voies aéro-digestives + larynx) : 15 280 cas (H 10 950 ; F 4 330)
  7. Cancer du rein : 14 100 cas (H 9 430 ; F 4 650)
  8. Lymphomes non hodgkiniens : 13 610 cas (H 7 530 ; F 6 080) - maladie de Hodgkin :  2 190 cas (H 1 280 ; F 910)
  9. Cancer de la vessie : 13 350 cas (H 10 700 ; F 2 650) 
  10. Cancer de l’utérus : 11 000 cas (col 2 630 ; endomètre 8 360)
  11. Cancer de la thyroïde : 10 600 cas (H 3 000 ; F 7 600)
  12. Leucémies aiguës :4 250 cas (H 2260 ; F 1990)

PAR SEXE

Chez l'homme

Les cinq cancers les plus fréquents sont le cancer de la prostate, le cancer du poumon et le cancer colorectal, suivis des cancers de la vessie (9 788) et du rein (5 885).

Chez la femme

Les cinq cancers les plus fréquents, en 2016, sont le cancer du sein, le cancer colorectal et les cancers du poumon. Ils sont suivis par le cancer du corps de l'utérus puis du cancer de la thyroïde.

DES CHIFFRES ÉVOLUTIFS

Il faut savoir que l’incidence des différentes localisations peut évoluer au cours du temps. A titre d’exemple, voici comment à évoluée l’incidence des cancers digestifs entre 1980 et 2000 en France.

POUR PLUS DE DÉTAILS

Pour avoir tous les chiffres disponibles en France, vous pouvez visiter le site de l'Institut de Veille Sanitaire ( InVS ).

EN FRANCE métropolitaine (chiffres INCa 2017)

LocalisationHommeFemme
 IncidenceMortalitéIncidenceMortalité
 CasDécèsCasDécès
Lèvre-cavité orale-pharynx 8200 2170 3860 760
Œsophage 3540 2420 1300 800
Estomac 4360 2860 2260 1580
Côlon-rectum 24 000 9300 21 000 8400
Foie 8300 6100 2430 2520
Pancréas 7100   7100  
Larynx 2750 590 470 110
Poumon 32 500 21 000 17 000 10 000
Mélanome de la peau 8100 1040 7300 750
Sein     59 000 12 000
Col de l’utérus     2840 1080
Corps de l’utérus     8400 2340
Ovaire     4710 3110
Prostate 53 900  8200    
Testicule 2350 80    
Vessie 10 500 3780 2650 1240
Rein 9500 3180 4650 1490
Système nerveux central 3150 2150 2400 1660
Thyroïde 2980 140 7600 210
Lymphome de Hodgkin 1280 160 906 130
Lymphomes non hodgkiniens 7530 1950 6080 1470
Myélome multiple et maladies immunoprolifératives 3430 1600 2840 1440
Leucémie lymphoïde chronique 2600 600 1850 440
Leucémies aiguës 2260 1950 1990 1660
Tous cancers214 00084 000185 50066 000

Pour la France, tendances en termes d'incidence et pronostic

IncidenceMortalitéChez l'hommeChez la femme
En baisse En baisse Lèvre-bouche-pharynx –larynx
Œsophage 
Estomac 
Vessie 
Poumon
Estomac 
Col de l’utérus 
Ovaire 
Rein 
Vessie
Stable Maladie de Hodgkin  
Stable ou début de baisse En baisse Colorectal Colorectal 
Corps de l'utérus (endomètre)
En hausse Stable ou en baisse Prostate 
Rein 
Tumeurs cérébrales
Lymphomes 
Testicule 
Thyroïde
Sein 
Thyroïde 
ORL, larynx 
Œsophage 
Tumeurs cérébrales
Lymphomes, maladie de Hodgkin, myélome
Mélanome
En hausse En hausse Mélanome 
Myélome multiple
Poumon

