En savoir plus... Alimentation & Cancer Les recommandations
[imprimer la page]Sans être négligeable, l'influence de l'alimentation est peut être moins importante que ce que l'on prévoyait il y a encore quelques années.
L'obésité l'excès de graisse abdominale et la forte corpulence augmente les risques de cancers de l'œsophage, du pancréas, du côlon, du sein après la ménopause, du rein et de l'endomètre.
L'alcool est un carcinogène de classe I (
IARC
). Il augmente le risque de cancers ORL, de l'œsophage, du sein et du côlon.
La viande rouge et la charcuterie augmente significativement les risques
de cancer du côlon, du poumon et de l'estomac.
La consommation de poisson diminuerait la fréquence des cancers du côlon et du rectum.
Les fruits et les légumes diminuent probablement les risques de cancers ORL, de l'œsophage et de l'estomac.
Les fibres peuvent contribuer à la diminution du risque de cancer côlon.
La supplémentation, en antioxydants ou en vitamines n'a aucun impact sur les risques de cancer. La supplémentation en bêta-carotène augmenterait le risque de cancer du poumon chez les fumeurs.
Quelques études seraient plus positives vis-à-vis de la supplémentation en sélénium.
LES FRUITS ET LES LÉGUMES
Le rôle protecteur des légumes et des fruits est retrouvé dans
presque toutes les études cas-témoins réalisées dans différentes régions
du monde (Amérique du Nord et du Sud, Europe, Chine, Singapour, Inde ou
Iran). Ce résultat est trouvé dans 18 études cas-témoins sur 22 dont
les résultats ont été obtenus après ajustement sur la consommation
d’alcool et de tabac.
LES PRINCIPES ACTIFS
Ils sont apparemment nombreux mais les études manquent encore pour établir des recommandations. Les principes actifs présentés dans le tableau posséderaient des propriétés chimioprotectrices.
|
Aliments |
Principe chimioprotecteur |
|
Légumes et fruits
Tomate
Carottes
Grenade
Artichaut
Choux
Graines de soja
Fenouil, anis, coriandre
Raisins rouges et les baies rouges |
lycopéne
béta-carotène
acide ellagique
silymarine
sulforaphane
génistéine
anéthol
resvératol |
|
Aromates
Ail
Laurier
Clou de girofle
Gingembre
Aloès
Piment rouge
Curcuma
Thym, romarin |
diallyl sulfide, ajoène, S-ally cystéine, allicine
oléandérine
eugénol et isogénol
6-gingérol
émodine
capsaïcine
curcumine
acide ursolique |
|
Thé
Miel |
catéchines
acide caféique, CAPE |
LE CAS DU CANCER DU CÔLON
Ce que l'on a observé
En Afrique, le cancer du côlon est relativement rare. Les cas recensés
affecte plutôt le côlon droit, ce qui plus inhabituel en Europe. Une des
explication avancées serait que les fibres dilueraient les
carcinogènes. Il faut cependant noter que les études d’intervention
sont, à ce jour, négatives.
The
European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition
L'enquête européenne (EPIC)
a été menée dans 10 Pays Européens depuis 1993 a porté sur 520 000
adultes âgés de 25 à 70 ans et a été publiée par la revue britannique
The Lancet (2003;361:1496-1501)
. Elle a montré
The Polyp Prevention Trial Study Group
Cette étude américaine a porté sur 2079 patients et a été publiée dans
The New England Journal of Medicine (2000;342(16):1149-55)
.
Elle a comparé l'influence de la consommation de fibres alimentaires et
d'un régime pauvre en graisses chez des patients ayant eu un polype
adénomateux du côlon retiré dans les 6 mois précédents.
Les résultats de l'étude ont été négatifs et aucune réduction de risque
n'a été observée.
LE CAS DU CANCER DU SEIN
Plusieurs petites études sembleraient montrer un certain effet
protecteur.
LES RECOMMANDATIONS
Le Plan National Nutrition-Santé (2001) propose d'augmenter la
consommation des aliments riches en glucides et fibres alimentaires de
50 %.
Les apports nutritionnels conseillés (2000/2001) sont d'augmenter
l’ingestion journalière de fibres alimentaires à 25 voire 30 g/Jour.
QUELQUES DÉFINITIONS
Les macro-nutriments
Ils sont représentés, par exemple, par les glucides, les protéines, les
lipides, les fibres alimentaires.