Les cancers rares au sens du Plan Cancer

  • Les sarcomes des tissus mous et des viscères : 4 000 cas /an
  • Les tumeurs neuroendocrines malignes rares sporadiques et héréditaires: 1 200 cas /an
  • Les cancers de la sphère ORL rares : 900 cas / an
  • Les lymphomes cutanés : 700 cas /an
  • Les tumeurs cérébrales rares oligodendrogliales de haut grade : 600 cas /an
  • Les cancers rares de l’ovaire : 500 cas /an
  • Les cancers survenant pendant une grossesse : 500 cas /an
  • Les cancers de la thyroïde réfractaires : 400 cas /an
  • Les lymphomes primitifs du système nerveux central
  • Les lymphomes associés à la maladie cœliaque
  • Les thymomes malins et carcinomes thymiques
  • Les tumeurs trophoblastiques gestationnelles
  • La maladie de Von Hippel Lindau (VHL) et les prédispositions héréditaires au cancer du rein de l’adulte
  • Les cancers rares du péritoine
  • Les cancers de la surrénale

 

Pour nous résumer (chiffres INCa)...

LES CHIFFRES

  • Nombre de nouveaux cas estimés de cancer en 2017: 399 500 (213 000 hommes et 186 500 femmes).
  • Taux d’incidence pour 100 000 personnes : 382,7 pour les hommes et 268,5 pour les femmes
  • Âge moyen au diagnostic en 2005 : 67 ans chez l’homme et 64 ans chez la femme

LE PRONOSTIC

  • Nombre de décès estimés en 2017 : 150 000 (84 000 hommes et 66 000 femmes)
  • Taux de mortalité pour 100 000 personnes en 2011 : 138,6 pour les hommes et 77,6 pour les femmes
  • Âge médian au décès sur la période 2004-2008: 73 ans chez l’homme et 77 ans chez la femme.
  • Survie relative à 5 ans des patients diagnostiqués entre 1989 et 1997 : 52 % (44 % chez l’homme et 63 % chez la femme)

SURVIE NETTE A 5 ANS

 

Localisation

1989–93

1994–98

1999–2004

2005–2010

Pancréas

7

6

8

9

Œsophage

10

10

12

15

Foie

8

9

13

16

Poumon

13

13

14

17

LAM

16

16

22

22

Système nerveux central

25

19

21

25

Estomac

26

25

26

28

Tête et cou

31

31

35

38

Ovaire

36

35

42

44

Vessie

58

57

54

54

Myélome

 

46

46

54

LDGCB

 

42

51

60

Col utérin

68

65

65

62

Côlon-rectum

54

56

59

63

Rein

59

63

67

72

Corps utérin

68

73

72

75

LMC

49

42

62

83

Lymphome folliculaire

 

66

74

84

LLC

77

77

81

85

Hodgkin

84

79

82

86

Sein

80

82

87

87

Mélanome

83

86

8

92

Prostate

72

79

89

94

Thyroïde

83

88

90

95

Le coût de la maladie, en France

Les dépenses attribuables au cancer, selon les chiffres donnés par le système national d’information inter-régime de l’Assurance Maladie ( Sniiram ), les dépenses étaient de 13,5 milliards d'Euros :

  • 5 milliards en soins de ville (médicaments 2,3 milliards)
  • 7,5 milliards pour l’hôpital (liste des médicaments en sus 1,3 milliard)
  • 900 millions en indemnités journalières/invalidité

Le taux de croissance annuel moyen des dépenses 2012–2014 était de 4 % (médicaments +6,2 %).

Les taux de patients et les dépenses afférentes étaient de

  • 1,8 % et 2,5 milliards pour le cancer du sein (femmes),
  • 1,5 % et 1,0 milliard pour celui de la prostate (hommes),
  • 0,9 % et 1,5 milliard pour le côlon
  • 0,19 % et 1,3 milliard pour le poumon.

Mise à jour

27 mars 2019