Les micro-nutriments
Le terme de micro-nutriment regroupe deux catégories de substances :
Les micro-nutriments sont essentiels au métabolisme des
macro-nutriments (glucides, lipides, protides). Ils ont des fonctions
communes : celles de cofacteurs ou de coenzymes, et celles de
neutralisation des radicaux libres.
Leur apport énergétique propre est nul.
Les non nutriments
Ils auraient un rôle d'antioxydant et de stimulant de l'immunité. Ils
seraient, de plus, impliqués dans la différenciation et la croissance
cellulaire.
Ils comprennent :
CE QUE L'ON SAIT
La Vitamine A, le bêta-carotène et les caroténoïdes
La plupart des études ont donné des résultats discordants et sont, en
général, décevantes, comme par exemple :
D'autres études ont été plus positives, en particulier sur l'intérêt des
lycopènes, surtout contenus dans les tomates pour le cancer de la
prostate.
Bien que certaines études sur le cancer du sein et du poumon aient
montré l'intérêt des rétinoïdes, il existe toujours un débat sur la
pertinence de cette approche.
La supplémentation en vitamines forte doses
Les études, en particulier chinoises, se sont toutes soldées par un
échec. Il en va de même d'une récente avec l'acide folique.
Des essais portant sur la consommation de cucifères se sont révélées
intéressantes.
Les antioxydants
La méta-analyse, publiée dans
The Lancet (2004;364(9441):1219-28
), a porté sur 14 essais ayant enrôlé plus de 170 525 patients,
comparant la prise d'antioxydants à la prise de placebo en prévention
des cancers digestifs. Cette analyse a montré qu'il existe, une
augmentation significative du risque relatif de la mortalité de
l'association β-carotène et la vitamine A est de 1,3 (intervalle de
confiance 95 % de 1,14 à 1,45) et de l'association β-carotène aet de
vitamine E est de 1,1 (de 1,01 à 1,20). A l'opposé, le β-carotène seul
n'a pas d'influence significative.
Dans quatre essais, de qualité moyenne, la prise de sélénium serait
associée à un effet favorable sur l'incidence des cancers du tube
digestif.
LE RATIONNEL
L’objectif de cette étude était d'évaluer l’intérêt d’une supplémentation en vitamine B et/ou acides gras oméga 3 sur le taux d’apparition de différents cancers.
LE DESSIN DE L’ÉTUDE
Initialement, l’étude SU.FOL.OM3 avait comme objectif principal d'évaluer l’impact de ces compléments alimentaires en prévention secondaire chez des patients ayant présenté un accident cardiovasculaire.
Dans cet essai, 2 501 patients âgés de 45 à 80 ans ont été inclus pour recevoir, pendant 5 ans, un de ces 4 types de compléments alimentaires :
LES RÉSULTATS
Rien...
Cent soixante quatorze cancers (7 %) ont été détectés pendant la durée du suivi de 5 qui concernaient 145 hommes et 29 femmes. La mortalité par cancer fut de 2,3 %.
Globalement les résultats ne montrent pas de différence signification entre le groupe placebo et les groupes des patients ayant reçu des compléments alimentaires, en terms d'incidence de cancers.
Un effet délétère possible...
Chez les femmes recevant des oméga 3, l’analyse a permis de mettre une augmentation significative du risque de cancer par 3 (HR=3,02 ; Intervalle de Confiance 95% de 1,33 à 6,89).
CE QU'IL FAUT EN RETENIR...
Les compléments alimentaires n’ont probablement pas d’action délétère sur les facteurs de promotion des cancers déjà existants.
Aucune étude ne permet d'affirmer ou d'infirmer un effet des compléments alimentaires sur l'initiation de cancers.
| Facteurs | Recommandations |
|---|---|
| Corpulence |
Être aussi mince que possible
IMC compris entre 18,5 et 25 |
| Activité physique | Être actif au quotidien |
| Aliments et boissons favorisant la prise de poids |
Limiter les aliments à forte densité calorique
Éviter les boissons sucrées |
| Aliments d'origine végétale |
A consommer principalement
Au moins cinq portions (400 g) par jours |
| Aliments d'origine animale |
Limiter la consommation de viande rouge (moins de 500 g/semaine)
Éviter la charcuterie |
| Boissons alcoolisées | Limiter à une boisson par jour pour les femmes; deux pour les hommes |
| Conservation/préparation |
Limiter la consommation de sel à 6 g/jour
Éviter les aliments salés et conservés par salaison |
| Compléments alimentaires |
Chercher à satisfaire les besoins nutritionnels uniquement par l'alimentation
Les compléments ne sont pas recommandés |
22 avril 2012